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Politique

Tunisie/ Election présidentielle : Quand la victoire de Kaïs Saïed parle aux Ivoiriens

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L’universitaire Kaïd Saïed a été élu avec plus de 72% lors l’élection présidentielle qui s’est tenue le dimanche 13 octobre 2019 en Tunisie. Il a battu l’homme d’affaires Nabil Karoui à l’issue du second tour. Un succès d’autant plus retentissant que ce professeur d’université à la retraite était peu connu il y a encore quelques mois. Et mieux, n’a pas eu besoin d’appartenir à un quelconque parti politique pour se hisser à ce sommet. Inattendument.
De fait, Kaïd Saïed se présente comme un homme anti-système, comme les élections présidentielles en ont révélé dans quelques pays ces dernières années. Sa victoire est d’autant plus éclatante que l’homme est réputé être un personnage rigide, aux manières empruntées, avec en prime un langage plutôt châtié. Ce qui lui vaut d’être affublé du sobriquet de « Robocop », du nom d’un robot de film de science-fiction. Mais, sous ses dehors d’homme maniéré, l’universitaire est parvenu à séduire la jeunesse tunisienne.
 En effet, les jeunes ont majoritairement voté pour ce « vieux » de 61 ans. L’on rapporte que 90 % des 18-28 ans, ont porté leur choix sur lui. Pourquoi ? Parce que celui-ci incarne certaines valeurs auxquelles semble aspirer la jeunesse tunisienne. « C’est la victoire de l’esprit sur l’estomac », témoignait l’un d’entre eux sur les antennes de Rfi dès la proclamation des résultats. D’autres encore ont parlé du « triomphe du prof sur le troc ». Il apparaît donc clairement que c’est l’intellectuel, le savoir, qui a été préféré à l’homme d’affaires, à l’argent, en particulier l’argent considéré comme sale ou illicitement acquis.
C’est d’ailleurs là l’autre trait du profil de l’universitaire Kaïd Saïed, qui a séduit les Tunisiens dans leur majorité et les jeunes en particulier. Il revient, en effet, qu’il a été plébiscité parce qu’il apparaît comme un homme de droiture, intègre, non encore vicié par les hommes de l’ancien monde, ceux des précédents gouvernements. C’est donc un homme qui apparaît comme un parangon de vertu que le peuple tunisien a choisi de porter à la tête de leur pays.
Appelés à aller à l’élection présidentielle dans douze mois, les Ivoiriens imiteront-ils l’exemple tunisien ? Feront-ils le choix de porter au pouvoir un homme hors système, qui se présenterait comme un cerveau et incarnerait la droiture ? Bien malin qui pourrait répondre. Toujours est-il que le portrait du président dont se sont doté les Tunisiens à l’issue du second tour de la présidentielle du 13 octobre 2019 devrait les faire réfléchir.
Karine Koré



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