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Politique

Suspension des chaines Rfi et France 24 au Mali : Le palier de trop

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C’est fait ! Les chaines RFI et France 24 sont suspendues jusqu’à nouvel ordre au Mali. C’est, du moins, ce qu’ont annoncé les autorités de la Transition dans un communiqué rendu public, hier, 17 mars 2022. Quoique bouleversante, la nouvelle n’a pas surpris grand monde d’autant que le ministère malien de l’Administration territoriale, depuis quelque temps, avait affiché clairement sa volonté de mettre sous cloche les deux médias français qu’il accuse de publier de « fausses informations », n’hésitant même pas à les comparer à la tristement célèbre Radio Mille Collines qui a joué un rôle négatif dans le génocide de 1994 au Rwanda. Faut-il, à travers la suspension de RFI et France 24, voir un lien de cause à effet avec la brouille diplomatique qu’il y a actuellement entre Paris et Bamako ? C’est un pas que certains ont très vite fait de franchir, estimant que les autorités maliennes donnent l’impression de vouloir répondre, coup pour coup, à Paris qui, en plus du départ en cours de Barkhane, a rappelé tous ses coopérants en poste au Mali. Mais par-dessus tout, il s’agit d’une grave atteinte à la liberté de la presse si chèrement acquise, parfois au prix de la vie de certains professionnels des médias.

Ce n’est pas en cassant le thermomètre que les autorités maliennes feront retomber la fièvre

Cela dit, tout en comprenant quelque peu les autorités de la transition de Bamako, force est de reconnaître qu’elles viennent de franchir le palier de trop en s’attaquant frontalement à la presse. Car, faut-il le rappeler, en plus de RFI et France 24, c’est l’ensemble des médias maliens qui se sont vus imposer des mesures de restrictions à l’instar de ce qui se passe présentement en Russie où il est interdit aux journalistes de parler de la guerre en Ukraine. Et ce n’est pas tout. On se rappelle encore qu’il n’y a pas longtemps, un journaliste de Jeune Afrique avait été illico presto éconduit sans que l’on ne sache exactement ce qui lui est reproché. Qu’est-ce qu’Assimi Goïta et ses frères d’armes attendent des médias ? Qu’ils passent le temps à les caresser dans le sens du poil ? Si tel est le cas, ils se trompent lourdement. Car le rôle d’un journaliste n’est pas d’encenser des dirigeants mais d’informer sainement le public tout en relevant, s’il le faut, les insuffisances afin de leur permettre de rectifier le tir. En tout état de cause, ce n’est pas en cassant le thermomètre que les autorités maliennes feront retomber la fièvre. Loin s’en faut ! Elles gagneraient plutôt à mouiller… le treillis afin que le Mali retrouve sa quiétude d’antan pour ne pas donner du grain à moudre aux médias. C’est le seul combat qui vaille la peine d’être mené.

B.O


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