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Côte d’Ivoire. Des mineurs consomment de l'alcool et se prostituent dans les bars et boîtes de nuit à Yopougon

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A Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, des mineurs dont l’âge varie entre 12 et 16 ans, fréquentent de plus en plus les bars, maquis et boîtes de nuit, s'adonnant à la consommation de l'alcool et de la chicha, cette nouvelle forme de tabac, dont les effets nocifs ont déjà emporté de nombreux jeunes et adolescents, selon les professionnels de la santé. Pour toucher de près cette réalité, nous nous sommes rendu dans quelques bars et boîtes de nuit de cette cité.

Il y a bien une loi interdisant la vente de boissons alcolisées aux mineurs de moins de 18 ans. Il s’agit de la loi numéro 64-293 du 1er août 1964, portant code des débits de boissons et de la protection des mineurs contre l'alcoolisme.

Samedi 19 juin 2021, il est 21 heures lorsque nous arrivons au quartier Maroc carrefour Kimi, la nouvelle "rue Princesse" de Yopougon. Nous entrons dans un bar, situé non loin de l’hôtel Kimi. A notre grande surprise, nous apercevons un groupe de mineurs assis autour d'une table en train de consommer de l'alcool. Interrogé sur la présence de ces gamins au sein de son bar, le gérant, l'àir surpris par la teneur de notre question répond : « Je ne savais pas qu'il était interdit aux mineurs de fréquenter les bars », dit-il pour tenter de se justifier.

Jessica fait partie du groupe des mineurs assis dans le bar. Elle affirme qu’ils viennent juste pour s'amuser entre copains « Nous venons juste pour nous amuser entre copains. Nous ne faisons rien de grave », dit-elle avec beaucoup d'insouciance.

Après le quartier Maroc, nous mettons le cap sur les Toits Rouges. Là également, nous tombons sur un groupe de mineurs en plein “show” dans une boîte de nuit. Nous demandons à voir le gérant. La serveuse nous conduit vers lui au comptoir. Ce dernier fait également semblant de ne pas être au courant de l’interdiction et affirme n'avoir jamais reçu la visite de la Brigade des mineurs.

Le lendemain, dimanche 20 juin 2021, nous échangeons avec quelques parents sur cette question. « Eduquer un enfant aujourd’hui n'est pas chose facile. Avec toutes les influences extérieures qu’il subit. Mais ce sont les gérants de bars et boîtes de nuit qui encouragent ce phénomène. Ils sont complices de cette situation», soutient N’Dri Madeleine.

« C’est une situation inquiétante. Tout le monde à sa part de responsabilité. Surtout, nous les parents qui sommes les premiers éducateurs. Ce phénomène devrait nous amener à nous pencher davantage sur l’éducation de nos enfants », exhorte Berthé Lamine.


Avertissement et fermeture


Selon le Lieutenant Gona Cécile, cheffe de la Brigade mondaine du district de police de Yopougon, leur service fait sa part pour mettre fin à ce phénomène. « Au cours de nos descentes dans ces établissements de loisirs, nous sensibilisons les gérants à être plus regardants sur l’âge de leur clientèle. Si un gérant ne respecte pas cette disposition, nous l' avertissons. S'il récidive, nous fermons son espace et le déferons au Parquet. Il y a deux mois de cela, nous avons arrêté la gérante d'un maquis à la Sicogy, au sein duquel des élèves étaient en train de boire de l'alcool, alors qu'ils avaient un devoir de classe ».

La responsable de cette brigade nous apprend également, que des filles mineures sont exploitées comme serveuses et prostituées dans ces lieux. « Au mois de novembre dernier, nous avons fermé un maquis dénommé “les Minettes’’ à Yopougon Toits Rouges, au sein duquel travaillaient plusieurs filles mineures ».

Voici un phénomène qui doit interpeller tout le monde. Surtout en cette période de vacances, où les enfants ont plus de temps et de liberté.


Boubakar Barry



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