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Economie

CEDEAO et crise au Togo : Un pansement sur une jambe de bois

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Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la  Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’est achevé le 31 juillet 2018, à Lomé, s’est penché, entre autres, sur l’interminable crise politique qui traverse le pays hôte depuis bientôt un an. En dehors des congratulations d’usage à l’endroit des présidents Nana Akufo Addo du Ghana et Alpha Condé de la Guinée, facilitateurs respectifs de la CEDEAO et de l’Union africaine (UA) dans la crise togolaise, on peut dire que la montagne a accouché d’une souris. Car, les chefs d’Etat et de gouvernement de la région n’ont pas trouvé mieux que de renvoyer les protagonistes togolais dos à dos en leur demandant globalement de respecter les dispositions de la Constitution (ô combien querellée !) du Togo. Et ce, en s’abstenant « de tout acte de violence et de tout agissement susceptibles de constituer une menace à la paix et à la stabilité du Togo et de la région. » Encore une fois, ceux qui tiennent entre leurs mains le destin des peuples de la CEDEAO, semblent avoir botté en touche en refusant de prendre une position de fermeté pour amener le pouvoir de Faure Gnassingbé et l’opposition togolaise à crever l’abcès pour mettre fin à la sempiternelle guerre des tranchées à laquelle ils se livrent au grand dam du peuple togolais.
Ce qui laisse croire qu’une fois encore, la légendaire solidarité du club des chefs d’Etat a joué en faveur de leur homologue togolais en ce sens que le statu quo actuel est à son avantage.
On ne peut attendre le changement de l’extérieur
Saluons, toutefois, la position du président Mahamadou  Buhari du Nigeria qui, dans une récente déclaration, n’a pas été tendre avec le régime de Lomé qu’il a invité à lâcher du lest. En attendant, force est de constater que les têtes couronnées de la CEDEAO ont fait preuve d’une certaine lâcheté face au problème togolais en ne tapant pas du poing sur la table.
Est-ce par crainte d’indisposer un pays voisin, d’obéir au sacro-saint principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat ? La question reste entière. Toujours est-il que les espoirs du peuple togolais, en tout cas de l’opposition, ont été douchés. Reste maintenant à l’opposition de comprendre qu’on ne peut attendre le changement de l’extérieur et surtout pas dans le manque de cohésion qui la caractérise. Le salut viendra aussi du refus qu’il faut parfois oser opposer à certaines injonctions ou recommandations d’organisations comme la CEDEAO ou l’UA, quand celles-ci ne sont pas en faveur de l’éclosion d’une véritable bonne gouvernance dans nos Etats. A l’instar du peuple burkinabè qui n’a pas hésité à rejeter les décisions de la CEDEAO et de l’UA suite au putsch de 2015, perpétré par les éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) contre les autorités de la Transition. Quelle stratégie adoptera donc à présent l’opposition togolaise ? Le pouvoir de Faure Gnassingbé va-t-il se raviser en faisant certaines concessions pour sauvegarder la paix et la prospérité du peuple togolais ? Difficile pour l’instant de répondre à toutes ces questions, tant nos chefs d’Etat aiment le diplomatiquement correct.
Martin KABORE

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