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Internationale

AN II de Félix Tshisekedi au pouvoir :Les Congolais attendent toujours

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Le 24 janvier 2019, l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, remettait, au Palais de la Nation et sans effusion de sang, les armoiries de la République à son successeur Félix Tshisekedi, suite à l’élection surprise de ce dernier comme nouveau président deux semaines plus tôt. Après deux ans de gouvernance, le bilan de celui que ses compatriotes qualifient ironiquement de « distributeur automatique de promesses », est pour le moins embryonnaire sur tous les plans, et notamment sur celui de la corruption contre laquelle il avait pourtant promis une lutte sans merci, tout en précisant que ces actions punitives ne seraient pas rétroactives, à la grande déception de la société civile qui lui a toujours reproché ce discours ambigu. En vérité, il était difficile au président Félix Tshisekedi de remettre ce pays-continent sur les rails, étant, comme chacun le sait, lui-même à l’étroit dans une coalition qu’il était obligé de former, au début de son mandat avec son prédécesseur, faute de majorité à l’Assemblée nationale.


Et comme il fallait s’y attendre, la lutte entre les deux hommes, commencée à bas bruit, a rapidement tourné au combat à mort politique dans la perspective des élections de 2023, avec les blocages quasi systématiques de toutes les réformes envisagées par le nouveau pouvoir. S’il voulait véritablement incarner le changement tant attendu par les Congolais, il fallait que Félix Tshisekedi se libérât de l’emprise de Kabila en rompant les amarres, afin de régler les problèmes de fond au lieu de faire des replâtrages et des ajustements à doses homéopathiques. De toute évidence, le divorce aujourd’hui presque consommé entre le Cash de l’actuel président et le FCC de l’ancien homme fort, n’a pas été facile à obtenir, en partie à cause du fait que Kabila disposait d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, d’une myriade de courtisans dans l’Administration publique, et surtout de 2/3 de ministres qui lui étaient fidèles dans le gouvernement pléthorique de 67 membres au début du mandat en cours.

Félix Tshisekedi doit avoir le courage de secouer le cocotier

Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que l’actuel locataire du Palais de la Nation, a admirablement bien réussi la manœuvre en débauchant, probablement à coup de promesses mirobolantes ou de menaces de poursuites judiciaires, de très nombreux députés kabilistes afin de réduire presqu’à néant la capacité de nuisance de son ancien allié. Pari donc réussi pour Tshisekedi qui, depuis qu’il a rallié à sa cause la majorité des parlementaires, multiplie les motions pour démettre le bureau de l’Assemblée nationale, mais aussi le gouvernement et son Premier ministre pro Kabila, Sylvestre Ilunga. Les heures sont d’ailleurs comptées pour ce dernier, d’autant qu’il a été convoqué devant le Parlement demain après-midi, pour se voir probablement décerner un carton rouge qui l’évincera de la tête du gouvernement, au profit, selon des indiscrétions, du sénateur et fidèle de Félix Tshisekedi, Modeste Bahati. Reste à savoir si le changement annoncé de gouvernement, va rimer avec changement de gouvernance, quand on sait que dans ce pays francophone le plus vaste et le plus peuplé au monde, les hommes politiques ont rarement fait preuve de gestion orthodoxe des ressources publiques. C’est vrai que depuis son accession au pouvoir, le président Tshisekedi a pris des mesures positives, telles la libération en rafale de prisonniers politiques, l’autorisation du retour de ses ex-détracteurs qui étaient en exil comme Moise Katumbi et Jean-Pierre Bemba, la traduction devant la Justice de certains de ceux qui ont trempé leur barbichette dans la sauce fétide de la corruption et des passe-droits comme son ancien directeur de cabinet, Vital Kamerhe, l’éviction de ses proches considérés à tort ou à raison comme clivants, notamment Albert Yuma et Evariste Boshab, ou encore la fin de l’isolement du Congo, sur le plan international. Mais s’il veut avoir la confiance de ses compatriotes et espérer être réélu dans trois ans, ou bénéficier de la bienveillance des chancelleries occidentales qui renâclent jusqu’ici à accompagner la RDC, il doit immédiatement et impérativement s’attaquer aux principaux maux qui minent depuis longtemps ce pays immensément riche en minerais, mais dont la population est paradoxalement l’une des plus pauvres au monde, en partie à cause de la gestion prédatrice de ses ressources par ses dirigeants.

Deux ans après son arrivée aux affaires, les Congolais attentent toujours, en effet, que Tshisekedi arrête et traduise en justice, les seigneurs de guerre et les présumés auteurs de violation des droits de l’Homme clairement identifiés mais toujours en liberté, qu’il mette fin aux massacres des populations civiles qui ont malheureusement repris de plus belle dans la lointaine province du Kivu et plus généralement à l’Est du pays, qu’il fasse le ménage au sein de l’Armée, et surtout, surtout, qu’il déclenche une guerre ouverte contre la corruption intensive qui fait que tous les indicateurs de développement dans ce pays sont quasiment au rouge. Si Félix Tshisekedi a pris le risque politique de se défaire de son puissant prédécesseur, il doit avoir le courage de secouer le cocotier dans tous les domaines sus-cités, s’il ne veut pas terminer son mandat controversé dès le départ, avec un bilan mi-figue, mi-raisin qui risque de lui être fatal en 2023 face à des baroudeurs politiques comme Bemba, Katumbi et Kabila.

Hamadou GADIAGA



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