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Enquête du Jeudi :L’Africa sport va –t-il survivre à cette énième crise de son histoire ?

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L’Africa Sport d’Abidjan traverse en ce moment l’une des plus graves crises de son histoire. En effet, le club est confronté aujourd’hui à un bicéphalisme. Autrement dit, le club a sa tête deux présidents. Bahi Antoine et Vagba Alexis. Chacun d’eux ayant son équipe et son staff technique. Une situation qui met profondément en mal la vie de ce club. Qu’est ce qui explique ces incessantes crises à l’Africa ? Et comment en est-on arrivé à cette dernière ? Selon Adolphe Angoua, spécialiste de football du site d’information l’Infodrome, les incessantes crises à l’Africa sont dues à un problème de gestion. « La plupart des présidents qui l’ont jusqu’ici géré, ont montré leur incapacité à le faire convenablement. Ce qui a toujours créé des divisions au sein de cette maison », explique-t-il.

Les origines de la crise actuelle

La crise en cours est partie du boycott le 19 mars 2019, de la 20e journée du championnat national par les joueurs, qui réclamaient leurs salaires. Mécontents de la gestion qualifiée d’opaque, du président Vagba Alexis, élu en 2014 puis réélu en 2018, cette fois dans un climat de tension, les dirigeants du club et les supporters ont décidé de le sanctionner pour une durée d’un an, le temps d’un audit sur sa gestion. Le 11 mai 2019, au cours d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Yopougon, Bahi Antoine, président de la section football du club Vert et Rouge, est élu nouveau président de l’Africa. Une décision que Vagba Alexis va contester jusqu’à l’intervention de la Fédération ivoirienne de Football (Fif) dans la crise. Ainsi, comme solution à celle-ci, la Fif sous la direction de Sidy Diallo fera signer un protocole d’accord entre Bahi et Vagba, pour une cogestion du club. En désignant Vagba Alexis président et Bahi Antoine vice-président. Dès lors, un bras de fer s’engage entre ces derniers qui prétendent chacun être le président légal de l’Africa. Pour comprendre leurs positions respectives, nous avons tenté de rencontrer les deux dirigeants que sont Vagba Alexis et Bahi Antoine. Mais ce fut malheureusement sans succès. Nous nous sommes alors rabattus sur des représentants du bureau, de chacun des deux camps. Diomandé Delorence, Secrétaire général de l’Africa pro Bahi, soutient avec force conviction que « depuis mai 2019, M. Vagba Alexis n’est plus le président de l’Africa. Il a été sanctionné pour sa mauvaise gestion du club. Le Comité de normalisation de la FIF (CONOR), nous a demandé de fusionner nos équipes, afin de pouvoir prendre part au championnat. C’est pourquoi, le président Bahi Antoine est obligé de collaborer avec lui ».

Pour Emile Aléba, le chargé de communication du camp de Vagba Alexis, celui-ci demeure pour l’instant le président de l’Africa. « Il y a un groupe de dissidents, qui ne veulent pas laisser M. Vagba réélu en 2018, aller au terme de son mandat qui expire en 2022. Donc, toutes démarches visant à contester ou à demander de nouvelles élections sont des tentatives de putsch », explique-t-il avec beaucoup d’assurance.

Des supporters déçus 

Au niveau des supporters, chacun y va de sa critique, mais tous avec une pointe de déception. « La crise à l’Africa est due à un manque de vision et de projet. Tous ceux qui se succèdent à la présidence ne cherchent qu’à manger. Ils ne regardent pas l’intérêt et le bien du club. C’est dommage », regrette Gala Bi Goré. Tandis que pour Sery Djati, si l’Africa est en crise, c’est tout simplement parce qu’ils ont chassé Zinsou de la présidence du club. « Aujourd’hui, tous ces petits fonctionnaires qui se battent au sein de la maison verre et rouge ne peuvent pas diriger l’Africa. Nous avons besoin d’un homme d’affaire qui aime ce club pour le faire évoluer ».

« L’égo et le manque d’humilité des dirigeants de l’Africa sont en train de tuer ce club. Personne ne regarde le bien du club. Vagba et Bahi doivent dégager. Que le Conseil d’administration et le comité des sages de l’Africa, prennent leurs responsabilités, pour mettre fin à cette crise », préconise Toussaint Ehouni. « Nous sommes très déçus des dirigeants de l’Africa. Car, ils sont incapables de se surpasser pour le bien du club. L’Africa ne peut pas continuer à être pris en otage par un groupe d’individus. C’est vraiment regrettable », estime Coulibaly Mamadou.

Hormis les Membres Associés Mobilisés (MAM), des consultants et journalistes sportifs émettent aussi leurs avis sur la situation que traverse ce club. « La crise à l’Africa est une grande honte pour ce prestigieux club. Vagba et Bahi sont en train de ridiculiser cette grande famille sportive de notre pays. Le CONOR doit mettre rapidement en place un comité ad ‘hoc, afin de remettre l’Africa sur les rails », soutient Jean-Claude Jackus, journaliste sportif indépendant. Pour Adou Mel, consultant sportif, il n’y a pas de crise à l’Africa. C’est une rébellion orchestrée par le camp Bahi Antoine « Le président légalement élu et réélu, c’est bien Vagba Alexis, dont le mandat court jusqu’en décembre 2022. Le Comité de normalisation ne peut donc pas demander à Vagba de collaborer avec Bahi pour le championnat ». Journaliste sportif à la Radio Mimosa, Yacoub Traoré trouve que « que cette énième crise met en évidence la fragilité dans laquelle se trouve le club. Le droit doit être dit pour extirper l’Africa de l’emprise de ces deux hommes qui la prennent en otage. Et cela doit être fait en se référant aux textes du club et si nécessaire, aux règlements de la Fifa ». Pour sa part, Annoncia Séhoué journaliste Consultant au quotidien le Matin, estime qu’il est vraiment triste pour l’Africa de vivre une telle situation « Nous sommes tous meurtris de voire ce club dans cette situation. Mais, cela ne me surprend pas. En ce sens que l’Africa a toujours évolué dans ce climat délétère de stress et de crise. Il est grand temps que les dirigeants acceptent de se parler franchement ».

L’Africa sous normalisation  

Au moment où nous nous apprêtions à boucler cette enquête, nous avons appris hier mercredi par un communiqué officiel diffusé un peu partout sur différents sites d’informations, par le Comité de normalisation, que l’Africa est désormais mise sous « administration provisoire de transition ». Une normalisation qui était très attendue ces derniers jours, si l’on s’en tient par exemple au message des joueurs qui ont déroulé le samedi dernier, une banderole au Stade Robert Champroux de Marcory, pour réclamer leurs salaires. On le voit, Mme Dao Gabala et son équipe n’auront pas attendu longtemps pour mettre à exécution ce que le CONOR prévoyait plus ou moins déjà. En effet, à la conférence de presse qu’elle a animée le 10 avril dernier au siège de la FIF, la présidente du Comité de Normalisation de la Fédération ivoirienne de football disait déjà ceci à propos de la crise du club vert et rouge : « du moment où les deux équipes s’entendent pour jouer les matchs, il n’y a pas de problème. Mais, c’est lorsqu’elles n’arriveront pas à fusionner, que nous mettrons le club sous administration provisoire. Pour lui permettre de terminer le championnat », avait-elle déclaré. Avant de préciser que, « l’Africa étant une association privée autonome, nous ne pouvons que l’aider à sortir de cette impasse. Et ça sera après le championnat »

Ce que dit le ministère des Sports

Selon le Ministère des Sports, la Fédération ivoirienne de Football a reçu une délégation de pouvoir de sa tutelle que constitue ledit Ministère, au même titre que le Comité de normalisation. « Puisque c’est ce comité qui gère actuellement les clubs, c’est à lui de régler la crise qui prévaut à l’Africa. Toutefois, nous attendons leur rapport afin de réagir si nécessaire », indique Bertin Koffi, directeur général des Sports. Concernant leur point de vue sur la crise à l’Africa, il déclare que le ministère des Sports ne peut pas se prononcer. Car, sa mission est de gérer le sport au niveau national. C’est à croire que, la fin de la crise à l’Africa n’est pas pour maintenant. Et il va falloir peut-être attendre encore des semaines, avant d’arriver à un dénouement. Ce qui risque si rien n’est fait, de voir le club déjà classé 6e, juste avant l’Entente Sportive du Bafing, se retrouver en deuxième division.

Boubakar Barry




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