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Sport

Regards croisés: Il faut qu'on en finisse avec cette " fififerie" et " Fifaferie"

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Au nom des textes

Combien ne fumes-nous pas surpris du rejet de la candidature de l'icône du football ivoirien, Didier Drogba ? Des milliers, sans aucun doute, tant la nouvelle donnée la semaine dernière avait de quoi surprendre plus d'un. Cela va de soi. Car, comment peut-on comprendre que cet homme-là, cette star mondiale, un des sûrs " produits d'exportation mondiale" de la Côte d’Ivoire, qui a su se faire vendre sur les grands marchés mondiaux où l'on parle de football ; su faire aussi chanter le drapeau national aux quatre coins du monde sur des stades, ne puissent pas être de/ dans la course à l'issue de laquelle sera choisi, par élection, le nouveau président de la fédération ivoirienne de football, de son pays ? Difficile d'y croire et de se résoudre à admettre le verdict de la commission. En attendant ce qu'en décidera, une bonne fois pour toutes, la FIFA devenue une « qui vite intervient ».

Le sujet passionne et les jugements contradictoires, antagonistes mêmes, difficilement réconciliables. Les uns disent: pour la paix, le football étant facteur de paix, dans ce pays qui recherche la paix qu'elle a perdue à force de ruser avec tout, il faut laisser de côté ce que disent les textes ; c'est à dire, les mettre au vestiaire et faire entrer sur le terrain de la course un des sujets concernés par le verdict. D'autant qu'il reste un incontournable pion du football, capable de le booster au plan national, voire mondiale; lui, si riche de ses solides relations au plan mondial dans cette discipline. Le jugement tient la route, mais nous sommes dans l'ordre de l'émotion. Les autres, des membres de la commission, cramponnés aux textes, disent : les textes, rien que les textes. Et que disent les textes? Qu’il " échet, des lors, de déclarer irrecevables les dossiers de candidature de Kouadio Koffi Paul et Drogba Tebily Didier Yves », car ne remplissant pas toutes les conditions.

Face à ces deux positions irréconciliables, je milite en faveur de la seconde: l'application des textes. Si toutefois, ils sont exécutés dans l'esprit et la lettre des textes qui gouvernent la fédération ivoirienne de football, sans tricherie, sans manipulation des consciences. Il faut qu'on en finisse, une bonne fois pour toutes sous nos Tropiques, avec les petits arrangements qui ne servent pas du tout ce que l’on veut défendre, en appliquant, dans leur froideur, les textes. Encore une fois, je le répète: si le travail de la commission s'est fait dans le respect des textes, pourquoi devait-on mettre aux vestiaires les textes, pour personnaliser le débat ? Le quatrième candidat recalé, Kouadio Koffi Paul, méconnu, noyé dans son anonymat, est-il moins membre de la société ivoirienne à la recherche de la paix ? Même pas. Il n'a pas le même statut que Didier Drogba, c'est évident, mais il est, au même titre que lui, malgré son impécuniosité - il n'a pas pu réunir la caution de 5 millions. Lui aussi ? -, ivoirien et candidat. On ne saurait faire, d'un poids, deux mesures.

Il faut qu'on en finisse, une bonne fois pour toutes, avec cette " fififerie" et " Fifaferie" (excusez ces barbarismes). Car, au-delà du football, c'est la question générale de nos rapports aux textes que l'on se donne et que l’on foule aux pieds le plus souvent. Si les textes, impersonnels, dans leur rigueur disent qu'untel est éliminé, pourquoi devait on pinailler à n'en point finir? Maintenant, si ces textes souffrent d'un seul déficit de clarté, alors, il faut dénoncer cela et ramener chaque protagoniste dans ses droits. Loin des passions qui aveuglent le plus souvent. Ce petit feuilleton à rebondissements pour un sport qui ne nous a donné que deux coupes d'Afrique - pas du monde – commence à empoisonner le climat social déjà pas sain.

Quand une chose sature le climat social, le politique, chez nous, où c’est l’Etat qui fait tout, doit s’immiscer dans ce panier à palabres. Pour y mettre de l’ordre. Afin que le droit soit dit. Rien que le droit. Á défaut, il pourrait, par exemple, créer une sorte d’union sacrée rassemblant tous les protagonistes. Cela demandera aussi que chacun taise son égo, pour voir ce qu’il y a plus important que leurs personnes : l'intérêt du football ivoirien, qu'ils veulent tous développer. Chacun d'eux a les armes nécessaires, pour sauver le sport-roi ivoirien. L’un, son aura, son expérience du monde professionnel en tant que joueur, ses relations dans cette discipline; les autres, leurs connaissances du football local, avec ses réalités, loin de celles dans lesquelles a baigné le premier. Il y en a qui croit que, par magie, si un tel est président, il opérerait tous les miracles pour le bien du football Ivoirien. Le rêve fait vivre, car est bel et bien mort le temps des messies!

Je rêve, moi, de cette union sacrée. Cela dépendra alors, qu'ensemble, loin des passions qui nuisent au football ivoirien, soient mis entre parenthèse les égos, les rancœurs des uns envers les autres. Il faut mettre fin à ce match inamical, qui ne sert pas le football ivoirien. C'est à nous fatiguer, avec cette histoire d’élection de président de ballon rond où l’on veut mettre aux vestiaires les textes. Ca ne tourne vraiment pas rond, le ballon chez nous !

Michel Koffi






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