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En Côte d'Ivoire , "l'affaire du golden boy " réveille le patriotisme

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Aimer son pays, c'est aussi analyser ce qui est écrit, le concernant et qui l'accusent sur des faits criminels.
 
En tant que journaliste, si je produis un dossier dans lequel j'affirme que l'armée nigeriane est financée par le trafic de drogue ou que les fonctionnaires Nigerians sont payés par les vendeurs de drogue Colombien, tous les confrères Nigerians me demanderont d'apporter des preuves et si mon article se base uniquement sur l'affirmation d'un prétendu agent des services secrets français, ces confrères me traiteront de fou.
 
Quoi donc? Un journaliste peut affirmer que " La Guinée est devenue un État narcotrafiquant à part entière. Tout le budget de l'Etat, les salaires des ministres, la police, de l'enseignement, tout est payé par les chefs de la mafia colombienne". Et quelle est la preuve qui permet d'affirmer une si grave chose ? Rien du tout. C'est juste la déclaration d'un "français"  rencontré à Abidjan et qui serait "un ancien conseiller de l'ex président" (ivoirien), on ne sait lequel des ex-présidents Ivoiriens.
 
  Et le même français affirme dans l'article que la mafia colombienne serait infiltrée dans "les hauts échelons politiques Ivoiriens" et que la preuve indirecte de cette affirmation, c'est que les permis de conduire ivoirien sont fabriqués en Colombie". C'est tout ? C'est tout. C'est la seule preuve. On est priés d'applaudir ça comme du travail d'investigation. 
 
    Devant un travail journalistique aussi léger, on veut que je reste sans m'indigner sous peine d'être accusé de défendre le pouvoir ? Non.
 
Mon amour pour mon pays m'oblige à réagir devant de telles accusations portées par un confrère étranger contre mon pays et cela sans aucun début de preuve. Partout au monde, c'est comme ça. Si des journalistes étrangers accusent la France de faire du trafic d'organes humains en se basant uniquement sur les affirmations d'un prétendu agent secret Allemand, cela provoquerait un tollé général dans la presse française.
 
  Récemment, sur l'affaire de l'efficacité ou non de l'hydroxichloroquine dans le traitement contre le coronavirus, la publication de la revue "The Lancet" dont la réputation est pourtant mondiale, il s'est trouvé des médecins et des professeurs de médecine en France, pour s'indigner du caractère douteux des données utilisées par la Revue.
 
Pourtant, parmi ces médecins et ces professeurs, beaucoup avaient contesté la méthode du professeur Raoult. Mais ils n'ont pas accepté qu'une étude mensongère discrédite un des leurs sur de fausses bases. Leur opposition à Raoult ne les a pas aveuglé. Personne n'a gobé les conclusions de l'étude de cette revue, sous prétexte qu'elle s'appelle "The Lancet". 
 
Voilà le patriotisme.
 
Tiemoko Antoine Assale 
journaliste d'investigation

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