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Politique

Désinformation et malformation, ou l’art de travestir la vérité : L’autre guerre qui fait rage

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Pendant que la guerre contre le terrorisme ne cesse de s’enliser dans le pays, une autre d’un autre genre ne cesse de prendre de l’ampleur sur un tout autre plan. Ere numérique oblige, la Toile de manière générale, est devenue un autre terrain de guerre avec d’autres belligérants où se confrontent fidèles de la Transition malienne « patriote, téméraire et visionnaire » aux opposants d’une « horde de militaires n’ayant d’autres ambitions que d’œuvrer à se maintenir au pouvoir ». Hélas, il est fort regrettable de constater que tous les deux camps ont une tendance malsaine de tomber dans un extrémisme certain. D’un côté, si l’on n’est pas pour la Transition, l’on est forcément « apatride, espion ou encore ennemi du peuple ». De l’autre, si l’on n’est pas capable de porter la voix de la critique, c’est que « l’on porte un lourd déficit intellectuel » lorsque l’on n’a pas « des intérêts juteux en jeu ».

Ainsi donc, le radicalisme ne serait pas uniquement le trait de caractère des terroristes qui écument nos villes et bourgades du centre et du nord. De façon générale, les militaires actuellement au pouvoir ne laissent personne indifférent. Soit, ils ont avec eux des partisans passionnés et prêts à les soutenir quelques soient les décisions prises. Soit, ils ont en face des opposants qui ne comprennent toujours pas comment des militaires après un putsch puissent autant se permettre de tripatouiller le pouvoir. Sauf qu’au milieu du brouhaha, l’essentiel est mis de côté. Les deux camps s’affrontent dans un tel aveuglement qu’ils oublient de faire preuve de sang-froid, de retenue et surtout d’objectivité. Ce qui est surtout inquiétant, c’est lorsque des faux comptes se créent afin de vilipender telle ou telle cause. Les internautes maliens se languissent d’informations sulfureuses sur des personnalités publiques des deux bords, sans même prendre la peine d’en vérifier les sources, ou encore, de juste prendre un instant de réflexion et de faire preuve d’un peu de doute. Autant dire que la Raison aura pris la tangente quand l’émotion de la passion aura pris l’ascenseur.

C’est durant le premier mandat de Feu le président IBK qu’il a été remarqué que nombre de Maliens se débarrassèrent du « complexe numérique ». Certes, cela ne partait pas forcément dans le sens d’une certaine orthodoxie numérique, mais le pas était franchi. Aujourd’hui encore, beaucoup ont du mal à faire preuve de retenue quant à leur prise de position. Pire encore, des comptes de personnalités publiques sont devenues de vraies professionnelles, non pas en analyse objectif scientifique le tout baignant dans une courtoisie verbale et littéraire. Mais dans la méprise, l’invective, l’insulte et dans le mensonge à outrance. Tous les moyens seraient bons pour défendre la cause du camp, désormais.

Ainsi, il est aisé de constater que la désinformation et la malinformation écument nos réseaux sociaux. La première consiste à diffuser de manière délibérée une fausse information afin d’induire un plus grand nombre en erreur. La seconde est une information fondée sur la réalité, utilisée pour porter préjudice à une personne, un pays ou à une quelconque entité. Dans les deux cas de figure, l’on remarque l’intentionnalité qui prouve que les personnes à la base sont motivées de mauvaise foi. Contrairement à la mésinformation qui est le fait de relayer une information que l’on pense être vraie.

Dans toute cette guerre de positions qui fait rage, c’est encore le pays qui en pâtit. Très peu de gens sur la Toile parviennent à se livrer à une analyse la plus objective possible de la situation actuelle du Mali. Et ceux qui arrivent à le faire, sont très souvent la cible d’insultes. Les réseaux sociaux sont devenus un véritable dépotoir où toutes sortes d’informations, des plus invraisemblables au plus insolites, se trouvent. Chose encore plus étonnant, il arrive même que l’on y trouve des documents ou notes confidentielles à de très hauts niveaux de l’Administration.

Mais, il faut aussi dresser le constat que cette utilisation hystérique des médias sociaux est dû au fait que les médias traditionnels au Mali ne répondent pas à la soif de débats et d’émissions où règnent la contradiction des Maliens. La première chaine publique est souvent, de manière cocasse, qualifiés par certains d’« hors thème ». Des chaines privées tentent d’y répondre, mais cela reste insuffisant afin de satisfaire la demande.

En conclusion, il est fort regrettable que beaucoup se permettent d’opiner sur des sujets sans en avoir un minimum de connaissances. A cette paresse intellectuelle s’ajoute une « discourtoisie populaire » dont semblent friand beaucoup d’internautes. Divergence de point de vue ne doit point rimer avec tirs à balles réels et à vue.

Ahmed M. Thiam


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