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Marche contre les violences policières en guinée : Les femmes seront-elles entendues ?

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Le 28 mars dernier, les Guinéennes ont de nouveau battu le pavé pour exiger de la Justice, des enquêtes et des poursuites contre les auteurs des crimes politiques. Tout de rouge et de blanc vêtues, ces « amazones » comme on les appelle, ont invité le ministre de la Justice qui les a reçues, à « prendre ses responsabilités », estimant que jusque-là, «aucune enquête n’a été ouverte, aucun tueur n’a été retrouvé ». Et l’on peut comprendre cette colère de l’autre moitié du ciel. En effet, la scène politique guinéenne traîne, depuis Sékou Touré, la sulfureuse réputation d’être un far west où les hommes en arme à la gâchette facile, tirent sur les opposants comme des lapins. Même l’arrivée de civils au pouvoir, après l’intermède des militaires, n’a pas suffi à changer la donne. Et les femmes ne sont pas épargnées par ces violences. Non seulement elles ont souffert et souffrent encore le martyre après la disparition de leurs conjoints ou enfants, mais elles ont aussi parfois payé le prix fort, en témoignent les massacres du 28 septembre 2009 dont les survivantes portent encore des séquelles. L’on peut d’autant plus comprendre la rage des femmes en Guinée qu’il y règne un sentiment général d’impunité et que le régime du Professeur Alpha Condé n’éprouve manifestement aucune gêne à marcher sur les cadavres.
Au-delà de la Guinée, c’est un message fort qu’envoient les femmes de l’opposition au continent africain
La question que l’on pourrait se poser, est celle de savoir si son régime se laissera attendrir par les larmes des femmes de l’opposition. Rien n’est moins sûr, dans la mesure où accéder à la requête des femmes, reviendrait, pour le gouvernement, à se faire hara-kiri. En moins d’une décennie, l’on avance le nombre de 120 macchabées ramassés sur le carreau. L’on comprend alors la mauvaise foi du ministre de la Justice qui, seul contre tous, semble voir le contraire là où le constat unanimement établi est que l’institution judiciaire a sombré dans un profond sommeil. Et pourtant, le pouvoir a tout à gagner en écoutant le cri du coeur de ces femmes qui mènent un combat noble. Car, au-delà de la quête de justice pour les morts, c’est le combat pour la paix qu’elles mènent pour la Guinée qui a tout intérêt à soigner son image. Le pays porte la tunique de la démocratie qui signifie renoncement au langage des armes pour  résoudre les différends politiques. Et cela est d’autant plus décevant que pendant longtemps, Alpha Condé est resté dans l’imaginaire collectif comme un combattant de la démocratie et de la liberté, à travers son opposition aux régimes militaires qui se sont succédé en Guinée.
Au-delà de la Guinée, c’est un message fort qu’envoient les femmes de l’opposition au continent africain tout entier, pour que cessent enfin les violences en politique.
SAHO    
 

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