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Politique

COTN / MPSR: Les Burkinabè n’attendent que des résultats

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Depuis le 24 janvier dernier, date à laquelle le lieutenant-colonel Damiba a pris le pouvoir au Burkina, bien des structures militaires ont connu des changements de chefs. L’on peut citer, à titre d’illustration, la nomination du colonel-major David Kabré à la tête de l’Etat-major général des Armés (EMGA) et l’arrivée du lieutenant-colonel Evrard Somda comme chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale (CEMGN). Le changement ne s’est pas seulement opéré au niveau du renouvellement des chefs militaires. Il s’est fait aussi par la mise en place de nouvelles structures. C’est le cas de la création du Commandement des opérations du théâtre national (COTN). Le lieutenant-colonel Yves Didier Bamouni en est le commandant. Il a pour adjoint, le lieutenant-colonel Roméo Ouoba. De manière officielle, la création du COTN répond à « des besoins de défense et de sécurité nationale ». Spécifiquement, la structure est chargée « de la planification et la conduite des opérations, de la coordination de la défense civile ainsi que de la réquisition et de l’utilisation des services, des personnes et des biens nécessaires à la conduite des opérations». Il faut ajouter que le patron du COTN exerce son autorité sur l’ensemble des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des VDP ainsi que leurs moyens engagés sur le théâtre. Dans la chaîne de commandement, le commandant de cette institution ne répond que du chef de l’Etat. Au regard de ce qui précède, l’on peut dire que le COTN est une création qui a des pouvoirs et des prérogatives très vastes. Cette omnipotence, peut-on dire, a été voulue par le lieutenant-colonel et ses frères d’armes. A priori, l’on ne peut pas dire qu’ils n’ont pas vu juste.

On peut supposer que le MPSR fera tout pour que le COTN ne soit pas au service d’un homme ou d’un groupe d’hommes, mais au service de la Nation

Car, la plupart des officiers qui sont aux affaires du Burkina aujourd’hui, sont censés savoir, pour avoir fait le terrain, ce dont le Burkina a besoin, en termes de stratégies, de ressources humaines, d’équipements militaires et de structures opérationnelles pour gagner la guerre contre le terrorisme. Des Burkinabè, on se rappelle, avaient appelé Roch Marc Christian Kaboré, au regard de l’ampleur de la dégradation sécuritaire du pays, à adopter la posture d’un chef de guerre. Aujourd’hui, on peut prendre le risque de dire qu’ils ont un guerrier à la tête de leur pays. En effet, Paul Henri Damiba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a combattu les terroristes au Nord, à l’Est et au Sahel. Et bien des responsables militaires qu’il vient de nommer, étaient des opérationnels comme lui. L’on peut se permettre de citer le nouveau patron de la gendarmerie, Evrard Somda ainsi que le commandant du COTN et son adjoint. Il s’agit respectivement des lieutenants- colonels Bamouni et Ouoba. De ce point de vue, on peut dire que le n°1 du MPSR (Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration) a mis en place le COTN en connaissance de cause. Et tout le mal que les Burkinabè peuvent lui souhaiter, est que le COTN puisse atteindre véritablement les objectifs pour lesquels il a été créé. En tout cas, les Burkinabè n’attendent que des résultats. Et c’est à l’aune de cela que le COTN sera évalué. D’ailleurs, on peut dire que c’est essentiellement l’absence de résultats tangibles sur le terrain de la lutte contre le terrorisme, qui a alimenté la colère du peuple contre le régime de Roch Kaboré. Damiba a surfé sur cela pour s’ouvrir les portes de Kosyam. Il n’a donc pas d’autres choix que de relever le défi que Roch n’a pas pu relever. Sous la gouvernance de ce dernier, certains observateurs relevaient des dysfonctionnements au sein de l’armée, et des problèmes de partage d’informations entre cette institution et les autres institutions en charge du renseignement. On peut espérer que tous ces problèmes ne seront plus d’actualité avec le COTN, pour la simple raison que le commandant de cette structure exerce son autorité sur les militaires, les paramilitaires et les VDP. Cela dit, le COTN doit être géré de sorte à ce qu’il ne se transforme pas à une sorte de « Securitate », du nom de la redoutable police politique de l’ex-dictateur roumain, Ceausescu. Et les Burkinabè sont bien placés pour savoir toutes les conséquences d’une telle dérive. L’on peut également craindre que dans son fonctionnement, le COTN fasse doublon avec l’état- major des Armées ou qu’il marche sur les platebandes du ministre de la Défense. On peut supposer que toutes ces inquiétudes ont été perçues en amont et que le MPSR fera tout pour que le COTN ne soit pas au service d’un homme ou d’un groupe d’hommes, mais au service de la Nation.

Sidzabda



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