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Politique

L'Editorial de Venance Konan: Panne de vision

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Que dire de quelqu’un qui va déposer un dossier de candidature à la Présidence de la République sans remplir une seule des conditions exigées pour poser un tel acte ? Que dire d’une candidature qui est déposée par un tiers, sans que le concerné ne soit au courant ? En tout état de cause, nous saurons dans quelques jours qui concourra réellement pour être notre Président pour les cinq ans à venir.

Mais, en attendant, pourquoi ces personnes-là veulent-elles nous diriger ? Quel projet nous proposent-elles pour que nous leur donnions nos suffrages ? Quelle vision ont-elles pour notre pays ? Très étonnamment, c’est silence radio dans les rangs de tous ces aspirants candidats. Le Président sortant, qui est aussi candidat, pourrait se targuer d’être déjà à l’œuvre et aspire à poursuivre ce qu’il est en train de faire. Et les autres ? Apparemment, leur projet principal pour le moment est de connaître la vision de M. Emmanuel Macron, le Président de la France. Ainsi, trois de nos opposants lui ont écrit des lettres ouvertes ou fermées pour qu’il se prononce sur la candidature du Président sortant. Pourquoi attendent-ils la position de M. Macron ? Parce que nous sommes encore dans la posture du colonisé. Même lorsque l’on se proclame opposant, panafricaniste, lumumbiste, et que l’on accuse son adversaire d’avoir été installé au pouvoir par la France et d’être de ce fait à sa solde, c’est néanmoins la parole du chef de l’ancienne puissance coloniale qui compte. Qu’est-ce que le FPI, qui se dit combattant pour la libération de l’Afrique, a à attendre la vision du Président français sur notre élection ? Qu’est-ce que Messieurs Henri Konan Bédié et Guillaume Soro ont à attendre de la position de M. Macron sur notre élection ? Je suppose qu’ils attendent qu’il condamne la candidature de M. Ouattara ; auquel cas, il deviendrait momentanément leur héros. Et si ce n’est pas le cas ? Et s’il se prononçait clairement pour soutenir cette candidature ? Là, je suppose que les mêmes parleraient d’intolérable ingérence, de néocolonialisme, de françafrique, et on rééditerait peut-être le film « à chacun son Français ». Ils savent pourtant tous que la seule institution habilitée à se prononcer sur les candidatures à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire est le Conseil constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire.


Je crois que si nous voulons être pris au sérieux, nous devons nous-mêmes nous comporter comme des gens sérieux. Depuis quelques jours, le débat qui agite notre opposition est de savoir le sens à donner à la rencontre entre le Président Ouattara et son homologue français. La question est de savoir pourquoi il n’y a pas eu de tapis rouge, pourquoi M. Macron n’a pas raccompagné M. Ouattara jusqu’à sa voiture, pourquoi il n’a pas fait de déclaration, pourquoi il ne lui a pas fait de bise... Certains qui se trouvaient à des milliers de kilomètres de l’Élysée nous « livrent » le contenu des entretiens entre les deux Chefs d’État, et il se trouve des gogos pour y croire et faire circuler cela sur les réseaux sociaux. Est-ce que ce monde est sérieux ?


Tout cela nous donne une idée de la stratégie de l’opposition à M. Ouattara. A défaut de pouvoir faire des propositions concrètes aux Ivoiriens, il s’agit pour elle de chercher à discréditer autant que possible l’adversaire et de détruire les effets de tout ce qui pourrait être considéré comme une victoire, même diplomatique, pour lui. L’idéal pour les opposants à M. Ouattara aurait été que M. Macron condamne sa candidature. A défaut, qu’il ne le reçoive pas du tout. Mais non seulement il le reçoit, mais il déjeune en plus avec lui. Ce qui, en langage diplomatique, est très clair. Cela est insupportable pour les adversaires qui s’accrochent alors à des détails comme l’absence de tapis rouge, de déclaration, de bise, le temps passé ensemble qui serait plus court que d’habitude, bref, tout ce qu’il faut pour embrouiller le petit peuple.


Pendant ce temps, les électeurs ivoiriens ignorent ce que Messieurs Henri Konan Bédié, Affi Nguessan, Toikeusse Mabri, Mamadou Koulibaly, Marcel Amon-Tanoh et tous les autres ont comme propositions pour l’école ivoirienne, la santé des Ivoiriens, la perte des valeurs, la déforestation, l’industrialisation, la lutte contre le terrorisme, etc. A l’évidence, certains de ces candidats, notamment MM Bédié, Toikeusse, et Amon-Tanoh auront du mal à critiquer le bilan du pouvoir actuel, puisqu’ils en étaient partie prenante jusqu’à une date très récente, et que leur opposition vient seulement du fait qu’ils n’ont pas été choisis pour perpétuer l’œuvre de ce pouvoir. Alors, certains se sont rabattus sur le thème fourre-tout de « réconciliation ». Concrètement, qu’est-ce que cela signifie d’être le candidat pour la réconciliation ? Je crois pour ma part que ce que les Ivoiriens attendent de ceux qui veulent les gouverner, ce sont des ambitieuses visions, de vrais projets de société, de vrais programmes, qui les feraient rêver à nouveau.


Venance Konan




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