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Rétro .Yéo Martial (1) – Comment je suis venu au football

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Dans cette entrevue, Yéo Paul Martial, parle de sa vie dans le football. L’ex-sélectionneur des Eléphants qui a offert à la Côte d’Ivoire son premier trophée continental à l’issue de la CAN Sénégal 1992, celui-là même qui a coaché le Réveil Club de Daloa, l’Usc Bassam, l’Africa Sports d’Abidjan…, évoque les difficultés qu’il a rencontrées sur le banc de touche des Eléphants, son passage à l’INJS, sa vie d’instructeur FIFA, non sans jeter un regard rétrospectif sur ses premiers pas au foot à Bobo Dioulasso dans « la Haute Côte d’Ivoire », puis au Sacraboutou Sport de Bondoukou. Yéo, l’ex-gardien de but a, par ailleurs, dit ce qu’il pense du Comité de normalisation de la FIF. Interview !


Comment êtes-vous arrivé au football ?

(Il rit aux éclats) Le football, comme tous les enfants depuis toujours, j’ai commencé à jouer au football avant même que je ne commence l’école. (Il rit encore). Je suis né le 29 juin 1946, un samedi, à 7h, à Ferkéssédougou. Je faisais partie des enfants qui attachaient des bouts de tissus pour en faire un ballon parce que nos parents n’avaient les moyens financiers pour nous en acheter.

Ah bon !?

Oui ! Néanmoins parmi nous, quelques parents pouvaient le faire ; ce fut mon cas. Mon père nous avait acheté un petit ballon qui faisait notre bonheur depuis l’âge de 5 ans. Et c’est cette particularité propre aux enfants africains qui fait que l’Afrique regorge de beaucoup de footballeurs talentueux dans les meilleurs championnats du monde. C’est en cela que Jean-Marc Guillou qui est mon congénère, me disait qu’en Afrique, nous avons un véritable trésor qui est le fait que, tout petit, l’Africain joue au football les pieds nus. Et quand par la suite il se chausse pour jouer, cela devient encore un avantage qui lui permet de jouer aisément et d’exploser. Comme les enfants ont joué les pieds nus, avec les chaussures, ils n’ont pas peur de mettre le pied, ils n’ont pas peur des adversaires. Il y a également le fait de s’organiser en créant des équipes dans les quartiers et de disputer des tournois. Depuis mon jeune âge, j’avais les prédispositions pour être entraîneur plus tard. Quand on jouait nos compétitions de quartier, en effet, c’est moi qui organisais le classement, le jeu etc. De tout temps, depuis ma tendre jeunesse, j’ai toujours été un meneur de groupe très écouté. J’ai grandi chez le grand patron de père, un Corse qui s’appelait Etienne Mathéi qui fut le parrain de mon dernier frère, Etienne, paix à son âme. Et en son temps, le père d’Eugène Kacou, grand journaliste à la RTI (à la retraite, ndlr) et mon père étaient des amis. Le père d’Eugène qui était médecin a servi à l’hôpital de Bobo, Ouaga etc. Et comme je vivais chez un blanc, les jeunes de mon âge voyaient cela comme un avantage. Et faisaient de moi le leader de notre équipe. Et le sport collectif le plus facile, comme je le dis souvent, c’est le football.

Votre père était de quel corps de métier ?

Mon père était grand cuisinier dans les hôtels de la RAN qu’on appelait « Les Buffets-Hôtels » en son temps. Il y en avait pratiquement à toutes les gares jusqu’à Bobo-Dioulasso et même jusqu’à Koudougou qui faisaient partie de la Haute Côte d’Ivoire. Soit dit en passant, mon père a eu le sacrement du baptême le 20 août 1927 à Ferké et il s’est marié le même jour. Il avait le carnet de baptême N°6. (Il rit aux éclats). J’ai une mémoire phénoménal comme lui-même d’ailleurs.

A votre temps, les parents intimaient l’ordre aux enfants de privilégier les études au détriment du football…

(Il rit) C’est vrai ! Mais on se cachait pour jouer et en on tirait du plaisir puisqu’on déjouait la vigilance de nos parents qui tenaient vraiment qu’on aille à l’école, qu’on étudie nos leçons plutôt que d’aller jouer au ballon.

A quel poste jouiez-vous ?

De mon bas âge jusqu’au CM2, j’étais avant-centre. C’est à partir du CM1 qu’on faisait les sélections pour les écoles primaires. Le jour de notre premier match, étant attaquant, j’ai marqué 2 buts en première mi-temps. Et quand j’ai marqué deux autres buts, j’ai dit à Théodore, notre gardien, qu’il me cède sa place. Et j’avais tellement bien joué en étant gardien qu’après notre coach qui était notre instituteur, a décidé que je joue désormais qu’au poste de gardien titulaire. (Il rit) Ainsi d’avant-centre, je suis devenu goal-keeper.

Vous n’aviez plus voulu rejouer à votre poste de prédilection ?

Toujours est-il que ce changement de poste m’a été bénéfique. Il m’a permis de savoir quand un attaquant peut chercher à inscrire un but et comment guider une défense à faire obstacle à une attaque menaçante. J’étais tellement brillant en tant que gardien de but que déjà en classe de 5e, une équipe civile, l’As Fonctionnaires de Bobo-Dioulasso, a décidé de m’enrôler. J’avais 15 ans pratiquement.

Que s’est-il passé par la suite ?

L’année suivante, en 4e, je débarque à Abidjan pour un tournoi qui a réuni l’As Fonctionnaires de Bobo, Unis Sport de Bouaké, le Stade Malien et l’Asec Mimosas. C’était en 1963. Nous avons perdu 5-2 contre l’Asec Mimosas avec un autre gardien. L’Asec avait dans ses rangs de grands joueurs comme Faustin Koffi qui était le capitaine, Konan Youbouet qui jouait au 10, Nénébi, Jean Kéita qui était le gardien etc. L’entraîneur s’est fâché et m’a dit que je serai titulararisé face au Stade Malien où il y avait également de grands joueurs tels Sidiki Sako, Yacouba Bakarydjan. Au cours de ce match, je me blesse au genou pour la première fois. Et le masseur de l’Asec qui s’appelait Modeste a dit à mes dirigeants que s’ils me faisaient jouer avec mon genou endolori, je risque de gâcher ma carrière. Je suis alors retourné à Bobo où j’ai obtenu le BEPC. Malgré tout, je jouais quelques fois quand bien je n’avais pas reçu de soins appropriés.

Vous avez pris des risques en jouant étant blessé…

Oui. Mais heureusement, je n’ai pas aggravé ma situation. Après, je débarque à Abidjan pour passer le concours d’entrée à l’Institut (Institut national de la Jeunesse et du Sport, ndlr) en 1967. J’ai fini major de ma promotion quand bien la majorité des étudiants était des Blancs. A la fin de ma formation, en 1970, je deviens Maître d’EPS et on m’affecte à Bondoukou. Lors de la formation, j’ai tout fait pour qu’on ne sache pas que je suis un bon gardien de but parce que mon problème de genou persistait surtout que j’ai rechuté sur les haies. Je ne voulais plus jouer au football, je jouais au handball. Malgré les précautions que je prenais, en 3e année à l’Institut, un professeur a su que je suis gardien de but. Parce qu’à l’examen, j’avais tiré au sort, «La technique du gardien de but ». Et quand j’ai fait un exposé vraiment bien, il m’a demandé si je suis un gardien de but. Et je lui ai dit la vérité. Fany Ibrahima qui était le gardien de l’Institut, était parti et il n’y avait plus de bon gardien. Le prof en question m’en voulait parce que je ne lui avais pas dit que je suis un bon gardien de but.

Entretien réalisé par E. D. A.




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