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Politique

Commentaire.Côte d'Ivoire. Tourner le dos à une politique source de maladies chroniques

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Et rebelote ! 2020, tant attendue est là, dans son tournant décisif pour les Ivoiriens qui iront aux urnes le 31 octobre, si l’on s’en tient au chronogramme établi par la Commission électorale indépendante (CEI), mais qui ne serait pas du goût de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro. L’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, depuis la France, s’est exprimé après l’arrêt en premier et dernier ressort du Conseil constitutionnel. Il maintient sa candidature mais annonce que les élections n’auront pas lieu à la date indiquée. Il faut savoir lire entre les lignes pour décoder le message. Comment peut-on être candidat à une élection qui ne se tiendra pas ? Bien malin qui pourra répondre.

Et, dans la foulée, se tient une réunion de l’opposition, à Abidjan, présidée par le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié. Qui l’eût cru ? Le PDCI-RDA, dont l’histoire est liée à celle de la Côte d’Ivoire moderne, de la lutte coloniale à l’indépendance, à la construction du pays jusqu’au coup d’Etat du 24 décembre 1999, se retrouve à lutter pour se faire une place dans une opposition hétéroclite. Les animateurs, eux, ont évidemment des ambitions disparates et une vision non coordonnée de la gestion de l’Etat. Il y a de tout, des revanchards et pleurnichards, sans oublier les guerriers.

Après neuf ans d’accalmie, voici le pays au bord de l’apoplexie. Les nerfs sont à vif et les fraternités se sont distendues. Tout est à la politique du Tout sauf Ouattara, alors qu'il est peu question des programmes de gouvernance qui tiennent compte des aspirations des Ivoiriens.

La réconciliation nationale est mise en avant comme pierre angulaire du programme de gouvernement, comme si c’est un processus statique et non dynamique. Tous les jours, les chefs de village sont à la manœuvre pour réconcilier des familles. Donc, rien de nouveau sous le soleil.

Un sage sénoufo a dit : « Ceux qui vous parleront ne savent pas, et ceux qui savent ne vous parleront pas », rapportant la réponse des maîtres du Poro au grand professeur, anthropologue et drummologue, Niangoran Bouah dans sa quête d’information pour écrire sur l’école de vie sénoufo que constitue cette phase initiatique. Appliquée à la politique ivoirienne, on se rend compte que beaucoup parlent mais très peu savent décortiquer les codes, les silences et les sorties fracassantes.

On fait le procès de Soro, on s’érige en avocat de Ouattara mais, sait-on ce que les deux hommes se disent, loin de nos jérémiades et envolées qui servent surtout à nous faire voir ?

Depuis les coups bas, suite à la mort de Félix Houphouët-Boigny, pour accaparer le pouvoir d’Etat, la Côte d’Ivoire n’a pas eu de quiétude. Tous les cinq ans, nous renvoyons avec le cycle d’angoisse dont les points culminants auront été la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 et la grave crise postélectorale de 2010-2011. Des personnes bien portantes ont eu des maladies métaboliques chroniques par l’effet de ces crises. Accident vasculaire cérébral, hypertension artérielle, développement de maladies bizarres liées au stress sont le lot de certains Ivoiriens. La cause : la politique. Ne peut-on pas faire la politique en pensant à ceux que l’on voudrait diriger ? Que nenni !

Seules comptent les ambitions démesurées qui plongent la Côte d’Ivoire dans un tourbillon infernal de peur, de crise, d’angoisse. Il nous faut courageusement sortir de ce trou noir qui semble sans fond et sans fin pour faire corps avec la lumière de la Vérité. Atteindre celle-ci demande inéluctablement de passer par le Pardon, le vrai, le repentir des uns envers les autres, la reconnaissance des mauvais actes et décisions, afin de libérer nos esprits étouffés par la crainte de ne pas être pardonn, ainsi que la recherche du bien-être collectif. Comment Houphouët-Boigny a-t-il fait pour concilier 60 ethnies sur ce petit périmètre appelé Côte d’Ivoire avec les forces et faiblesses de chaque groupe ethnique ? En cultivant l’Amour de son Peuple sans lequel le grand capitaine qu’il était n'était rien. Tout est donc au Peuple et il faut avoir une pensée pour ces pères et mères de famille, jeunes débrouillards dont le gain journalier ne repose que sur un travail, souvent précaire, qui lui-même, existe parce que la paix est de mise. La seule chose que les Ivoiriens, dans leur ensemble attendent de la classe politique, est la paix même si elle ne parvient pas à lui procurer le bien-être. Car, pour certains parmi nos politiciens, le gain personnel est l’objectif immédiat. D’où la colère de l’orgueil fouetté qui conduit à la dangereuse glissade vers les abîmes de l’incertitude vers lesquels nos politiques veulent forcément entraîner ce beau pays ! Dieu puisse les fouetter !

Adam’s Régis Souaga




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