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Politique

Sortie de Bensouda sur la Guinée :Plus tard, ce sera trop tard

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«Toute personne qui commet, ordonne, incite, encourage ou contribue de tout autre manière à commettre des crimes (…), est passible de poursuites  par les tribunaux guinéens  ou par la Cour pénale internationale (CPI)». Ces propos sont de la procureure de la plus haute juridiction internationale, Fatou Bensouda, qui met  ainsi en garde le gouvernement et l’opposition contre une nouvelle escalade de la violence en Guinée. Ce faisant, elle invite les deux parties à renouer le fil du dialogue  afin d’éviter les manifestations sanglantes dont la Guinée en proie depuis le 14 octobre 2019, et qui, au bas mot, ont déjà coûté la vie à 17 personnes dont un gendarme. A l’origine de cette irruption de violence  en Guinée, la volonté, à peine voilée, du président Alpha Condé de modifier la Constitution aux fins de briguer un nouveau mandat. L’opposition, les syndicats et la société civile réunis au sein du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), entendent faire échec à ce projet. Certes, pour l’instant, la tension semble quelque peu retombée depuis que, de répression lasse, le pouvoir de Conakry s’était dit ouvert au dialogue. Mais sait-on jamais. C’est peut-être le calme qui précède la tempête quand on sait que plutôt que de renoncer à son projet périlleux, le chef de l’Etat guinéen a préféré engager des consultations  sur la Constitution. A quelles fins ? Bien malin qui saurait y répondre.
 
La Guinée est un pays coutumier des manifestations violentes
 
Car tout porte à croire qu’il s’agit là d’une stratégie qui consiste à reculer pour mieux sauter. En tout cas, une chose est certaine. Autant Alpha Condé n’entend pas reculer, autant le FNDC n’entend pas se laisser conter fleurette. C’est pourquoi il convient de saluer la sortie de la procureure  Fatou Bensounda qui, on l’espère, pourrait contribuer à dissuader les uns et les autres. Elle a d’autant plus raison de le faire que la Guinée est un pays coutumier des manifestations violentes sur fond parfois de tensions communautaires. On se rappelle encore le massacre du 28 septembre 2009 dans l’enceinte du Stade de Conakry, au cours duquel près de 150 personnes avaient perdu la vie sans compter les cas de viols  et autres exactions inhumaines. Dix ans après, les bourreaux courent toujours les rues ; la Justice guinéenne ayant fait le choix de se presser lentement. Pour toutes ces raisons, on peut dire que Fatou Bensounda, à travers cette mise en garde des protagonistes de la crise guinéenne, préfère prévenir que guérir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est dans son rôle. Le moment est bien choisi. Car plus tard, ce sera trop tard.
 
B.O

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