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Côte d’Ivoire .Bouaké, la ville des usines fantômes, a besoin d'un plan Marshall (Enquête)

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Gonfreville (usine de textile), Filtisac (unité spécialisée dans la fabrication des sac de riz, cacao et fils), Sitab (Société ivoirienne des tabacs), Trituraf (usine de fabrication d’huile de table et savons), Solibra (fabrique de boissons), etc, sont, entre autres, des usines qui fonctionnaient en plein régime à Bouaké dans les années 1970 jusqu’en 2000. Le plus illustre de ces unités fut les Établissements Robert-Gonfreville (ERG), aujourd’hui au milieu des herbes sauvages. Des bâtiments coloniaux debout malgré les assauts du temps. Des magasins et unités de production fermés.


Pôle industriel de l'Afrique de l'Ouest


Toutes ces usines ont fait de la deuxième ville ivoirienne, jadis, un pôle commercial incontournable de la sous-région. Le travail n’était pas un souci, en témoigne le septuagénaire Kolo Mamadou, ex-employé de "la Gonfreville". « J’ai eu mon premier emploi à la Gonfreville en 1977. Nous étions très jeunes et il faisait bon vivre à Bouaké et en Côte d’Ivoire. Bouaké était le premier pôle économique de l’Afrique occidentale », soutient le vieil homme. Il ajoute que deux de ses frères travaillaient à cette époque à la Sitab et étaient mieux payés que lui.

Une chose est sûre, avance un autre doyen, Kouamé Raoul, âgé aujourd’hui de 87 ans, « sur le site des Établissements Robert- Gonfreville (ERG) s’est écrite l’une des plus belles pages de l’histoire industrielle du continent ». Le vieil homme, visiblement ému en évoquant la belle époque de sa tendre jeunesse, estime que Gonfreville, construit en 1921, était la première manufacture de textile intégrée (de la filature à la confection), la plus puissante de toute l’Afrique occidentale. Elle a connu ses heures de gloire au cours des années 1970 et 1980. Environ 4 000 salariés y travaillaient pour fabriquer notamment les uniformes des armées et des polices de la sous-région. Aujourd’hui, l’immense site de 60 ha ressemble à une ville fantôme.


Petit commerce et transport informel


Pareil pour la Sitab, Trituraf (vendue et devenue Olhéol, a encore fermée ses portes), Filtisac anciennement appelée Fibako (la toute dernière à fermer ses portes). À travers un communiqué laconique, qui avait jeté l’émoi dans les cœur des populations de Bouaké, le conseil d’administration de cette société décidait, le 19 novembre 2018, de mettre fin dans le courant du premier trimestre 2019, à l’activité de fabrication d’emballages et sacs en fibres synthétiques et jute, de cordage et de ficelles.

La zone industrielle de la capitale de la région de Gbêkê n’existe à ce jour que de nom. Bouaké a besoin d’un véritable plan Marshall pour se relever car toutes les usines et autres structures qui ont fait les beaux jours de cette ville, jadis, ont fermé boutique.

En dehors de quelques usines spécialisées dans la transformation de la noix de cajou, qui se sont implantées dernièrement, la jeunesse de la deuxième ville de Côte d’Ivoire s’est orientée vers deux activités principales : le petit commerce et le transport informel. Au niveau du commerce, la vente des habits de tous genres est le plus dominant. Au niveau du transport, on retrouve plus de la moitié de ces jeunes dans la filière des motos-taxis.


Koffi Koffi

Correspondant régional



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