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Politique

Dialogue et contre dialogue à Cotonou : Le Bénin de Talon face à celui de Soglo

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Alors que depuis le 9 octobre dernier, 9 formations politiques choisies pour leur conformité avec la nouvelle charte des partis politiques, sont en conclave à Cotonou dans le cadre du dialogue politique promis depuis le 20 mai dernier par le chef de l’Etat béninois, Patrice Talon, il s’est ouvert parallèlement, le même jour, sous l’égide de l’ex-président, Nicéphore Soglo, « un contre-dialogue »réunissant les ténors de l’opposition regroupés au sein des Forces de la Résistance. Bien plus qu’un hasard de calendrier, la tenue concomitante des deux assises est un choix conscient de l’opposition politique béninoise, insidieusement exclue des pourparlers officiels, pour faire dans la provocation. L’ambition à peine dissimulée est de nuire à la communication politique que tente d’opérer le Président Talon à travers le dialogue politique qu’il a convoqué et, par la même occasion, de traduire l’échec de l’initiative. C’est du reste ce que laisse entendre le chef d’orchestre des assises de l’opposition qui, à propos du dialogue initié par le chef de l’Etat, a eu ces propos : « C’est une rencontre sans intérêt ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que « ces dialogues séparés » traduisent aux yeux de l’opinion nationale et internationale, la profonde division de la classe politique et au-delà, de la société béninoise, toute chose qui n’augure rien de bon pour la paix sociale dans le pays. Et cette fracture sociale causera immanquablement des torts à l’économie nationale qui souffre déjà de la fermeture de la frontière avec le grand voisin nigérian, du fait même de la crise politique larvaire dans le pays. Le Bénin, autrefois vitrine démocratique de l’Afrique, en prend un vilain coup pour son image et l’on peut dire, sans risque de se tromper, que le pays n’avait  vraiment pas besoin de cela.
 
On peut regretter que le président Talon n’ait pu trouver meilleure trajectoire pour son pays
 
 
Cela dit, l’on peut tout de même saluer la tenue jusque-là pacifique des deux assises rivales. Les deux parties se sont gardées pour l’instant de toutes surenchères verbales, aucune n’ayant appelé ses sympathisants et militants à descendre dans la rue pour protester, empêcher ou perturber l’une ou l’autre rencontre. Cela traduit non seulement la maturité de la classe politique béninoise, mais témoigne aussi de la vitalité démocratique au Bénin. Il faut donc souhaiter que jusqu’à la fin, les deux camps ne cèdent pas à la provocation et n’enflamment pas cette atmosphère surchauffée et lourde de rancunes tenaces de cette scène politique béninoise. Toutefois, l’on peut regretter que le président Talon n’ait pu trouver meilleure trajectoire pour son pays que de le placer sur cette orbite de la haine et de la division. C’est bien malheureusement ce qui arrive lorsqu’on est hanté par la boulimie du pouvoir. Gageons que le peuple béninois se réveillera à temps pour freiner cette course à l’abîme  qui vendange non seulement sa lutte héroïque pour la démocratie aux lendemains du discours de La Baule et ses acquis en termes de libertés individuelles et collectives, mais aussi engage le pays sur des sentiers incertains.
 
Saho

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