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Politique

Bénin. Quand la lutte contre le terrorisme menace la liberté de la presse

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La célébration au Bénin de la Journée internationale de la liberté de la presse le 3 mai 2022, a été l'occasion pour les instances faîtières de faire un diagnostic de l'environnement des médias au Bénin. Il s'en dégage un environnement hostile, dû à plusieurs causes dont le terrorisme.

« La multiplication des attaques terroristes contre notre pays a conduit à l'interpellation de nombreux journalistes dans la partie septentrionale, qui ont été écoutés par les autorités judiciaires de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) ». Le constat est de Zakiath Latoundji, vice-présidente de l'assemblée spéciale formée par le Conseil national de la presse et de l'audiovisuel (Cnpa) et l'Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb). Cette situation a contribué au recul de la liberté de presse de 7 places (de 114è à 121è), d'après Reporters Sans Frontières.


Plusieurs autres arrestations de journalistes ont été faites entre autres sur la base de la loi portant code du numérique.


Ce rapport de Reporters Sans Frontières, selon Bastien Salami, conseiller à la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication (Haac) « n'illustre pas vraiment la réalité au Bénin. On ne peut pas mettre le journaliste en prison pour raison professionnelle. Mais le journaliste c'est le professionnel des médias qui a la carte de presse », a t-il révélé.


Dans l'opinion publique, ces arrestations sont interprétées de façon diversifiée. « Moi j'aurais préféré que le gouvernement fasse libérer ces collègues poursuivis dans les affaires de terrorisme ou autres, pour qu'ils se joignent à nous», a suggéré Natacha, officiant à la rédaction d'une radio à Cotonou. Son point de vue ne fait pas toutefois l'unanimité.

« Le terrorisme n'est pas une affaire d'enfants de choeur. Ils (les journalistes ndlr) ne doivent pas contribuer à mettre en péril la sécurité de la population parce qu'ils veulent gagner de l'argent. Il faut sanctionner pour décourager les autres », a laissé entendre Arcadius, chef d'entreprise à Cotonou.


Rappelons que le rapport 2021/2022 de Amnesty International a déploré un recul sensible de la liberté d'expression au Bénin et plusieurs cas de détentions arbitraires de journalistes.


Joseph Tomondji


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