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Economie

Le FMI exige la restructuration de la Banque des PME camerounaise

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C’est dans le but de faciliter l’accès au crédit des Petites et moyennes entreprises (PME) que le FMI demande au gouvernement camerounais un chronogramme pour la restructuration envisagée de la Banque camerounaise des PME (BC-PME). 

« L’accès élargi aux services financiers, particulièrement pour les PME, reste évasif. Afin de remédier à ce problème et d’en limiter les risques, les services du FMI ont vivement encouragé les autorités camerounaises à fournir un calendrier pour leur stratégie visant à mettre à jour le plan d’affaires de la Banque des PME garantissant ainsi sa viabilité. »

Telle est la recommandation faite au Cameroun par les services du FMI pour revitaliser la banque que dirige depuis 2015 Agnès Ndoumbe Mandeng. En effet, dans le cadre du programme économique convenu entre les deux parties pour une durée de trois ans (2017-2019), l’institution de Bretton Woods vient de publier un rapport sur le Cameroun. 

Il y est, entre autres questions, de l’accélération des réformes structurelles du secteur financier et de l’accès au crédit du secteur privé. Notamment, les PME. Dans ce sens, le FMI demande au gouvernement d’«étudier la possibilité de remplacer le financement direct de la BC-PME par des lignes de financement à des banques commerciales ou l’octroi de garanties partielles de crédit ».


Ces indications du FMI interviennent après que le chef de l’Etat ait annoncé dans son message à la Nation le 31 décembre 2017 qu’«une attention particulière sera accordée à la situation des PME, notamment pour ce qui est du règlement prioritaire de la dette qui leur est due, comme de l’amélioration de leur accès au crédit bancaire ». 

Une déclaration qui a suscité de l’enthousiasme au sein de la BC-PME, où des projets bancables évalués à environ 80 milliards de FCFA végètent faute de liquidités. Un enthousiasme d’ailleurs conforté par la sortie médiatique du ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), Laurent Serges Etoundi Ngoa. 

En effet, sur les antennes du poste national de la Cameroon Radio Television (CRTV) le 3 janvier 2018, le Minpmeesa a laissé entendre qu’« en conformité avec les prévisions budgétaires de 2018 et le programme triennal qui lie le Cameroun au FMI, le ministère des Finances va pourvoir la BC-PME de financements conséquents. »

Mise à Point des PME

L’on peut donc subodorer que c’est dans cette logique que l’institution conduite par Christine Lagarde demande que les fonds qui seront mis à la disposition de la BC-PME soient prêtés aux PME par l’intermédiaire des banques commerciales. Puisque parmi les raisons qui sont généralement évoquées pour justifier l’absence de ressources financières à la BC-PME figure le non-remboursement des crédits. Or, en transitant par les banques commerciales, l’accès au crédit va être davantage rigoureux.


Parce que les institutions financières ne s’engagent pas souvent à investir l’argent des épargnants dans des projets pas assez bien ficelés et ne présentant aucune garantie de remboursement. En d’autres termes, pour avoir des chances d’intéresser une banque, une PME devrait en plus de présenter des biens mobiliers ou immobiliers comme garantie, jouir d’une existence minimale de trois ans sans discontinuer dans le secteur d’activités à financer.


Si l’on peut craindre que la méthode envisagée par le FMI ne puisse pas toujours faciliter l’accès au crédit à plusieurs PME, l’on peut présumer de ce que si elle est mise en pratique, de nombreuses PME sollicitant des prêts vont devoir se mettre à niveau et satisfaire à certains préalables. Si l’on s’en tient aux acteurs de la filière bancaire, très peu de projets soumis à leur approbation répondent aux critères requis.

« Cette question, comme bien d’autres, a été identifiée comme l’un des tout premiers handicaps au développement des PME et l’une des causes premières de leur taux élevé de mortalité, lors du forum de la PME camerounaise que le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) a organisé en octobre 2017. Ce forum a permis de structurer des propositions et initiatives concrètes et pragmatiques du secteur privé et de l’Etat, sur les voies et moyens d’éliminer les obstacles au développement des PME et de renforcer leurs atouts », s’est exprimé le président du Gicam, Célestin Tawamba, concernant le difficile accès des PME au crédit.

C’est probablement pourquoi les autorités camerounaises ont fait savoir au FMI qu’« elles appuieront également le renforcement de l’évaluation des risques de crédit en poursuivant la mise en place et en élargissant la portée, d’une base de données d’informations financières régionale. »

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