L’audience du 5e jour de procès de l’ancien chef milicien burkinabè Amadé Ouérémi, poursuivi pour 24 chefs d’accusation dont des crimes de guerre, génocide, viol, commis lors de la crise postélectorale de 2011 à Duékoué, s’est ouverte mercredi à 15H18 (GMT et locale) au tribunal criminel de Plateau (Abidjan). Appelé à la barre, Amadé Ouérémi a réfuté toutes les accusations du témoin du jour qui a témoigné sous couvert de l’anonymat.
A l’entame de l’audience devant une assistance pas assez compacte, le procureur a précisé que l’unique témoin du jour souhaiterait requérir l’anonymat pour « sa sécurité » au cours de son témoignage.
« Amadé Ouérémi a été arrêté parce que le 15 mars 2013, son grand frere a cocufié un Malien et le Malien l’a tué. En représailles, Amadé et ses hommes sont allés tuer des gens dans ce village. Son cortège en rentrant à Duékoué a écrasé un enfant à l’entrée de la ville mais ils ne se sont pas arrêtés », a relaté le témoin caché quelque part dans la salle d’audience.
Appelé à la barre, Amadé Ouérémi, avec un air quelques fois surpris, dans tout le témoignage du témoin a avancé que: « tout ce que les gens disent sur moi, ils mentent. C’est parce que (je suis) burkinabè » et a invité le tribunal à « appeler les responsables de la rébellion de 2002 » qui avait fait des centaines de morts, à la barre.
Le témoin dont uniquement la voix était audible, allant plus loin, accable l’accusé avec ces propres propos qu’il aurait tenus le 29 mars 2011, après la nuit noire du lundi 28 où des hommes armés ont fait irruption dans la ville de Duékoué tuant en majeur partie « des jeunes hommes et vieillards d’ethnie Gueré laissant les femmes » dans le quartier Carrefour.
« Aujourd’hui au quartier Carrefour on a éliminé tout le monde, les survivants sont en train de se chercher loin de là », avait dit Amadé Ouérémi, selon le témoin qui a fourni des photos et vidéos pour documenter sa version des faits, lesquelles documents qui ont été visualisés par le tribunal et l’assistance.
« Tout ceux qui étaient à l’église JESUS SAUVEUR ont été tués, le pasteur a été tué venant plaider pour sa liberté et celle de ses fideles », a affirmé le témoin, précisant qu’étant aux côtes des volontaires de la Croix rouge, ils ont ramassé « 265 corps » qui jonchaient les rues du quartier Carrefour.
Poursuivant, le témoin a également expliqué au tribunal qu’en allant à la Mission Catholique où des exactions auraient été commises, a vu « une file de femmes » qui y provenaient, toutes en criant que « Amadé Ouérémi et ses hommes sont en train de tuer nos maris ».
Soupçonné de crimes commis durant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, ayant fait 3.000 morts en Côte d’Ivoire, dont 817 en une journée à Duekoué, Amadé Ouérémi qui régnait en maître dans la région a été interpellé le 18 mai 2013 par des éléments des Forces républicaines. Son procès à débuté le 24 mars 2021 au tribunal criminel de première instance d’Abidjan Plateau.
Donald NGORAN
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Publié le :
14 juin 2021Par:
Forestier de Lahou