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Politique

Insécurité sur fond de contestation :IBK est mal barré, le Mali aussi

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Visiblement acculé, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), est  à la recherche d’une planche de salut. Tant est si bien qu’il a appelé l’ancien président Moussa Traoré à la rescousse. C’est ce dernier qui joue désormais les médiateurs entre le Chef de l’Etat et le fer de lance de la contestation qu’est l’Imam Mahamoud Dicko. Le général Moussa Traoré arrivera-t-il à dénouer la situation ? Rien n’est moins sûr puisque même après son discours du 14  juin dernier où il a tendu la main à son adversaire, ce dernier continue de demander son départ. C’est la preuve, s’il en est, que IBK n’a pas convaincu ses compatriotes. Alors, pourquoi ?
La première explication est que le discours du président n’a pas répondu aux attentes des populations. En effet, alors que les manifestants du 5 juin, dénoncent la corruption endémique dans le pays et les détournements de deniers publics et attendaient, par conséquent, des actions fortes contre les délinquants à cols blancs tapis dans les arcanes du pouvoir, le chef de l’Etat a ignoré royalement cette préoccupation qui constitue pourtant la toile de fond de la contestation.
 
Tout laisse croire que l’on évolue vers la faillite totale de l’Etat malien
 
La seconde explication est que les conclusions du dialogue national inclusif que le président IBK présente dans son discours comme la panacée aux maux de l’Etat malien, n’engagent visiblement pas toutes les parties prenantes à la crise qui secoue le pays. En effet, les groupes terroristes à l’origine de l’hécatombe de Bouka Weré, voudraient montrer qu’ils ne sont pas concernés par les conclusions de ce dialogue que IBK met en avant, qu’ils n’agiraient pas autrement. On peut donc dire qu’autant IBK n’a pas entendu la voix de son peuple, autant celui-ci se refuse aussi à l’écouter. C’est donc à une cristallisation des positions que l’on assiste et l’on peut légitimement se poser la question suivante : de quoi sera fait l’avenir du Mali 
Tout laisse croire que l’on évolue vers la faillite totale de l’Etat malien. Tous les indicateurs de fonctionnement de l’appareil étatique, ont viré au rouge. En effet, à la perte de la souveraineté de Bamako sur le Nord du pays et à l’insécurité qui enlace de ses tentacules tout le territoire national, il faudra désormais joindre la fronde sociale et politique qui menace de provoquer une instabilité institutionnelle au Mali si IBK venait à rendre sa démission sous la pression populaire. Si l’on ajoute à ce chaos qui se dessine, la situation du Chef de file de l’opposition politique, Soumaïla Cissé, aux mains des groupes armés depuis bientôt trois mois, on a l’impression de filer tout droit vers un scénario inspiré de l’Apocalypse.
Cela dit, que peut-on faire pour freiner cette course folle vers l’abîme ? Les réponses que les Maliens ont tenté d’apporter à cette interrogation, se sont révélées jusque-là inopérantes et ont elles-mêmes contribué à pourrir la situation. L’une de ces solutions tentées par IBK, est le changement d’hommes. En effet, par au moins 5 fois, le Chef de l’Etat a changé de chef du gouvernement. Mais il n’est pas parvenu à améliorer la gouvernance au sein de l’appareil d’Etat. Il en a été de même pour la hiérarchie militaire mais les résultats sur le front sécuritaire, n’ont pas suivi.
IBK doit prendre des décisions fortes, suivies d’effets immédiats
Ces changements opérés ont finalement introduit des discontinuités dans l’action gouvernementale et entraîné l’interruption de nombreux projets.  L’autre solution a été de se tourner vers la communauté internationale pour solliciter de l’aide. Avec cette option, le Mali n’a abouti qu’à une occupation militaire de son territoire par des armées étrangères et à une mise sous tutelle financière qui a servi à alimenter les fortunes de bonzes du régime. Pendant ce temps, l’insécurité s’est métastasée comme un cancer.
 
IBK aura donc tout essayé sauf les bonnes solutions.
 
 En réalité, l’une des solutions au problème malien, est le changement des rapports entre Maliens eux-mêmes et l’Etat. En effet, l’Etat malien a toujours été faible face à des individus parfois plus fortunés que lui. Cette attitude a couvé longtemps l’affairisme et la corruption qui ont été érigés en mode de gouvernance. Et c’est là que la responsabilité personnelle de IBK est engagée, pour n’avoir pas pris les bonnes décisions en vue de mettre fin à cette dérive et remettre le pays sur la bonne voie. Au contraire, il a voulu profiter et faire profiter au maximum son clan en oubliant qu’il n’y a pas d’avenir pour un individu dans un pays qui n’en est pas un. L’autre solution au problème malien réside dans l’impérieuse nécessité de mettre fin aux interférences étrangères dans la crise qui secoue le pays. Car, ce n’est secret pour personne que la crise au Mali est alimentée par des intérêts étrangers qui impliquent tout autant des Etats voisins, notamment l’Algérie et les puissances occidentales, en l’occurrence la France. A ces Etats, il faut ajouter tous les lobbys d’armes et les groupes de narcotrafiquants pour qui la guerre au Mali, constitue une véritable industrie. Il est évident que sans l’aide des institutions sous-régionales et africaines, le Mali,  à lui seul, ne peut parvenir à desserrer cet étau. Il y va d’ailleurs des intérêts de la sous-région car une éventuelle crise des institutions maliennes, aura nécessairement des répercussions sur tous les pays limitrophes, en l’occurrence le Burkina Faso et le Niger, déjà en proie  à l’insécurité.
Mais en attendant ces solutions structurelles, IBK doit d’abord faire baisser le thermomètre. Pour cela, il doit prendre des décisions fortes, suivies d’effets immédiats.
 
« Le Pays »
 



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