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Reportage. Ramadan. Les mosquées volent la vedette aux bars, maquis et hôtels

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Les fidèles musulmans ivoiriens ont observé le croissant lunaire le lundi 12 avril 2021 et commencé le jeûne du Ramadan le lendemain. Chose curieuse et surprenante, la capitale de la région de Gbêkê, Bouaké (deuxième ville ivoirienne), d’habitude animée, s’est « éteinte » seulement après deux jours de jeûne. Une incursion au cœur des quartiers chauds, Commerce et Air-France, réputés pour être des quartiers de joie, sont méconnaissables. Les bars, maquis et autres endroits de joie ne drainent plus de monde.


" Qui n’a pas peur de Dieu ? ”


Au quartier Commerce, un gérant de maquis, interrogé, se montre pour bavard. « C’est le mois de jeûne musulman, donc ça ne marche plus. Tout le monde a peur de Dieu », a lâché Marius Konan. Pourquoi donc les bars et maquis ne marchent pas comme en temps normal ? Dame Amoin Rachelle, tenancière d’un maquis croit avoir la réponse : « C’est simple Monsieur. Plusieurs de nos clients soutiennent observer le jeûne. Et tout au long de ce mois, ils ne se montrent pas », se demandant si la religion musulmane se limitait à ce seul mois. Selon elle, il serait intéressant qu’après le Ramadan, ses clients qu’elle connaît bien, puissent rester sur le droit chemin. « Dieu, ce n’est pas une période d’adoration, c’est pour toujours », a-t-elle ajouté. Comme pour lui donner raison, toutes les mosquées que nous avons visitées, affichaient complet aux heures de prière.


Mauvaise passe pour les hôtels de passe


Approché discrètement, le gérant d’un hôtel de passe, situé au quartier Air France, a expliqué qu’après à peine deux jours de jeûne, toutes les filles de joie qui « travaillaient » dans son établissement ont disparu. « Et pourtant elles ne sont pas toutes de cette communauté. Et depuis deux jours c’est le K.O. En temps normal, nous faisons une recette journalière de 30 à 40 000 francs CFA. Mais aujourd’hui (jeudi 15 avril, ndlr ) la recette journalière a chuté à 5 000 francs CFA à peine », a pesté notre interlocuteur qui n’a pas voulu être cité.

Bouaké, deuxième grande métropole ivoirienne s’est complètement métamorphosée. Jeunes, vieux et vieilles se sont recroquevillés sur eux-mêmes afin de pouvoir adorer leur Dieu, Allah. A Djamourou comme à Koko, deux quartiers à forte population musulmane, un calme religieux règne de 6 h à 8 h. Ce qui est impensable les jours ordinaires. « Après avoir mangé à 4 h 30, nous nous reposons jusqu’à 9 h souvent, avant de sortir pour le marché », confesse Adama Traoré, commerçant au Grand Marché. Idem pour Kobena Ibrahim, enseignant, qui soutient prendre un bon temps de repos avant de prendre le chemin de l’établissement où il dispense le savoir à des mômes du Cours élémentaire 2eme année.


Koffi Koffi


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