Le constat est là. Désolant et indiscutable. Chaque fois qu’il a été question de conduire une action commune nécessitant pour tous les pays africains, de s’acquitter d’une cotisation ou d’une contribution financière, l’action en question a toujours été difficilement menée ou pas du tout. Voilà une grande faiblesse qui continue de miner le fonctionnement des institutions et organisations communes continentale ou sous régionale. Faut-il percevoir cela comme, la simple expression de la réelle faiblesse des moyens financiers des Etats, ou celle de leur manque de volonté à s’engager pleinement dans des luttes communes, pourtant salutaires à tous ? Là-dessus, les avis ont toujours été divergents sur le continent.
Toutefois, il reste indéniable que cette réalité comportementale des Etats, continue de causer des préjudices non négligeables aux populations. Ce que les gouvernants n’ignorent point. Lors du sommet extraordinaire de l’Union africaine tenue du 25 au 27 mai dernier en Guinée Equatoriale, l’on a vivement déploré cette grande faiblesse des pays africains. Qui explique pourquoi, la Force africaine d’Intervention en attente, mise en place depuis 2002, pour combattre le terrorisme sur le continent, ne soit pas toujours fonctionnelle. Que la Force sous régionale dite G5 sahel, ait disparu avant même d’avoir été véritablement opérationnelle. Alors que, 48% des décès engendrés par les attaques terroristes dans le monde, ont lieu en Afrique. De plus, la sempiternelle question de la lutte contre la famine et les diverses insuffisances des productions alimentaires, demeurent encore sans réponses adéquates. Pendant que des organismes crées depuis plusieurs années déjà à l’échelon continental, existent à cet effet. Mais sans pouvoir être opérationnels, faute de moyens financiers conséquents provenant des pays africains. Aussi lorsque la décision est prise par les Chefs d’Etats africains à Malabo, dans la capitale Equato Guinéenne, de créer une Agence humanitaire, devant aussi œuvrer pour satisfaire les besoins éprouvés dans ce sens, l’on est bien en droit d’émettre un certain scepticisme, quant à l’efficacité attendue de cette autre structure. Tant il est vrai qu’elle devra fonctionner avec les appuis financier, humain et technique des Etats de l’Ua .
C’est tout dire sur l’absolue nécessité pour l’Union africaine, de dépasser à présent, la simple dénonciation de cette tare communautaire à ses différentes sessions. Pour s’engager résolument dans la recherche de mécanismes et autres solutions. Qui soient bien plus à même de motiver ses Etats membres, à mobiliser les ressources indispensables et appropriées, au fonctionnement des différentes structures communes. Il s’agit bel et bien en la matière, d’instaurer cette culture de la contribution et de la gestion commune, qui fait la force de toutes les Unions et Organisations communautaires dignes de ce nom à travers le monde. Et dont, devront s’approprier tous les pays membres de l’Union africaine. Dans la noble optique de réussir, la résolution commune des problématiques majeures, qui entravent l’épanouissement économique et social de leurs populations.
Moussa Ben Touré
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