Après ceux de la présidentielle, les résultats provisoires des législatives du 22 novembre 2020 ont été proclamés par la CENI dans la nuit du samedi 28 novembre.
Sans grande surprise, c’est encore le MPP qui arrive en tête avec 56 sièges sur les 127 en compétition. Mais à la différence de la présidentielle, où il a obtenu la majorité absolue, le parti au pouvoir n’a pu en faire de même pour la députation puisqu’il lui fallait obtenir au moins 64 sièges.
Comme en 2015, il est donc contraint de nouer des alliances pour se tailler la majorité parlementaire, mais cette fois-ci, l’exercice sera moins difficile et moins douloureux que de par le passé : en effet, avec le NTD (13 sièges), le MBS (4 sièges), l’UNIR/PS (3 sièges) et le PDC (3 sièges) pour ne citer que ces membres de l’Alliance des partis de la majorité parlementaire (APMP) et sous réserve des résultats définitifs du Conseil constitutionnel, le MPP est parti pour rempiler au niveau du perchoir.
C’est dire donc que la majorité parlementaire sera facile à trouver et déjà, les regards sont tournés vers l’actuel président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé. Et à raison. En effet, arrivé à la tête du Parlement en 2017 après la disparition de Salifou Diallo, ABS, comme on l’appelle, a su combler le vide et relever le défi grâce à son entregent politique, mais aussi par ses multiples actions sur le terrain et par une campagne électorale qui a fait mouche. Nommé directeur provincial de campagne du Kadiogo, il est parvenu à battre le score du parti en 2015 en obtenant 4 sièges, soit 1 de plus, sur les 9 que compte la province.
Et en attendant donc l’installation de cette nouvelle assemblée, s’il fallait tirer à chaud des leçons de ces législatives qui viennent de s’écouler, ce serait d’abord la percée spectaculaire du NTD qui passe de 3 députés en 2015 à 13 en 2020. Une fulgurante ascension certes, mais pas si étonnante que cela, car ce parti de la mouvance présidentielle n’est autre qu’une excroissance stratégique du parti au pouvoir avec tout ce que cela comporte comme avantages en moyens et capital humain.
Cette législative aura aussi révélé une certaine forme de résilience de l’ancien parti au pouvoir, le CDP, qui passe de 18 sièges en 2015 à 20 en 2020. Un score qui le propulse à la tête de l’opposition, et qui provoque pour ainsi dire une alternance puisque l’UPC, qui en était le chef de file, n’a engrangé cette fois-ci que 12 sièges contre, tenez-vous bien, 33 en 2015. Une véritable contre-performance du Lion qui fait même craindre pour son avenir politique : on ne sait pas si son président, Zéphirin Diabré, qui a été élu sur la liste nationale va effectivement siéger, s’occuper plutôt à panser les blessures de son parti en vue de prochaines échéances électorales ou céder à la tentation de Venise comme certains le pensent en se retirant totalement de la politique. L’avenir nous le dira…
Comme on le voit, avec ce double scrutin présidentiel et législatif, on assiste à une reconfiguration du paysage politique et, comme disent les Ivoiriens, « on sait maintenant qui est qui et qui fait quoi », jusqu’à ce que les rapports de force évoluent lors des prochains rendez-vous électoraux.
La Rédaction
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