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Politique

Réunion de la coalition pour le sahel :Seuls compteront les résultats

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En janvier 2020, on se souvient, le grand chef des Blancs, pour reprendre l’expression de Méka dans Le vieux nègre et la médaille, avait convoqué, à Pau, en France, ses homologues des pays du G5 Sahel à une réunion de clarification. De manière solennelle, en effet, chaque président convoqué devait se prononcer urbi et orbi sur la présence des troupes françaises au Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La suite est connue. Tous ont opté pour le maintien des soldats de l’Hexagone. Le président nigérien, Mahamoudou Issoufou, avait même plaidé pour « plus de Barkhane ». L’idée d’une Coalition pour le Sahel est née de ce sommet. La structure s’est réunie le 12 juin dernier pour la première fois, depuis sa création. Covid-19 oblige, c’est par visioconférence que la Coalition s’est réunie sous la présidence conjointe du G5 Sahel, de l’Union européenne et de la France. Etaient concernés par cette visioconférence, les ministres en charge des Affaires étrangères et ceux en charge de la Défense. L’objectif est de rassembler tous les pays, organisations internationales et autres institutions impliquées dans la lutte contre l’insécurité au Sahel, pour plus de cohérence et d’intégration de leurs actions.
Les rencontres consacrées à la problématique de la sécurité et du développement au Sahel, commencent à lasser
On peut, d’emblée, saluer la tenue effective de la réunion en ce sens que cela était une des promesses du sommet de Pau. On peut aussi se féliciter de l’engagement réaffirmé des participants à soutenir le G5 Sahel, notamment dans les domaines comme l’action contre le terrorisme, le retour de l’Etat et de l’Administration dans les territoires des pays affectés ainsi que l’aide au développement. Mais il faut dire que les rencontres consacrées à la problématique de la sécurité et du développement au Sahel, commencent à lasser et à exaspérer les populations, tant elles sont nombreuses et peu efficaces. A cela, il faut ajouter la pléthore des structures en charge d’œuvrer à la résolution de la problématique. On peut citer, à titre d’illustration, les structures suivantes : l’Alliance Sahel, du nom de ce groupe de 23 membres qui financent environ 800 projets pour un montant de 12 milliards d’euros, le Partenariat pour la sécurité et la stabilité au Sahel qui est une structure essentiellement portée par la France et l’Allemagne, et la Coalition pour le Sahel. Et ce n’est pas exclu qu’au moment où nous traçons ces lignes, d’autres structures ne soient pas en gestation. Trop de viande, dit-on en Afrique, ne gâte pas la sauce. Mais dans le cas d’espèce, on peut oser une antithèse. En tout cas, les effets bénéfiques de toutes ces structures se font toujours attendre. Et ce n’est pas le pauvre paysan de Barsalogho au Burkina qui a fui son domicile et son champ pour se retrouver dans un camp de déplacés internes où il vit dans des conditions précaires voire humiliantes, qui dira le contraire. Les exemples de ce genre foisonnent dans presque tous les pays du G5 Sahel tant et si bien que l’on peut se poser la question de savoir à quoi sert cette diarrhée de rencontres consacrées à la sécurité et au développement au Sahel. Une autre chose dont on peut être sûr est que ces rencontres à la pelle ne perturbent nullement le sommeil des terroristes.
 
Le terrorisme ne peut pas être vaincu à coups de sommets et de réunions
 
On peut même avoir l’impression qu’elles les dopent. La preuve, s’il en est encore besoin, est que pendant la semaine où a eu lieu la visioconférence, ou peu avant ou encore juste après, les terroristes ont fait parler d’eux. C’est vrai que la Côte d’Ivoire ne fait pas partie du G5 Sahel. Mais l’acte que les terroristes ont posé dans ce pays, sonne somme un message de défiance non seulement à la Côte d’Ivoire, mais également à l’ensemble de ses partenaires avec à leur tête la France. Le 14 juin dernier, alors que l’encre qui avait servi à réaffirmer l’engagement en soutien du G5 Sahel par les pays qui participaient à la visioconférence, n’avait pas encore séché, les terroristes réussissaient l’exploit de s’attaquer à un convoi logistique de la MINUSMA avec à la clef, deux soldats de la paix tués. Certes, Barkhane a porté un grand coup aux terroristes en neutralisant récemment l’émir d’AQMI, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En effet, le terrorisme n’a pas dit son dernier mot au Sahel. Et en plus du Sahel, les terroristes ne cachent plus leur intention d’installer des foyers dans certains pays côtiers qui font frontière avec les pays du Sahel africain. En tout cas, les terroristes ne connaissent pas de frontières et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont efficaces. Pourquoi cela alors que leurs moyens militaires et technologiques leur permettent de faire mieux ? Pour ne rien arranger, il y a réticence à cracher au bassinet pour aider les pays du G5 Sahel à sortir la tête de l’eau. C’est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, les pays du G5 Sahel doivent se convaincre que le terrorisme ne peut pas être vaincu en attendant tout des autres. Il ne peut pas non plus être vaincu à coups de sommets et de réunions. En tout cas, seuls compteront pour les populations meurtries du Sahel, les résultats. Et ceux-ci doivent être une construction d’abord endogène avant d’être soutenus par l’extérieur. On peut avoir l’impression que c’est le contraire aujourd’hui.
« Le Pays »



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