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Politique

Humeur : Putsch en Guinée, la démocratie encore une fois piétinée en Afrique

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Ils ont encore une fois osé commettre la bêtise qui leur sied bien désormais : celle de bafouer la démocratie, de l’écraser sous leur rangeasses et autres godasses pour s’adjuger le pouvoir .Oui allègrement, la soldatesque guinéenne a remis ça, nous rappelant du coup et fortement, un certain Dadis Camara. Militaire illuminé, roitelet hautain, dictateur en plein devenir, ou simple mégalomane ? En fait, il incarnait tout cela en même temps.

Cette fois, le prétendu nouvel homme fort s’appelle Mamady Doumbouya, jusqu’alors commandant en chef du Groupement des Forces spéciales. Qui va très certainement s’affubler assez rapidement le titre ronflant de président du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD), structure mise sur pied, pour tout régenter désormais dans le pays. Etant donné, la dissolution systématique de toutes les institutions et même de la constitution.

Et les raisons de cette irruption militaire sur la scène politique guinéenne, ne sont guère différentes, des motivations avancées par d’autres militaires putschistes qui se sont déjà, tout aussi lâchement illustrés ailleurs sur le continent : rétablissement de l’ordre constitutionnel, de la justice, de la démocratie, réhabilitation de l’économie en panne etc. Autant de prétextes qui, même s’ils sont vérifiables sur le terrain, ne sauraient pour autant justifier une quelconque entorse à faire à la démocratie. En clair, il ne revient pas à l’armée, et encore moins à n’importe quelle autre entité, de mettre un coup d’arrêt à l’exercice d’un mandat présidentiel, régulièrement et légitimement concédé par le peuple. Tant il est vrai qu’aucune pratique démocratique ne l’autorise guère. Comme ne saurait l’admettre non plus, ou le justifier, une autre considération de quel que ordre ou nature que ce soit. On le voit bien, la culture de la démocratie a bien du mal à se faire assimiler par la conscience et l’intelligence des militaires africains. Lesquels se trompent continuellement de champs, comme de motifs d’intervention. La scène politique n’est pas un théâtre d’opération militaire. La mauvaise gouvernance politique et économique d’un Etat, n’équivaut pas non plus à une menace ou une attaque du territoire national perpétrée par une nation ennemie, pour que les militaires armes au point, viennent se substituer aux politiques. Peut-être est-il grand temps, d’inclure l’enseignement des principes démocratiques dans les programmes de formation et d’instruction de la soldatesque africaine. Pensons-y.

Moussa Ben Touré


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