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Politique

Transition malienne : les caisses de l’Etat sont au rouge.

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Si la sécurisation du pays avance, le volet des réformes politiques et institutionnelles fait du sur place, parce que les caisses de l’Etat sont au rouge.

Les autorités de la transition malienne ont, jusqu’à aujourd’hui, catégoriquement refusé que leur priorité soit concentrée à la préparation et à l’organisation des élections libres et transparentes pour achever cette période transitoire. Elles ont urbi et orbi assuré devoir « refonder l’Etat » ou au moins poser les bases de cette refondation avant d’organiser les élections devant mettre fin à cette transition. C’est cette exigence qui est à la base du désaccord profond entre le Mali et la CEDEAO, appuyée dans sa lecture par la France et une bonne partie de la communauté internationale.

 Pour ces différents partenaires du Mali, il n’est pas question que les autorités de la transition « s’accrochent au pouvoir ou prolongent leur pouvoir » en se fixant autre objectif que celui de conduire le pays rapidement vers des élections libres, transparentes et démocratiques. Rien n’y fit ! Le chef de l’Etat, le Colonel Assimi Goïta et le Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga se sont inscrits dans la logique d’un Mali souverain qui n’a à recevoir d’injonctions de qui que ce soit. Conséquences : ce sont les graves sanctions économiques et financières que le pays endure depuis plus de trois mois avec son cortège de suspensions de cadres de coopération, dont celui des programmes et projets de la Banque Mondiale, de la BAD, de l’UE et de plusieurs partenaires bilatéraux. Ce qui a augmenté la désolation et la paupérisation avec le chômage et une grave tension de trésorerie.

Ce tableau a fait qu’aujourd’hui, les caisses de l’Etat ont d’énormes difficultés à faire face à leurs engagements, malgré les efforts pour contourner l’embargo et ses incidences. Il s’en suit que l’Etat malien n’a pas aujourd’hui la capacité de mener les réformes prévues pour aller aux élections. Ce, d’autant que plusieurs bailleurs de fonds et aides budgétaires ont fermé le robinet contre Bamako. Comment les autorités peuvent-elles alors financer ne serait-ce que les bases de la refondation annoncée à travers les assises nationales du même nom?

Selon bien d’observateurs, c’est désormais l’impasse, puisque les maigres ressources disponibles ne pourront servir à peine qu’à faire face aux obligations régaliennes de l’Etat, qui se retrouve très endetté, au point, dit-on, de frôler la cessation de paiement. Dès lors, les autorités vont-elles finir par renoncer à leurs ambitions réformatrices ? Comment pourront-elles faire ce rétropédalage pour un retour à la case départ, celle du juste minimum, d’aller aux urnes ?

Il urge à la CEDEAO et aux pays amis de l’Union Africaine de tendre une perche diplomatique de la dernière chance aux autorités de Bamako, afin d’aider au dénouement de cette situation, qui tend vers l’intenable.

Boubou SIDIBE



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