Le plus grand boxeur de tous les temps n’aime pas la guerre. Connu pour son goût du spectacle, son sens de la provocation, son hyper présence médiatique et ses prises de positions religieuses et politiques, Cassius Clay (un nom d’esclave à l’origine), devenu Mohamed Ali, a refusé de servir l’armée américaine au Vietnam.
Cette guerre qui ne dit pas son nom aux Etats-Unis, un peu comme la guerre d’Algérie en France, prend ses racines dès 1955. Les Américains sont en Indochine, comme les Français jusqu’en 1954, pour contrer les offensives communistes en Asie où de nombreux pays ont acquis leur indépendance. Les USA vont s’enliser dans le bourbier vietnamien pendant presque vingt ans avant de perdre la face en 1975. Ce conflit va faire plus de deux millions de morts entre le Sud Vietnam, soutenu par les Etats-Unis, et le Nord communiste soutenu par la Chine et l’Union Soviétique. De 1964 à 1975 , les Américains perdent 57000 boys. En Amérique, cette guerre, d’abord contrôlée par les militaires et le pouvoir sous Kennedy, devient très impopulaire sous la présidence de Lyndon Johnson, avec une médiatisation croissante. Plusieurs opérations au napalm relatées par la presse américaine, accentuent un sentiment de révolte chez les citoyens américains. La montée, en parallèle, du Black Power, incarné par le parcours de Malcom X, rend la présence de l’armée US en Asie très controversée.
Privé de son titre mondial
C’est dans ce contexte que Mohamed Ali va d’abord devenir musulman, puis objecteur de conscience en 1966. Il refuse de servir l’armée de son pays alors qu’il est champion du monde des poids lourds après son triomphe contre Sonny Liston deux ans plus tôt. Apres avoir été champion olympique des mi-lourds aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, à l’âge de 18 ans, celui qui "vole comme un papillon et pique comme une abeille" domine sa catégorie comme Joe Louis ou Rocky Marciano avant lui. Mais The Greatest ne veut pas aller combattre au Vietnam : "Aucun vietcong ne m’a jamais traité de nègre", lance-t-il lorsqu’on lui reproche son attitude. Le 28 avril 1967, il refuse son incorporation dans un centre de recrutement. Le 8 mai, il passe en justice, écope de 10 000 dollars d’amende et de 5 ans de prison. Il perd sa licence de boxeur et son titre mondial... A 25 ans, privé de ring, cerné par des problèmes financiers, Ali se bat pour une cause qu’il considère comme juste. Apres quatre ans sans combattre où la prison lui a été épargnée pour ne pas en faire un martyre, son appel est reçu à la Cour Suprême américaine en 1971.
Ali, une légende...
A 29 ans, Mohamed Ali reprend enfin sa course vers un destin historique unique. Il deviendra le premier triple champion du monde des poids lourds notamment en battant le redoutable Joe Frazier en 1974. Puis, il se convertit à l’islam sunnite en 75 avant d’être atteint de la maladie de Parkinson dès 1984. Sa maladie, le monde entier la découvrira lors de la cérémonie d’ouverture des JO d’Atlanta, quand il devient le dernier porteur de la flamme olympique avant l’allumage de la vasque des Jeux de 1996. Ali est alors tout le symbole d’une Amérique en paix avec son passé. En 2005, il recevra même la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile en Amérique pour "son engagement en faveur du mouvement américain contre la ségrégation et pour l’émancipation culturelle des Noirs." Ali, une légende bien au delà du sport...
Alain Vernon
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d'Ivoire. Femmes et enfants : L’Ambassadeur de l’UE échange avec Dominique Ouattara
-
Côte d'Ivoire. Condoléances du couple présidentiel à la famille Billon
-
Avant son concert à Abidjan, Charlotte Dipanda reçue en audience par la Première Dame
-
L’enquête du jeudi. Côte d'Ivoire. « Nouveau marché » d’Abobo : Silence autour d’un grand chantier abandonné
-
Côte d’Ivoire. La mairie de Tafiré part en fumée à 2 heures du matin
-
Les FARDC et la MONUSCO renforcent leur collaboration pour protéger les civils à Mambasa
-
Côte d’Ivoire. Un accord clé conclu au Maroc pour la modernisation de l’agriculture
-
Côte d'Ivoire. Des propositions de Bruno Koné pour mieux couvrir les besoins en viande
-
En vue de réduire les impacts négatifs des pluies, l’État mobilise de grands moyens (Ahou Konan)
-
Bruno Koné à l’école du Maroc pour l’amélioration des revenus des producteurs
-
Côte d’Ivoire. Justice : 16 nouvelles juridictions délivrent le certificat de nationalité en ligne
-
Un nouvel “arsenal de la démocratie”: face à la pénurie de munitions, la Maison-Blanche sollicite le secteur automobile
-
Tiken Jah Fakoly : « C'est le meilleur MASA de tous les MASA »
-
Arts du Spectacle : Le MASA boucle avec 800 promesses de contrats
-
Côte d'Ivoire : Partage d'expériences à Washington ,DC avec de hauts dirigeants du FMI et de la Banque mondiale
-
Côte d'Ivoire. Protection sociale : une assurance retraite pour les producteurs agricoles
-
«C’est un soulagement pour moi, descendant d’une famille d’armateurs négriers nantais, de pouvoir présenter mes excuses»
-
Chronique du MASA 2026- Les Fables du Baobab : la Fontaine revisitée par l'Afrique
-
Un moment de bascule . « Catholicisme, islam, pentecôtisme : l’Afrique au cœur du basculement religieux »
-
Agroalimentaire : Les 5 priorités de la Côte d’Ivoire
-
Coopération. Un accord pour « transformer le système alimentaire en Côte d'Ivoire » (Dr Siméon Ehui, D.G. IITA)
-
Chroniques du MASA. Shinohe (Japon) : 45 mn de danse et mime
-
France - Légion d'honneur : Dominique Ouattara devient membre d’honneur
-
Côte d’Ivoire – États-Unis : un deuxième accord Compact signé pour transformer le secteur de l’énergie
-
Cybercriminalité. Le jeune ingénieur rattrapé à son retour de France par son passé de brouteur
-
Côte d'Ivoire. Six produits vivriers sur la table du ministre Comoé
-
Coopération- La Côte d’Ivoire signe un partenariat stratégique avec le groupe privé américain ABD Group
-
Chroniques du MASA- Deux scènes, une même blessure
-
Chronique du MASA2026- Financement des arts du spectacle africain : des milliards disponibles, des projets trop petits
-
L’enquête du jeudi. Art et numérique : (2)- « Notre musique est partout mais nos poches sont vides » (chanteur de coupé-décalé)
-






Publié le :
28 août 2020Par:
Leothiers Mackan