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Procès de la crise postélectorale. Des témoins chargent, Amadé Oueremi s’enfonce

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Le procès de l’ex-seigneur du mont Peko s’est poursuivi le jeudi 25 mars 2021 au Palais de justice au Plateau. Pour cette deuxième journée, plusieurs témoins se sont succédé à la barre. Tous ont accablé l’accusé Amadé Ouérémi, lequel a fini par s’emmêler les pinceaux.

Mais le fait du jour, c’est sans conteste cette information lâchée par Amadé Ouérémi, qui a suscité un brouhaha dans l’assistance. Invitée à livrer son témoignage, une victime du nom d’Edgar a soutenu bien connaître Amadé Ouérémi. Ses femmes, a-t-il renchéri, se déplaçaient en moto de type KTM. « Est-ce que vos femmes conduisent des motos KTM ? », interroge le juge. L’accusé tente de le mener en bateau en bottant en touche.


Amadé Oueremi se lâche, le juge se fâche


Et le juge de revenir à la charge : « Combien de femmes avez-vous ? ». « J’ai 6 femmes », répond Amadé Ouérémi.

Une réponse qui suscite un grondement dans la salle. Le président du tribunal s’emporte alors et tape du poing sur la table, avant de lancer une mise en garde au public. Il coupe la logorrhée dans laquelle s’était lancé l’accusé. « C’est oui ou non », tonne-t-il. Mais Amadé Ouérémi tient à dire sa part de vérité. Invité à poser une question à un témoin du nom de Julien, il préfère se lancer dans des explications.

Il explique que le commandant Losseni Fofana dit Loss a dû dépêcher ses hommes à Duékoué pour défendre les populations qui subissaient des exactions de la part des miliciens constitués en groupes d’autodéfense. « Ces jeunes disaient qu’ils allaient réduire Duékoué en cendre », avance-t-il, avant d’ajouter : « Losseni Fofana nous a donné l’ordre d’aller défendre les populations ».

« C’est pourquoi vous êtes venus attaquer ? », le relance le juge. « Oui, mais c’est pas moi seul », s’oublie Amadé Ouérémi. Des propos qui provoquent l’ire du président du tribunal, dont les questions suivantes trahissent la colère. « 817 morts en une seule journée, dont des vieillards, des enfants. Ceux-là étaient-ils des combattants aussi ? », lance-t-il au visage d’Amadé Oueremi, qui paraît quelque peu désarçonné. Et comme pour acculer l’ex-terreur de l’Ouest, visiblement dans les cordes, le président du tribunal poursuit : « Est-ce que vous avez été aperçu au quartier Carrefour habillé en treillis, portant des armes et tirant sur des hommes ? ». L’accusé tente d’abord de nier avant de faire incidemment un aveu. « Est-ce que savez manier les armes ? », l’apostrophe le président du tribunal. « Oui, parce que j’étais avec les rebelles », répond Amadé Ouérémi. « Etiez-vous un chef ou un élément ? », renchérit le juge. « Je n’étais pas un chef mais un élément », répond l’accusé.


Le président du tribunal à un témoin : « Vous parlez bien, mais vous ne parlez pas fort… »


Tout au long du procès, des témoins qui ont défilé ont accablé Amadé Ouérémi de tous les malheurs qu’ils ont subis durant les événements qui ont endeuillé le quartier Carrefour de Duékoué en mars 2011. L’un d’entre eux, qui était fort à son aise, a dit avoir perdu son BEPC, le seul diplôme qu’il possédait à l’époque des faits. « Vous parlez bien mais vous ne parlez pas fort », ironise le président du tribunal. Et de conseiller à cet agent administratif de parler dans le micro.

Karine Koré



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