La politique est le premier des arts et le dernier des métiers( Voltaire)
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Les maires et les chefs traditionnels
Eviter la confusion des genres
Article publié le: 09 Décembre 2011 - Auteur: Le Fou - Source: Le Pays
Les maires et les chefs traditionnels ! Trop de conflits de terres, de pouvoir et bien d'autres choses. Pourtant, leurs relations devraient être l'eau et le feu mis dans un même carton. On s'attend à ce que l'eau mouille le carton et que le feu le consume. Dans ce schéma, tout va bien et il n'y a pas de bagarre. Malheureusement, le feu veut mouiller le carton et l'eau le brûler. Et, c'est généralement certains chefs coutumiers qui veulent faire cogner la tête des ancêtres avec celle des lois de la République. Un maire est un maire et un chef traditionnel est un chef traditionnel. Le chef traditionnel s'occupe de la sauvegarde des valeurs et des coutumes ancestrales, et le maire se doit d'appliquer les règles de la République. Un chef, aussi rouge que soit son bonnet, ne peut pas s'arroger le droit de dire à un maire de faire ceci ou de ne pas faire cela dans sa commune. On peut comprendre qu'un "Naaba" s'offusque parce qu'un maire a pris une grande décision pour la communauté sans lui en parler. Les populations étant ses sujets, c'est tout de même mal seyant qu'il ne soit pas au courant de certaines choses importantes qui les touchent. Mais, il faut que le chef sache que si le maire ne le tient pas au courant, et si le Code des collectivités territoriales ne l'y oblige pas, il ne peut ni ne doit lui en tenir rigueur. Si certains maires informent, c'est juste par respect. Il faut reconnaître que la cohabitation n'est pas du tout aisée. Le chef a des sujets et avec la communalisation intégrale, le maire est généralement issu de ses sujets. L'élu est donc un sujet du chef ou plutôt, apparaît comme tel, à la différence du préfet qui a gardé l'aura et la crainte qu'inspirait d'antan le colonisateur. Le maire n'a pas cet héritage. Il faut remarquer que des chefs sont souvent utilisés par des partis politiques comme rabatteurs d'électeurs ou ont servi pour abattre un adversaire politique dans une région donnée. Il ne faut donc pas s'étonner que lesdits chefs croient qu'ils ont des pouvoirs, qu'ils se croient tout permis ou qu'ils pensent qu'ils sont obligés de donner leur opinion sur la conduite de la cité. De plus, dans certaines communes, le maire apparaît comme un dirigeant imposé. Par le fait du système électoral, un candidat élu minoritairement conseiller municipal peut se retrouver élu maire parce que son parti, majoritaire, a porté son choix sur lui. S'il arrive que ce maire et le chef coutumier de la localité ne boivent pas à la même calebasse, la commune va se retrouver vite grippée, les initiatives de développement bloquées et l'atmosphère invivable. Mais tout cela découle du fait que chacun ne s'occupe pas de ses oignons. Il y a confusion des genres et des rôles. Autant un maire ne peut s'aventurer à aller sacrifier des poulets aux mânes et aux ancêtres, autant il est inconcevable qu'un chef coutumier veuille présider le conseil municipal, voire le dissoudre et reconstituer son propre conseil. Que chacun reste à sa place et les populations et les chantiers du développement s'en porteront mieux. Reste à espérer que pour les prochaines mandatures les réformes politiques aideront à corriger cela une bonne fois pour toutes.

Le Fou