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Politique

Au Bénin, des incidents dans plusieurs villes à l'approche de la présidentielle

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Des incidents ont éclaté, mardi, dans plusieurs villes du Bénin pour la deuxième journée consécutive, à cinq jours de l'élection présidentielle. Alors que les principales figures de l'opposition vivent en exil ou ont vu leur candidature recalée, le président sortant Patrice Talon, élu en 2016, est accusé d'avoir verrouillé le processus pour s'assurer sa réélection.


Le Bénin est le théâtre d'une deuxième journée consécutive de tensions à l'approche de l'élection présidentielle du 11 avril. Des incidents ont éclaté, mardi 6 avril, dans plusieurs villes du centre et du nord du pays. Des manifestants ont notamment brûlé des biens appartenant à des députés affiliés au pouvoir et bloqué des routes.

Longtemps salué pour sa vitalité démocratique, le Bénin s'apprête à vivre un scrutin inédit alors qu'aucune figure majeure de l'opposition n'y participera. Le président sortant Patrice Talon, élu en 2016, est accusé d'avoir verrouillé le processus pour s'assurer sa réélection.

Dans la commune de Savè, dans centre-nord du pays, fief de l'ancien président Boni Yayi, des jeunes en colère ont saccagé un poste de péage situé à l'entrée de la ville. Des passagers en déplacement vers le nord du pays ont dû renoncer à poursuivre leur route, ont rapporté à l'AFP plusieurs sources locales.

"Une dizaine de jeunes dépeçaient les installations du péage" pendant que "d'autres scandaient des slogans hostiles au président Patrice Talon", a raconté Simboti Tcheitcha Victorine, une automobiliste qui a dû "se replier vers Dassa", une ville voisine.


Des motos et plusieurs véhicules ont également été brûlés dans le domicile d'un député pro-Talon, ont confirmé des sources locales.

Vers le nord, l'axe Savè-Tchaourou a été bloqué mardi après-midi par des troncs d'arbre et des pneus brûlés, ont rapporté des témoins. À Tchaourou, ville natale de Boni Yayi, de jeunes manifestants ont tenté d'attaquer un véhicule militaire, mais une source militaire a assuré à l'AFP que "le conducteur et le véhicule n'ont subi aucun impact et sont revenus à la base".

Plusieurs coordinations communales de campagne ont également annulé leurs meetings politiques dans le nord du pays et ont appelé les militants à rester chez eux.

Patrice Talon, élu en 2016, brigue un second mandat dimanche, face à deux candidats inconnus des électeurs et sans poids politique, Alassane Soumanou et Corentin Kohoué. Les principales figures de l'opposition vivent en exil ou ont vu leur candidature recalée, en raison de réformes politiques et institutionnelles contestées par une bonne partie de la classe politique.

Des appels à manifester

À l'appel de plusieurs figures de l'opposition en exil dans des vidéos diffusées ce week-end, des groupes allant de plusieurs dizaines à quelques centaines de manifestants se sont rassemblés dès lundi soir dans plusieurs villes, connues pour être plutôt favorables à l'opposition.

À Parakou, dans le nord, le siège de campagne de Patrice Talon a été entièrement vandalisé, de même que les locaux d'une radio privée proche du pouvoir, et ceux d'une télévision en ligne.

À Cotonou, la capitale économique, place de l'Étoile-rouge, quelques dizaines de manifestants ont incendié des pneus, dont les traces étaient encore visible mardi matin sur le goudron calciné, ont constaté des journalistes de l'AFP, mais la circulation avait totalement repris dans la journée.


Lundi, un juge a fui le pays et avoué avoir reçu des pressions de la chancellerie pour faire condamner et mettre en détention une opposante politique début mars, accusée d'avoir voulu faire assassiner des personnalités pour déstabiliser le scrutin.

"Les événements d'aujourd'hui nous confortent dans le fait que nous n'avons pas inventé les menaces proférées par certains adversaires qui étaient prêts à faire exécuter des hommes politiques et qui ont donné des moyens financiers et pourquoi pas des armes pour tenter de déstabiliser notre pays", a déclaré mardi après-midi à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Alain Orounla.

"Nous avons eu raison de réagir, c'est ce qui a atténué l'ardeur de ces mercenaires", a-t-il ajouté, affirmant "tolérer ces petites échauffourées" mais que le gouvernement "ne (les) laissera pas perdurer".

Au moment de son élection, Patrice Talon avait affirmé vouloir effectuer un unique mandat, avant de se rétracter et d'annoncer sa candidature en janvier.


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