La météo politique en République de Côte d’Ivoire annonce de fortes turbulences pour le week-end prochain avec l’appel à manifester de l’opposition pour barrer la route au 3e mandat du président Alassane Dramane Ouattara (ADO). Cet orage annoncé prouve, si besoin en est, que les acteurs politiques ivoiriens ont écouté les missi dominici de la communauté internationale venus prêcher pour des élections apaisées, sans vraiment les entendre. Après le sermon des apôtres de la paix, les protagonistes de la scène politique ivoirienne sont donc repartis, chacun de son côté, continuer à fourbir ses armes pour en découdre avec le camp adverse. Pendant qu’en effet, l’opposition table encore sur sa position, à la limite maximaliste, c’est-à-dire empêcher par tous les moyens, le scrutin du 31 octobre prochain, le camp du président Ouattara refuse de tendre la main à ses détracteurs et maintient ses mesures répressives pour quiconque viendrait à braver l’interdiction de manifester décrétée au lendemain des violences qui ont endeuillé le pays, à l’annonce de la candidature du président sortant à sa propre succession. Cette cristallisation des positions est, pour le moins que l’on puisse dire, lourde de tous les dangers pour un pays connu pour ses éruptions meurtrières liées à la politique et ses crises électorales apocalyptiques. Mais faut-il pour autant redouter le pire ? Même si ce scénario n’est pas à exclure, l’on peut se poser la question suivante : de quels moyens dispose, véritablement, l’opposition pour mettre à exécution les menaces qu’elle ne cesse de proférer ?
Il faut donc craindre le tonnerre et la foudre
Il n’est pas certain, en effet, que les Ivoiriens, échaudés par les précédentes crises politiques dont on n’a pas encore fini de panser toutes les blessures, soient encore prêts à servir de chair à canon pour les hommes politiques. Pour preuve, le mot d’ordre de désobéissance civile décrétée par les leaders de l’opposition, peine à prendre forme. Et pendant que les opposants se perdent en conjectures de toutes natures, ADO, lui, semble prendre chaque jour un peu plus d’avance sur ses concurrents. Multipliant les sorties sur le terrain et les gestes de bonne volonté comme la récente augmentation du prix d’achat du cacao ou la réalisation d’infrastructures au bénéfice des populations, le candidat-président accroît sa cote de sympathie face à une opposition qui semble en panne de stratégie de lutte et de propositions concrètes. Il faut donc craindre que cette opposition, à force de gesticulations, ne vienne à perdre de vue l’essentiel qu’est la campagne où l’occasion lui est offerte de défendre ses projets de société devant les électeurs. Cela dit, ADO aurait tort de croire, comme il l’affiche par sa sérénité, que devant « il n’y a rien, c’est maïs seulement » comme le disait le plus redoutable de ses adversaires politiques, l’ex-président Laurent Gbagbo. Jamais, de mémoire d’homme, aucun président n’a quitté de lui-même le pouvoir en Côte d’Ivoire, après la mort du père fondateur de la Nation, Félix Houphouët Boigny. ADO aurait tort de penser que cela n’arrive qu’aux autres. Et puis, le tout n’est pas de gagner les élections, encore faut-il pouvoir gouverner et surtout faire mieux que lors des mandats précédents. Or, tout laisse croire que l’après-élection ne sera pas de tout repos quand on connaît l’âge du président ADO et la fougue de certains de ses opposants qui appartiennent à une autre génération. Le ciel ivoirien se charge donc lentement mais sûrement d’électricité. Il faut donc craindre le tonnerre et la foudre.
Saho
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Publié le :
10 octobre 2020Par:
Tamboura Mamoudou Burkina Faso