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Côte d’Ivoire : Voici comment sont traités et enterrés les morts du Covid-19

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A la date du samedi 23 mai 2020, la Côte d’Ivoire comptait 30 décès des suites du Covid-19. Jusque-là, on ne savait rien de l’identité encore moins de la façon dont sont traités et inhumés les corps de ces personnes décédées du coronavirus. Désormais, une partie du mystère est levée : on sait comment sont traités les morts dûs au Covid-19 avant d’être portés en terre. 
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’inhumation se fait dans une atmosphère empreinte d’austérité, comme en témoigne un reportage de la chaîne de télévision « Nouvelle Chaîne Ivoirienne » (Nci). On découvre, en effet, que c’est à l’entreprise des pompes funèbres, dénommée Ivoirienne de Sépulture, plus connue sous l’acronyme Ivosep, qu’il revient de procéder à la prise en charge des morts du Covid-19. A cet effet, elle a créé à son siège à Abidjan-Treichville une Cellule spéciale dédiée.
Un espace aménagé sert de service Covid à cette Cellule spéciale. C’est ici que sont traités les corps des personnes ayant succombé de la pandémie. Dans des conditions d’hygiène et de sécurité les plus strictes. On y voit en effet, l’équipe chargée de l’opération enfiler, sur son traditionnel uniforme gris, une combinaison blanche, avant de mettre lunettes, gants et masques. Des dispositions nécessaires avant d’aller procéder à l’enlèvement d’un corps estampillé Covid.
Avant d’embarquer à bord du corbillard, le véhicule est désinfecté à l’aide d’une solution chlorée, à la manière des paysans pulvérisant des cacaoyers avec des produits phytosanitaires. Sur les lieux de l’enlèvement, le corps est glissé dans une housse blanche, hermétiquement fermée. Une fois ramené sur le site dédié, il est exposé sur un brancard et à nouveau pulvérisé en vue de le désinfecter. « Car, a souligné, le confrère, même post mortem, les corps restent extrêmement contagieux ».
Puis le corps est porté prestement en bière et le cercueil aussitôt scellé par les agents de la Cellule spéciale Covid. Presque avec détachement et dans une atmosphère glaciale. En l’absence de quelque membre de la famille. « Aucun soin funéraire, pas de toilette mortuaire », note le confrère. Ce semblant de levée du corps se fait, évidemment, loin des parents et connaissances du défunt. Contexte épidémique oblige.
On n’en sait pas plus sur la façon dont les corps sont portés en terre au cimetière, donc rien du cimetière affecté à l’inhumation de ces corps, encore moins du périmètre de ce cimetière destiné à accueillir tous ces corps. On sait, en revanche, qu’une fois de retour, les agents de la Cellule spéciale Covid d’Ivosep désinfectent tout ce qui a été en contact avec le corps. Gants, combinaison, corbillard, tout est pulvérisé pour éviter de s’exposer au redoutable virus.
Pour procéder à cette opération délicate, l’équipe dédiée a dû bénéficier d’une formation aux techniques d’enlèvement et d’inhumation de corps dûs au Covid-19 ; formation qui leur a été dispensée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Malgré cela, la mission reste délicate. Aussi les agents sont-ils exhortés à la prudence par le chef de l’Unité Covid, Moussa Koné, à chacune de leurs interventions. « Soyez méticuleux, faites vraiment attention », leur conseille-t-il.
Vu la psychose suscitée par la pandémie du coronavirus, les agents détachés à la Cellule spéciale Covid disent subir une certaine stigmatisation. « Nous y sommes volontiers pour l’amour que nous avons pour notre prochain. Mais nous sommes rejetés par nos confrères du dehors. Toutefois, grâce à la motivation de notre supérieur hiérarchique, nous arrivons à surmonter cela », témoigne Armel N’guessan Yao, membre de l’équipe de Moussa Koné.
Karine Koré
 
 
 
 
 
 



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