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Politique

Point de vue : comment éviter un autre 18 juin ?

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District d’Abidjan : série d’inondations après de fortes pluie

La Côte d’Ivoire enregistre depuis quelques années maintenant, à chacune des saisons pluvieuses, des précipitations intenses, dans plusieurs de ces villes, occasionnant toujours de multiples catastrophes. Ce sont notamment des inondations, des éboulements de terrains, régulièrement assortis de pertes en vies humaines, dont les 17 personnes ensevelies le 18 juin dernier sous les coulées de boue à Anyama. Ainsi que d’énormes destructions d’habitations et divers autres biens des populations. Et ce sont généralement, les villes situées sur le littoral avec en prime Abidjan, Grand Bassam, Grand Lahou, qui subissent les affres de ces pluies torrentielles, donnant chaque année un peu plus de frayeurs encore à leurs habitants, tout comme au reste des Ivoiriens.

Si l’année dernière, la ville de Bassam a ému toute la Côte d’Ivoire, par les grandes inondations qui l’ont frappée en transformant brusquement plusieurs familles, en de véritables sans abris, cette année, c’est assurément au tour de la grande métropole abidjanaise et sa banlieue de prendre le relais, avec tout ce qu’il nous a été donné de voir. Surtout les inoubliables journées du 18 et du 25 juin, durant lesquelles la ville a enregistré plus de 1500 mm cubes d’eau, entraînant inondations ici et là, des décès, destructions d’habitations, ainsi que plusieurs dégâts matériels.

En réalité, rien de tout cela n’est à la fois nouveau et surprenant. Tant il est vrai que chaque année, ces catastrophes reviennent, prenant toujours un peu plus de l’ampleur. Et ce, en dépit des gros investissements effectués pour la réalisation des infrastructures d’assainissement, dans la noble optique de les arrêter, ou à défaut d’amoindrir considérablement leurs effets néfastes. Ou bien celles-ci ne suffisent toujours pas, ou bien il faut que d’autres solutions soient préconisées.


Le mardi 30 juin, à l’issue d’un Conseil des ministres extraordinaire, le Chef de l’Etat a ordonné la destruction de toutes les constructions d’habitation notamment, réalisées sur les infrastructures et voies d’écoulement des eaux de ruissellement. Empêchant par ce fait même ces eaux, d’être drainées sans obstructions majeures, vers les différents systèmes lagunaires de la ville. Opération de démolissement, entreprise dans des quartiers huppés qui n’est pas un fait nouveau non plus. Aussi, la question est –elle de savoir si, cela suffira pour résoudre le problème des inondations ? Et partant, de leurs multiples conséquences, devant lesquelles on s’émeut chaque fois qu’elles se produisent. D’autant plus qu’une multitude de quartiers mal famés ou encore dits précaires, ont eu le temps de pousser comme des champignons, au fil des ans et surtout à la connaissance des pouvoirs publics, sur plusieurs sites non constructibles, à travers la ville d’Abidjan. Ce qui rend bien souvent mal aisé et délicat, leur destruction systématique. Etant donné qu’après tout c’est bien cette même puissance publique qui les a laissés croître.

Ces quartiers sont pourtant eux aussi, l’expression manifeste de l’expansion démographique et urbanistique de la capitale économique. Mais qui ne semble pas être toujours prise en compte, lorsqu’il s’agit de concevoir les politiques et autres stratégies de promotion d’habitas sociaux au profit des plus démunis, dont ces quartiers sont pourtant de véritables réceptacles. Ils représentent assurément à ce jour, le cadre de vie de nombreuses familles, constituant de potentielles victimes des prochaines inondations, que leurs présences en ces lieux, provoqueront à coup sûr, au cours des prochaines intempéries. En d’autres termes, il à craindre à Anyama, Yopougon, Abobo …. d’autres journées macabres, comme celle vécue le 18 juin dernier dans la capitale ivoirienne de la Cola.

Mais, tous aspirent à un recasement, qui a du reste été promis à certains depuis, comme cela a été déjà fait au profit des habitants de l’ex quartiers dénommé « Washington », en les réinstallant, à Biabou, sur la route d’Alépé.

C’est que la volonté politique de le faire tarde à prendre véritablement forme. Or les dix communes d’Abidjan sont saturées, par rapport à la disponibilité des nouveaux sites d’habitations. La ville ne grandi plus à travers ses banlieues que sont Bingerville, Grand Bassam, Anyama comme ce fut pendant plusieurs années le cas. Aujourd’hui sa zone d’extension s’étend en direction de la sous- préfecture de Songon, où fleurissent de nouvelles opérations immobilières, à une allure telle que sous peu, l’on parlera de saturation dans cette nouvelle zone d’extension de la mégalopole abidjanaise. Quel sera alors le sort des habitants des quartiers précaires, si l’on devait se résoudre à les faire s’en aller de leurs sites actuels ? Question pertinente qui ne manque pas, de toujours embarrasser les décideurs politiques. Pourtant, il faut bien que quelque chose soit fait. Si l’on ne veut pas encore une fois se réveiller avec de nouveaux glissements de terrains aux conséquences désastreuses, dans les autres quartiers précaires. Surtout que selon le service météorologique national, dame pluie compte encore déverser des torrents d’eaux sur le littoral, durant les prochains jours.

Moussa Ben Touré


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