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Politique

Malgré la levée des sanctions de la CEDEAO :des mois de galère en vue pour les maliens

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Les sept mois d’embargo que le Mali a connu du fait des actions du pouvoir de transition incitent les observateurs à des questions et des réflexions sur les éventuelles réparations des préjudices subis.

Malgré la levée des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA depuis le récent sommet d’Accra, à partir du 3 juillet dernier, le Mali continuera de ressentir les effets de ce blocus économique et financier pendant un long moment.

Selon des experts et spécialistes des questions économiques, les effets de l’embargo mettront du temps avant de s’estomper. Car, même si les frontières sont ouvertes, les transactions commerciales et financières sont rétablies, le blocus a énormément causé du tort au pays, à de nombreux opérateurs économiques et au peuple malien en général. A titre d’exemple, le manque à gagner de cette longue période de sanctions pour les caisses de l’Etat, est de plusieurs centaines de milliards F CFA. Sans compter que le gel des avoirs financiers de l’Etat a causé d’énormes pertes, en termes de dépenses sociales et même d’investissements publics. Et les conséquences de ces sevrages sont, selon des analystes, inestimables. Quid du renchérissement du coût de la vie, des pertes d’opportunités d’affaires et même de marchandises pour des entreprises et des opérateurs économiques ? Faut-il préciser que depuis la levée de cet embargo, le panier de la ménagère n’a pas encore un mieux-être, les prix des denrées demeurant très élevés ? Sans oublier les difficultés existentielles liées aux coûts des transports, à la demande sociale (santé, école, etc.).

Or, l’on se rend compte que le chronogramme détaillé de la transition que les dirigeants de la CEDEAO demandaient aux autorités de la Transition avec une durée limitée a été finalement l’option concédée à Abuja ? Ce qui fait dire que le pouvoir de Transition a fini par accepter ce à quoi il s’était refusé dès la fin des 18 premiers mois après le coup d’Etat du 18 août 2020.

En effet, au sortir des assises nationales de la refondation, les autorités de la Transition s’étaient montrées intraitables quant à prolonger leur pouvoir sur au moins cinq ans. Ce qui avait suscité le tollé au niveau des dirigeants de l’organisation ouest-africaine. C’est donc après des tergiversations que Bamako a fini par se résoudre à une prolongation sur 24 mois, non détailler la feuille de route et assurer de la volonté de tenir dans un délai raisonnable les élections pour remettre le pouvoir aux civils. La suite est connue…

Et ce qui était apparu comme un bras de fer avec la CEDEAO a conduit à retarder la marche du pays vers non seulement la sortie de crise mais aussi vers son développement. Et, l’on sait aujourd’hui que l’argument de la refondation de l’Etat qui a abondamment été servi pour justifier cette tension avec Abuja, n’est pas opérationnel. Dans la mesure où il n’y a plus de doute que les 24 mois de prolongation, finalement convenus, ne permettront que des réformes minimales. C’est même avec peine que certaines réformes politiques et institutionnelles souhaitées pourront se faire, le gouvernement s’étant engagé dans une course contre la montre, qui pouvait être enclenchée plus tôt.

C’est tout cela qui pousse à se demander pourquoi tout cet imbroglio et ces disputes avec la communauté internationale, alors que l’on n’a pas les moyens de sa politique de rupture souhaitée. Dès lors, qui doit réparer tout le préjudice subi ?

Boubou SIDIBE


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