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Politique

37e vendredi du hirak : Mobilisation historique à Tizi Ouzou

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Mobilisation historique, hier, à Tizi Ouzou, où des milliers de manifestants ont assiégé le chef-lieu de wilaya. Une heure avant le début de la manifestation prévue à 13h30, il était quasiment impossible de trouver un emplacement libre où stationner son véhicule. Embouteillages monstres aux entrées de la capitale du Djurdjura et déferlante humaine dans les rues. «Je n’ai jamais vu autant de monde dehors depuis le 22 février», commente un habitué des vendredis du hirak. Le visage bariolé aux couleurs nationales en ce 65e anniversaire du déclenchement de la Guerre de libération nationale, ce fils de chahid, ayant fait le déplacement d’Aït Boumahdi, harangue les foules à l’aide d’un porte-voix. «La génération de Novembre 1954 s’est sacrifiée pour une Algérie libre et indépendante et un Etat de droit digne de ce nom.
Plus d’un demi-siècle après l’indépendance, force est de constater que tout reste à faire. Le mouvement populaire en cours à travers le pays depuis le 22 février s’inscrit dans le même combat libérateur que celui porté à bras-le-corps par tout le peuple algérien il y a 65 ans», commente-t-il. Il est 14h, le cortège s’ébranle difficilement sur la rue Lamali Ahmed, d’où est parti le premier carré de marcheurs, déployant un drapeau national géant et l’emblème amazigh au-devant de la procession. Juste derrière, une forêt de banderoles et de pancartes sur lesquelles étaient inscrits les habituels mots d’ordre réitérant l’attachement des citoyens au changement radical, au départ de tous les symboles du système, l’annulation de l’élection présidentielle du 12 décembre et la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus d’opinion et politiques.
Les hommes et les femmes qui ont investi la rue, hier, ont également mis en avant des portraits des héros de la Révolution 1954-1962, dont celui du moudjahid Lakhdar Bouregaâ, dont le mandat de dépôt a été renouvelé par le juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs (Alger), le 28 octobre. «Baouha, baouha !» (Ils ont vendu l’Algérie) étaient parmi slogans repris en force par les contestataires, en plus du rejet de l’élection présidentielle prochaine et du retour envisagé des hommes de l’ex-président de la République aux commandes du pouvoir à la faveur de cette échéance très contestée, s’il venait à avoir lieu dans les conditions actuelles. «Liban : gouvernement légitime.
Après 13 jours de manifestations, il démissionne. Algérie : gouvernement illégitime. Après 9 mois de contestations, il refuse de partir !» a écrit un manifestant sur une pancarte. Rencontré lors de cette journée de mobilisation qui a drainé plusieurs milliers de personnes, Hocine Doufene, enseignant-chercheur à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, nous a confié : «Comme vous le constatez, ce 37e vendredi du hirak, qui coïncide avec le 1er Novembre (date de déclenchement de la Révolution de 1954), connaît une mobilisation massive de la population de la wilaya de Tizi Ouzou, qui veut s’approprier cette date symbole, gravée en lettres de sang et que le pouvoir lui a confisquée.
 
Lorsque le peuple algérien demande le départ du système, il veut récupérer tout ce dont il a été dépossédé, y compris les symboles de la Révolution. Ce qu’il faut retenir, et c’est très important, du soulèvement populaire entamé le 22 février, c’est l’intérêt accordé par nos jeunes d’aujourd’hui à leurs aînés de 1954,  auxquels ils s’identifient et dont ils arborent fièrement les photos, à l’exemple de Ramdane Abane, Larbi Ben M’hidi, Ali La Pointe, Hocine Aït Ahmed, Hassiba Ben Bouali, Lakhdar Bouregaâ (emprisonné) et la liste est longue.» Les manifestants ont continué leurs parcours jusqu’au Mémorial des martyrs de la Guerre de Libération nationale, sis à la sortie de la ville, où un rassemblement a été observé vers 15h. Jeudi 31 octobre, une 16e marche a été organisée dans la ville de Tigzirt.
Des centaines de personnes ont manifesté pour la 16e fois consécutive, exigeant la libération inconditionnelle des détenus d’opinion, dont Amar Acherfouche, originaire de la région de Tigzirt. Les marcheurs ont exprimé également leur rejet des élections du 12 décembre prochain et scandé des slogans hostiles au pouvoir. Dans la soirée de la même journée, un imposant rassemblement a été observé à la placette de l’ancienne mairie de Tizi Ouzou, dans le cadre de l’opération «el mehraz», pour exiger la libération des prisonniers incarcérés pour leur engagement en faveur du mouvement populaire.
 
 
 

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