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Economie

Pour le FMI, la dette publique des Etats de l’UEMOA est aggravée par des déficits budgétaires excessifs (+4,6% en 2017)

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A l’issue d’une mission effectuée auprès des autorités régionales de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) sur les politiques communes des pays membres, le Fonds monétaire international (FMI) s’est inquiété des effets induits par la persistance du niveau de déficit public enregistré par les économies de cette zone.
En effet, après avoir visité Ouagadougou, Abidjan, Lomé, et Dakar entre le 11 et le 24 janvier 2018, la mission dirigée par Dhaneshwar Ghura, a relevé que « les déséquilibres internes et externes ont persisté ». Le déficit budgétaire consolidé de l’UEMOA étant estimé à 4,6% du PIB en 2017, le même niveau qu’en 2016.
Pour le FMI, « ce déficit et des termes de l’échange défavorables ont contribué à une hausse du déficit du compte courant extérieur ». En outre, « la dette publique s’est accrue et le service de la dette demeure élevé, du fait des larges déficits budgétaires et des opérations des Trésors nationaux ».
Face à une telle situation, l’institution de Bretton Woods estime que 2018 constitue « une année critique » pour assurer la convergence vers des déficits budgétaires soutenables. Autrement dit, une véritable dynamique de baisse des déficits budgétaires nationaux devrait être enclenchée dès cette année, afin d’être en mesure de réussir leur ajustement vers le critère de convergence de l’UEMOA de 3% du PIB à partir de 2019.
Pour ce faire, un accroissement de la capacité de mobilisation des ressources intérieures et l’instauration de meilleures priorités en ce qui concerne les dépenses, est nécessaire de la part des pays membres de l’Union. Toute chose qui devrait passer notamment par des réformes de politique fiscale permettant de créer un espace pour réduire les déficits budgétaires, sans compromettre l’investissement en infrastructures publiques, en dépenses sociales et de sécurité.
Le FMI note également que les mesures prises par la Banque centrale (BCEAO) depuis fin 2016, ayant permis d’initier un rééquilibrage des conditions monétaires et de stimuler le développement du marché interbancaire, ont eu un impact assez limité dans le temps. En effet, des tensions de liquidité sur le marché monétaire sont réapparues depuis septembre 2017, augmentant ainsi les taux interbancaires.
S’agissant des perspectives de croissance, le FMI estime qu’elles restent favorables mais sont sujettes à des risques défavorables. « Les principaux risques pesant sur cette perspective incluent des dérapages dans les programmes de consolidations budgétaires, des lenteurs dans la mise en place des réformes structurelles, de nouveaux défis sécuritaires, ainsi que des incertitudes relatives à la croissance mondiale et aux conditions sur les marchés financiers internationaux ».
Enfin, l’institution financière internationale estime que la croissance économique de la zone UEMOA a dû dépasser 6% en 2017. Ceci, pour la sixième année consécutive.
Une performance réalisée en dépit de chocs négatifs des termes de l’échange et de préoccupations sécuritaires. L’inflation dans cette zone est également restée faible, en raison, entre autres, d’une bonne production agricole.
Borgia Kobri

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