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Politique

Côte d'Ivoire - Libre opinion -Les Pionniers: Le Ministre d’Etat Camille Alliali

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Depuis la disparition du président Félix Houphouët-Boigny (FHB), les ivoiriens n’arrêtent pas de le pleurer et de le regretter amèrement, se souvenant au passage de ce qu’il leur disait constamment de son vivant: « Le vrai bonheur on ne l’apprécie que lorsqu’on l’a perdu ». Cette nostalgie, ces regrets sont dus à l‘oeuvre  immense du défunt président pendant ses 33 ans de pouvoir, mais aussi à sa dimension humaine. 
 
Il ne serait pas exact de penser qu’il a accompli cela tout seul malgré son cerveau politique de premier ordre, dixit le général De Gaulle. Oui, FHB n’était pas seul. Tout au long de son parcours, il s’est appuyé sur des hommes et femmes qui partageaient tous deux traits de caractère essentiels : Fidélité et loyauté bien plus d’ailleurs que la simple compétence!
 
La mort récente de Bernard Binlin Dadié et celle de Bozoua Maurice Séri Gnoléba, deux grands serviteurs de l‘état vient de me le rappeler. J’ai trouvé aussi triste que ces hommes n’aient pas reçu d’hommage véritable de leur vivant. A mon humble avis, celui rendu après leurs décès laissait à désirer ! Soixante ans après son indépendance, un grand pays comme la Côte d'Ivoire  n’a aucun dispositif protocolaire établi pour accompagner ses hérauts, et tout est laissé au bon vouloir de celui qui est assit dans le fauteuil présidentiel. 
 
La vue du Ministre d’état Léon Konan Koffi pratiquement sur son lit de mort recevant un insigne du PDCI-RDA m’a paru ubuesque ! Je me suis dit que c’était dommage et que ces pionniers méritaient mieux. Ils méritent surtout la reconnaissance avant la mort. C’est ainsi donc qu’à mon petit niveau j’ai voulu célébrer ces hommes, du reste ceux qui sont encore vivant. Je commence donc cette série par l’illustre ministre d’état Camille Alliali. 
 
Je ne sais pas si les ivoiriens réalisent ce que représente ce personnage hors du commun. Il a publié ses mémoires dont le titre est très révélateur : « Disciple d’Houphouët-Boigny ».  Mais combien d’ivoiriens l’ont lu ? Quant à moi, je me suis délecté en lisant et relisant cette véritable mine d’or !
 
Enfant puis adolescent, il sera très tôt remarqué par le grand homme, « un ami de son père » et passera toute sa carrière à son ombre. C’est d’abord les études en droit puis le diplôme d’avocat et les plaidoiries pour défendre le PDCI-RDA et ses militants. Puis en 1957 commence une expérience parlementaire à travers son élection à l‘Assemblée territoriale dont il sera le deuxième vice-président. Cette assemblée deviendra constituante et enfin législative en 1958 et Camille Alliali secondera le président Philippe Yacé en tant que premier vice-président. Il contribuera de façon significative à l’élaboration de la première constitution ivoirienne. 
 
En 1959 suite à la formation du premier gouvernement, il rejoint la délégation générale de CI en France, avant de devenir le premier ambassadeur de la jeune république auprès du gouvernement du général de Gaulle. Quant on connait l‘attachement de FHB pour le général, on comprend l’importance du poste et surtout la confiance du vieux pour son occupant. 
 
En 1963, il rejoint l‘exécutif en étant propulsé ministre délégué aux affaires étrangères et conduira la politique étrangère de la CI érigée par le président. A ce poste il sera aussi un acteur et témoin privilégié de la création d’institutions telles Air Afrique en 1961, et l’OUA et de la BAD en 1963 et gèrera de grands évènements dont la guerre du Biafra. En 1966, le voila garde des sceaux et ministre de la justice, un poste qu’il conservera 17 années durant. Il terminera cette riche carrière ministérielle comme ministre d’état de 1983 à 1989 et jouera à ce poste presque le rôle de vice-président de la république. Comme a dit quelqu’un : « En politique, il n’y a pas de générations spontanées  » !
 
Il est très évident que le président l‘aimait et l‘appréciait. Cela se voit lors de leurs apparitions en public. Il y a comme une grande complicité entre les deux hommes!
Je m’arrête ici car je pourrais écrire tout un roman sur ces deux grands personnages que j’aime car étant un pur produit de l‘ère houphouetienne et très nostalgique de cette période de l‘histoire moderne de la Côte d'Ivoire I. Mais avant, je dis un grand merci à Monsieur Camille Alliali. Le pays tout entier vous salue, la république aussi.
 
M. Bernard Koissy, Jr.
 

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