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Yamoussoukro. (1)- Martin Kouamé, le bénévole qui ne veut plus voir des écoliers fauchés par des voitures

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A Yamoussoukro, les traversées des rues à certains carrefours, pour les écoliers, sont sécurisées par une organisation non gouvernementale, l’Ong Guides écoliers. Dans la capitale politique et administrative, les rues comportent trois voies de chaque côté, soit six voies à parcourir pour se retrouver de l’autre côté de la chaussée. Ces larges rues sont simplement séparées par des lignes continues que des automobilistes, toujours pressés, n’hésitent pas à franchir. Se déportant souvent illégalement de l’autre côté de la rue, ils mettent ainsi en danger la vie des piétons en général et celle des écoliers en particulier. La population attribue la paternité de cette noble œuvre au district autonome de Yamoussoukro ou à la mairie. Que nenni. Le président fondateur de l’Ong Guide écoliers, Kouamé Martin, agent de santé de son état, retrace ici, l’histoire de la création de sa structure et exprime des attentes pour sa bonne marche, pour son extension à d’autres grandes villes du pays.

Pour les élèves qui ne connaissent rien au code de la route, la traversée de ces très larges artères constitue un véritable casse-tête. Des accidents le plus souvent mortels interviennent entre automobilistes eux-mêmes, entre automobilistes et motocyclistes, entre motocyclistes eux-mêmes mais aussi et surtout entre ces deux catégories d’usagers et des piétons dont malheureusement des écoliers et élèves se rendant ou revenant de l’école. Au grand bonheur de ces enfants et de la population, l’Ong Guide écoliers, au début de l’année scolaire 2017-2018, est apparue avec des volontaires, pour sécuriser les traversées de voies aux abords d’établissements scolaires primaires et à des carrefours jugés dangereux et répertoriés avec l’aide de la Préfecture de police locale et la Direction régionale (DR) des Transports. Le matin, à midi, à 14 h 30mn, et de 16 h à 17 h 30 mn, postés à ces endroits susmentionnés, les guides écoliers volontaires en gilets fluorescents, panneaux estampillés STOP en main, sifflets à la bouche, signalent aux usagers des voies de s’arrêter devant les passages pour piétons réalisés par l’Ong Guide écoliers, sécurisant ainsi la traversée des enfants et souvent d’adultes opportunistes.

Traumatisé par l’accident mortel d’une camarade de classe

Selon Kouamé Martin, l’idée de monter cette Ong est partie de son enfance. Son père n’étant plus là, il vivait avec sa mère, une commerçante qui, dès 5 h du matin, est déjà partie de la maison pour le marché. Sur son chemin de l’école, le petit Kouamé Martin suivait donc des cousins et cousines de la cour familiale pour traverser les rues.

Mais un jour, une fillette de son âge et de sa classe a été tuée par un automobiliste quand ils allaient à l’école d’Assabou devenue aujourd’hui Groupe scolaire N’gokro... Il a commencé à exécuter son projet en 2017-2018 avec un petit nombre de guides écoliers volontaires formés par la Préfecture de police de Yamoussoukro aux gestes de régulation de la circulation sur la voie publique. Aujourd’hui, le nombre de guides est bien au-delà de la soixantaine.

« Une fois mon projet ficelé, tous les documents administratifs déposés, j’ai lancé un appel par voie de radios de proximité locales tout en précisant qu’il s’agit de faire du volontariat dans cette phase expérimentale. Nous avons utilisé ce même canal de radios de proximité locales pour sensibiliser les usagers sur la présence de nos guides sur la voie publique pour aider les enfants à traverser. Les jeunes filles et garçons issus de certains quartiers notamment Morofé, 220, Assabou, Habitat se sont inscrits puis ont été formés par des agents de la Préfecture de police », a expliqué Kouamé Martin. Puis il a souligné que cette phase étant expérimentale, elle ne pouvait couvrir toute la ville de Yamoussoukro, voire s’attaquer à d’autres villes.


Sur fonds propres

« Notre mission est d’orienter, de guider, d’accompagner et de sécuriser des écoliers, voire des élèves du secondaire. Depuis 2015, j’ai monté le projet dont la phase d’exécution a démarré à la rentrée scolaire 2017-2018. Aujourd’hui, je ne suis pas loin de la centaine de guides écoliers volontaires », a relaté Kouamé Martin. Après Assabou, 220 et Habitat, l’Ong couvre une bonne partie de la ville de Yamoussoukro avec des agents aux abords des artères et carrefours jugés dangereux que traversent les écoliers pour se rendre à l’école, à la maison. « Des collégiens et lycéens mais aussi tous des piétons désirant traverser les rues et autres carrefours où nous officions en profitent... Pendant l’année d’expérimentation, nous avons demandé aux autorités de s’intéresser à cette activité », révèle M. Kouamé.

La population croyait que c’était l’œuvre du district autonome de Yamoussoukro ou de la mairie, voire de l’Office de la sécurité routière (OSER). « Pourtant il n’en était rien. J’ai décidé moi-même, avec mes propres moyens d’agent de santé, de porter secours aux écoliers. Il faut que cela soit clair dans l’esprit de tous. Car c’est l’œuvre d’un particulier qui a l’amour des enfants et qui a vécu un traumatisme lié à un accident où une enfant de son âge avait perdu la vie sous ses yeux. Et c’est sur fonds propres que je fonctionnais », a tenu à clarifier Kouamé Martin.

De 226 victimes dont 9 morts à 0 accidents

Durant la phase expérimentale, sa détermination a été renforcée par un rapport de la Préfecture de police révélant 226 écoliers et élèves victimes d’accidents de la circulation en traversant des carrefours et artères à grande circulation. Avec à la clef, 9 décès d’innocents enfants de 2015 à 2017. Mais qu’au cours de la rentrée 2017- 2018, la Préfecture de police de Yamoussoukro a déclaré n’avoir enregistré aucun cas d’accident impliquant un écolier ou un élève. « Cela a été une source de grande satisfaction pour moi », s’est félicité le président de l’Ong Guide écoliers.

Robert-Patrice ZOUHOU

Correspondant régional




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