- Une compagnie de transport en commun ayant sauté sur une mine artisanale, ce qui a causé la mort de deux passagers le dimanche 13 mars 2022 ;
- 13 gendarmes tombés et 5 autres blessés dans une embuscade sur l’axe Dori-Kaya le même dimanche ;
- 7 personnes tuées, dont 4 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), à Arbinda hier lundi 14 mars.
Ces derniers jours auront été particulièrement sanglants au Burkina Faso depuis l’avènement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR). Donnant l’impression d’une recrudescence des actes terroristes à travers le territoire national.
Et que dire de la situation humanitaire à Djibo, où les populations sont prises en otage et crient désespérément à l’aide ? Tout comme d’ailleurs leurs compatriotes de la Kompienga, dont les ressortissants à Ouagadougou ont tenu dimanche une conférence de presse sur la détérioration du climat sécuritaire dans leur localité.
Si on ajoute à tout cela les actes de sabotage contre les infrastructures de téléphonie mobile, du réseau électrique et des forages d’eau, on finit par être habité par la sinistrose.
Plus que jamais, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, dont l’une des raisons de la prise du pouvoir est la persistance de la vague insécuritaire, est à l’épreuve du feu.
Certes, il n’a pas encore totalement assis son naam ; certes encore, il lui faut mettre en route les différents instruments de la Transition tout en continuant de discuter avec nos partenaires, en l’occurrence ceux de la CEDEAO, mais comme lui-même n’a cessé de le répéter lors de ses différentes interventions, la priorité des priorités demeure la restauration de l’intégrité du territoire. Et cela passe, d’une part, par la reconquête des localités aujourd’hui sous contrôle des groupes terroristes afin de garantir la présence des services étatiques partout où ils n’existent plus et, d’autre part, par le retour dans leurs patelins respectifs des quelque deux millions de personnes déplacées internes que compte, hélas, le Pays des hommes intègres.
Il faut donc au chef suprême des armées des résultats rapidement pour faire renaître l’espoir.
Il est vrai qu’à la décharge des militaires, ce n’est pas seulement en deux mois qu’ils parviendront à arracher la mauvaise herbe qui a mis six ans à s’enraciner.
Mais puisqu’ils sont les spécialistes de la guerre et qu’ils ont désormais toutes les cartes politiques en main, il est normal que les Burkinabè attendent d’eux, avec impatience et exigence, une nette embellie de la situation sécuritaire dans les meilleurs délais. Et on espère que le rappel de toutes les troupes, comme vient de le faire le chef suprême des armées par un ordre de mobilisation de certains anciens militaires, au titre de la réserve des sous-officiers et hommes du rang admis à la retraite au cours des années 2019, 2020 et 2021, impulsera une nouvelle dynamique à la lutte contre le terrorisme.
Mais on ne le dira jamais assez, cette guerre n’est plus seulement l’affaire des militaires, des gendarmes et des policiers, mais de tous les Burkinabè.
Alors, il faudra aussi travailler à grossir les rangs des VDP et leur donner les moyens nécessaires pour lutter contre des individus qui ne sont plus non identifiés. En effet, peut-on trouver combattant plus engagé que celui qui défend la portion de terre qui l’a vu naître ?
Alain Saint Robespierre
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