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Internationale

Appel à la fin de la coalition au pouvoir en RDC : Le sermon de l’Eglise catholique sera-t-il entendu ?

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« Les jours à venir seront difficiles. Et je tiens ici à demander au peuple, de se tenir en ordre de marche. Lorsque le moment viendra, il faudra qu’ils nous trouvent sur leur chemin (coalisés) ». Ce sont là les morceaux choisis de l’homélie à l’occasion du 60ème anniversaire de l’indépendance du Congo, de l’Archevêque de Kinshasa, le Cardinal Fridolin Ambongo qui, par ailleurs, appelle à la fin de la coalition au pouvoir en RDC. Car, estime-t-il, « les coalisés ne se font plus confiance » ! Par ces propos, la figure de proue de la très influente Eglise catholique en République démocratique du Congo (RDC), met le doigt sur la plaie. Pour rappel, des députés du Front Commun pour le Congo (FCC), la plateforme de l’ex-président Joseph Kabila, majoritaire à l’Assemblée nationale, ont soumis, il y a peu, trois propositions de loi visant à soumettre le Parquet sous l’autorité du ministre de la Justice.

La coalition au pouvoir prend en otage la vie de la RDC

Cette tentative de caporalisation de la Justice qui ressemble, à bien des égards, à un pare-feu que tentent de mettre en place les membres de l’ancien régime pour se protéger après le pillage en règle qu’ils ont fait des ressources du pays lors de leur passage à la tête de l’Etat, a provoqué un branle-bas de combat sur la scène politique congolaise. Par cette sortie, l’Eglise catholique congolaise, très fidèle à son rôle, prend le parti du peuple qui assiste en victime résignée, à un deal au sommet de l’Etat, entre le président Félix Tshisekedi et l’ancien chef de l’Etat, Joseph Kabila. Et l’on ne peut que lui donner raison car cette coalition au pouvoir prend en otage la vie de la RDC. D’autant que l’alternance au sommet de l’Etat n’a pas produit les changements qu’on attendait et c’est le peuple qui, malheureusement, continue de trinquer. Avec cette coalition au pouvoir, tout laisse croire que ce n’est pas demain la veille la fin du paradoxe en RDC, ce pays immensément riche mais dont les populations peinent à s’offrir un seul repas par jour à cause de la gouvernance chaotique. Au sommet de l’Etat, il y a une collusion d’intérêts entre le monde politique et celui des affaires pour piller les ressources du pays. Pour preuve, tous les hommes politiques les plus en vue dans le pays, règnent sur d’immenses empires financiers qu’ils ont construits à travers des sociétés-écrans. Et le pire, ces délinquants à col blanc qui se repaissent des richesses du pays, veulent, par des arrangements politiques, se soustraire du devoir de reddition des comptes au peuple qui se retrouve être le dindon de la farce. L’on comprend que l’Eglise qui reste la seule force morale bien organisée, ne puisse pas assister impuissante à ce deal mafieux. Mais la question que l’on peut se poser est la suivante : l’Eglise catholique a-t-elle des chances d’être entendue ? Car, même si le président Félix Tshisekedi a prévenu, dans une récente sortie, qu’il « n’accepterait sous aucun prétexte, une réforme risquant de porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice », l’on peut bien douter de sa capacité à divorcer d’avec ses alliés de l’ancien régime. Et pour cause. D’abord, l’homme a les mains liées par le deal qui lui a permis d’accéder au pouvoir.

Le chef de l’Etat congolais se retrouve pris entre l’étau de la rue et un associé-sangsue

Si bien que l’on imagine difficilement comment il pourrait prendre ses distances vis-à-vis de celui qui l’a fait roi, sans se faire harakiri. Cela est d’autant plus vrai que son pestiféré d’associé garde bien en main d’importantes manettes du pouvoir en disposant d’une confortable majorité au Sénat et à l’Assemblée nationale dont d’ailleurs la présidente, Jeanine Mabunda, provoque l’ire du prélat qui l’accuse de mépris sur la question du renouvellement à la tête, de la très stratégique Commission électorale. Ensuite, Félix Tshisekedi se trouve déjà bien orphelin suite à l’effritement de fait, de la coalition avec son autre partenaire politique, son ex-directeur de cabinet, Vital Khamere, qui croupit en prison pour avoir pris des libertés avec les deniers publics. En cas de rupture avec le FCC, il lui devient quasiment impossible de construire une nouvelle coalition pour gouverner. En tout état de cause, le chef de l’Etat congolais est dans une bien mauvaise posture. Il se retrouve pris entre l’étau de la rue qui gronde et un associé-sangsue dont il ne peut se débarrasser sans perdre le pouvoir. Mais l’on ne peut guère le plaindre car c’est bien ce qui finit toujours par arriver quand on accepte de dîner avec le diable. Que lui reste-t-il comme marge de manœuvre pour se tirer d’affaire ? Telle est la question que l’on pourrait se poser. La première possibilité qui s’offre à lui est de dissoudre le parlement pour demander au peuple, une nouvelle légitimité à travers des législatives qui pourraient lui accorder une confortable majorité pour gouverner. Mais, ce pari est trop risqué puisque rien ne garantit sa victoire lors d’un nouveau scrutin législatif. La seconde possibilité, c’est de compter avec le peuple qui, à tout moment, peut prendre ses responsabilités vis-à-vis de ces hommes politiques qui lui font souffrir le martyre. Et c’est d’ailleurs à cette prise de responsabilité par le peuple dans un sursaut patriotique, qu’appelle l’homme de Dieu quand il demande aux Congolais de se mettre en « ordre de marche ».

« Le Pays »





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