Alors que l’on croyait le monstre touché mortellement au flanc, la secte islamique Boko Haram dont les incursions dans le Bassin du lac Tchad ont provoqué la mort de plus de 36 000 personnes et contraint à l’exil plus de 2,6 millions d’autres, reprend du poil de la bête. En effet, c’est par une véritable orgie sanglante que les fous d’Allah se sont signalés le week-end dernier en tronçonnant une quarantaine de fermiers qui travaillaient dans leurs champs respectifs dans le Nord-Est du Nigéria. Le comble de la bêtise humaine, est-on tenté de s’exclamer. Du reste, la question que l’on peut se poser est de savoir pourquoi les armées nigériane, camerounaise, nigérienne et tchadienne en lutte contre cette hydre, n’arrivent pas à lui donner l’estocade. Comme facteur explicatif conjoncturel, l’on peut avancer le déclin de l’EI en Irak et en Syrie dont les conséquences redoutées sont, entre autres, l’afflux des combattants dans certaines régions au Sud du Sahara. Il n’est pas exclu que Boko Haram qui a été durement éprouvé ces derniers temps par la forcce multinationale mixte, ait pu bénéficier de renforts à même de lui donner un nouveau souffle. A cela, il faut sans doute ajouter les dissensions internes entre armées agissant sur le même théâtre d’opération, que les spadassins de Shekau ne ratent pas l’occasion d’exploiter. Mais comme l’on peut s’en douter, au-delà de ces causes conjoncturelles liées à l’environnement international, la résilience de la secte islamiste obéit à des motifs beaucoup plus structurels. Cela dit, il faut ajouter la fracture socio-économique entre le Nord et le Sud du pays. Il en résulte une évidente complicité entre populations et djihadistes, que l’armée nigériane, minée par la corruption, ne parvient pas à détricoter.
Il est temps que la bête montre des signes d’essoufflement
L’autre interrogation majeure que l’on peut se faire sur cette guerre est celle de savoir si les pouvoirs politiques dans les Etats riverains du lac Tchad ne tirent pas profit eux-mêmes de l’enlisement du conflit. La question peut paraître incongrue mais pas saugrenue, quand on sait que le président tchadien, Idriss Deby Itno, a usé de cet argument pour se poser comme homme indispensable pour la sécurité de la région et même de celle des Occidentaux. Il est aussi à peu près certain que le pouvoir nigérian masque son incapacité à relancer l’économie du pays durement fouettée par la crise, derrière cette guerre qui n’en finit pas. De ce qui précède, l’on comprend alors aisément pourquoi l’armée nigériane qui a fait ses preuves dans le cadre de la force d’intervention ouest-africaine au Libéria à travers l’ECOMOG, peine à arracher le trophée de la victoire sur un terrain qui, en plus, est le sien. Au total donc, force est aujourd’hui d’admettre, au regard de la situation sur le terrain, qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit et qu’il est maintenant temps que la bête montre des signes d’essoufflement malgré les ruades encore mortelles dont elle se montre capable, d’aller au dialogue et aux solutions socio-économiques et culturelles. Car, une chose est d’arracher les jeunes des griffes de la guerre et de l’obscurantisme, une autre est de réussir leur intégration dans la vie socio-économique de la Nation.
« Le Pays »
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d'Ivoire - Désordre urbain : Hien Sié fait raser les garages sauvages au bord la nouvelle voie Y4
-
UEMOA. « Une croissance économique qui reste très forte » (Abdoulaye Diop)
-
Côte d’Ivoire. Environnement :un comité d’experts pour identifier et protéger les zones riches en biodiversité
-
Côte d'Ivoire - Partis politiques : le RHDP aux côtés du PDCI « un signe de décrispation » (Tidjane Thiam)
-
Côte d'Ivoire. « L’ instabilité du réseau électrique freine l'attractivité industrielle » (Diabaté Gabriel Djibril)
-
Côte d’Ivoire. Les drones : la révolution technologique qui transforme le monde
-
Côte d’Ivoire. Culture : le mois des grands événements
-
Côte d'Ivoire. Coton-Anacarde-Karité . Jérôme Kouassi Ehui, nouveau président du Conseil d’administration
-
Côte d’Ivoire. “ Mettre les femmes au centre du développement durable… ” (Bleta Cela, PNUD)
-
Renaissance africaine
-
Côte d’Ivoire. Dominique Ouattara reçoit Elvis Gouza, prix Ebony 2025
-
L’Enquête du jeudi . Immersion dans la Réalité augmentée (R.A.) : quand le numérique change notre façon de voir le monde
-
Côte d’Ivoire - Justice. Sansan Kambilé relance un dossier d'appel enterré depuis 7 ans
-
Côte d’Ivoire. Virus de la mosaïque : les boutures de manioc de l’Ouest sous embargo
-
Côte d’Ivoire. Accident : trois personnes tuées sur l’autoroute du Nord
-
"Individu dangereux", "folie"... Des voix s'élèvent contre Donald Trump
-
Abidjan, entre rackets policiers et ordures
-
Côte d’Ivoire. Sur les chantiers de la Riviera : (2/2) La dernière livraison en janvier prochain (Reportage)
-
Côte d’Ivoire. Orpaillage clandestin :: sous le lit, 417 flacons de mercure
-
Côte d’Ivoire. Sur les chantiers de la Riviera : (1/2)- Bientôt deux échangeurs livrés (Reportage)
-
Tourisme : le site des singes sacrés de Gbetitapia réaménagé
-
Félix Tshisekedi décide d’ériger la cité de Nkamba en Ville Sainte
-
Concours « Je dessine ma Côte d’Ivoire » : Aux États-Unis, les enfants les plus talentueux récompensés
-
Côte d'Ivoire. Gastronomie africaine et produits du terroir à l'honneur
-
Pour Pâques, Léon XVI appelle à la paix : "Que ceux qui ont des armes en main les déposent"
-
Côte d’Ivoire. Pâques à Bonoua : recueillement et repas partagés, en attendant le Popo Carnaval
-
Côte d’Ivoire. Pâques autour des marmites
-
Côte d’Ivoire. Pâques : un jour ordinaire – ou presque…
-
Côte d’Ivoire. Un mort et plusieurs blessés après la sortie de route d’un car de transport
-
Reportage. Fêter, à tout prix, Paquinou en famille
-





