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Politique

Commentaire. Législatives 2021- Jeunesse zouglou 2.0 vs vieille garde !

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Photo d'archive utilisée juste a titre d'illustration

La jeunesse ivoirienne est décidée à braver la vieille garde politique et à forcer son destin. Là où elle aurait, avant, observé un attentisme de bon aloi, sans aucune ambition, une partie de la jeunesse ivoirienne a décidé de monter à l’assaut de sièges de député. Comme le fait savoir Kissinger Sacko Oumar, candidat au parrainage du RHDP dans la circonscription de Cocody, « à 43 ans, on n’est plus jeune mais adulte ». L’ingénieur en informatique est bien décidé à se mettre dans la danse, même s’il n’est pas désigné. L’essentiel est de faire savoir à la direction de son parti qu’il est temps de passer la main à la nouvelle génération. Que ce soit Kissinger Sacko, Badara Konaté à Divo, Rebecca Yao à Botro, les 58 candidats à la candidature du RHDP à Bouaké, Touré Alpha Yaya à Gbon et Djall Konaté Khalifa à Séguéla sous-préfecture…qu’ils soient indépendants ou sous une chapelle politique, les « enfants » veulent pour une fois, être écoutés et compris par les anciens.

La classe politique ivoirienne ne s’est pas renouvelée depuis les indépendances à ce jour. Les animateurs sont tous de la génération de ceux que Félix Houphouët-Boigny a faits. Les rares « jeunes » qui ont tenté dans des localités de braver l’ordre établi ont été découragés sinon se sont retrouvés six pieds sous terre. La croyance est répandue que les barons de la politique locale ne se sont pas gênés pour les éliminer avec des fétiches. Par crainte de perdre leurs enfants, quoique brillants et promoteurs de belles idées novatrices pour le développement, les parents ont vite fait de les brider. Dans nos contrées, ces hauts cadres, quel que soit le parti politique, sont devenus des omnipotents. Ils font et défont les hommes à leur guise.

Cependant, avec les derniers événements vécus dans le pays, la contestation d’un nouveau mandat du chef de l’Etat par l’opposition, le refus de Guillaume Soro d’adhérer au RHDP sans que l’interpellation de certains de ses lieutenants ne le décourage, des jeunes ont pris leur courage pour aller à l’assaut du Graal. Sans demander un parrainage de la part d’un quelconque baron. Pourquoi devraient-ils le faire d’ailleurs ? La vieille classe politique est contestée. Elle est aux antipodes de la vision d’une jeunesse de la génération FESCI et Zouglou.

L’avenir qui appartient à la jeunesse ne saurait se dessiner véritablement sans une jeunesse conquérante, studieuse, entreprenante, qui apprend auprès des anciens. Or, ces derniers voient en l’invitation à se retirer de la scène qu’ils occupent pour certains depuis 20 ou 30 ans, sans impact réel sur le développement, comme une manière pour leurs jeunes remplaçants, de les mettre aux archives de l’Histoire.

Or, raisonnablement, à voir les dernières images du président de l’Assemblée nationale, Amadou Soumahoro, devrait-il être encore en poste, alors qu’il est visiblement affaibli par un mal pernicieux ? L’homme qui a traversé les périodes d’Houphouët-Boigny à Alassane Ouattara, en passant par l’adversité au PDCI-RDA qui a abouti à la création du RDR, devrait se mettre en vacance politique et être un Sage dans le « worodougou ». Fini le règne absolu de la gérontocratie et place au débat d’idées ! A ce jeu, les vieux sont dépassés par les événements, tant ils ne maîtrisent plus grand chose dans la planification du développement. Les enjeux ont changé avec la nouvelle manière de penser. Or beaucoup de vieux n’ont pas su adapter leur logiciel de réflexion.

Les électeurs sont aujourd’hui, en majorité des jeunes qui n’ont pas connu Félix Houphouët-Boigny. Ils utilisent les smartphones, dansent le zouglou, sont dans la contestation et adorent la FESCI de la revendication vraie. La quarantaine révolue, cette génération n’entend plus se contenter d’installer les bâches pour les meetings. Il n’y a qu’à voir le nombre de jeunes engagés dans la désobéissance civile lancée par l’opposition ivoirienne pour boycotter l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Instrumentalisé ou pas, il est évident que l’engagement de ces jeunes gens est un message de survie, d’espoir. Même si l’on estime que cet engagement sans raison n’en valait pas la peine, il y a à savoir que pour ces jeunes, l’espoir n’est pas avec Alassane Ouattara. « Quand on fait les concours de la Fonction publique, là où les enfants de pauvres peuvent participer à la compétition, ce sont les candidats issus du Nord qui sont admis » justifie un des manifestants du PDCI-RDA à Bocanda. C’est dire que pour ce jeune, quoique l’on puisse relativiser cette approche, son avenir ne se trouve pas avec le pouvoir actuel.

La contestation au sein même du pouvoir RHDP, n’est plus à démontrer, tant elle est palpable. La solidarité appelée de tous ses vœux par Alassane Ouattara, n’est qu’une illusion. Auprès des cadres du RHDP, de nouvelles amitiés, quand ce ne sont pas des personnes qui prient pour la chute du pouvoir. Face à cette réalité, la jeunesse du RHDP n’entend plus être spectatrice de son avenir. Ils ont nombreux qui iront en indépendants, comme Ousmane Touré, président fondateur de Hope Odienné qui rêve de faire mordre la poussière à un ponte du parti. « C’est un signal que nous voulons donner à nos aînés ; il faut que quelqu’un sorte la tête. Si on veut rester dans le parti, ils vont nous écraser, d’où l’intention de se présenter à cette élection en tant que candidat indépendant » justifie un de ces candidats indépendants, que nous avons rencontré.

La lutte sera âpre et des jeunes, qui mobilisent à partir des réseaux sociaux, méconnus des vieux, créeront des surprises. Le 6 mars, un séisme politique risque de secouer la Côte d’Ivoire.

Adam’s Régis Souaga






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