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Politique

Côte d’Ivoire .Libre opinion :Citadelle assiégée

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Les partisans de Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, traînent dans la boue Konaté Navigué, ancien vice-président du parti, et tous ceux qui ont rejoint Laurent Gbagbo.

Les Gbagbo ou Rien (Gor) ne sont pas en reste. Ils tombent à bras raccourcis sur Dr Gervais Boga Sako, président de la FIDHOP, parce qu'il a tourné casaque en quittant EDS.

Et depuis le 9 août 2021, date à laquelle Gbagbo a annoncé qu'il laissait le FPI à Affi pour créer un autre parti politique, les passes d'armes ne s'essoufflent pas; chaque camp tirant à boulets rouges sur l'autre (photo d'illustration).

La politique en Côte d'Ivoire a cessé d'être un jeu; c'est la guerre totale avec pour objectif de détruire l'autre. Et le spectacle qu'offrent les débats est minable, pitoyable, triste et honteux.

Les accusations, comme des prêt-à-porter, sont tout trouvées et sont aussitôt servies, à tort et à travers: c'est un vendu ou un traître, c'est le gourou d'une secte, c'est un autocrate et un dictateur, c'est le culte de la personnalité, c'est un ingrat, le papy, le restaurant, c'est le populisme, etc. etc.

Les Ivoiriens ont obtenu le multipartisme et, devant le vide créé, ils se sont arrogés et impunément le droit de s'abreuver d'injures et de s'écharper.

Avec un illétrisme intellectuel ambiant et un analpabétisme politique entretenu, les ethnies sont dressées les unes contre les autres, les anciens alliés sont à couteaux tirés, les partis ou groupements politiques sont radicalement opposés.

Aux manifestations publiques et aux élections, seul est compris le langage de la violence (avec armes blanches et armes à feu) et des réglements de compte. Au lieu d'adversaires, les Ivoiriens sont devenus des belligérants qui se regardent en chiens de faïence.

Le multipartisme, qui n'est pas la démocratie, se découvre un poison mortel. 31 ans après sa réinstauration, ce système politique a entraîné déboires et consternations, avec ses milliers de morts.

Le pays a tout connu ou presque: coup d'État, désobéissance civile, rébellion armée, boycott actif, guerre civile... Et il n'est pas au bout de ses peines.

Car ce que chacun veut et réclame pour soi, il le refuse catégoriquement aux autres. Ainsi, le droit à la différence se trouve interdit, la liberté d'expression est bannie et la liberté de choix, placée sous embargo. "Si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi", résume parfaitement la situation.

Et partout, c'est le syndrome de la citadelle assiégée. Animé du sentiment d'être à la portée d'une menace grave, chacun se replie derrière ses ponts-levis, condamne ou refuse tout dialogue et se barricades derrière ses certitudes.

Gagné alors par la passion et le fanatisme, tout le monde est sourd à cette pensée de Martin Luther King: "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères; sinon, nous allons mourir ensemble comme des idiots".

Et dans le cul de sac de l'intolérance et de la haine, la Côte d'Ivoire danse sur un volcan en permanente éruption.

F. M. Bally


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