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Koudou a la CPI/Des Ouagalais divisés
Me Hermann Yaméogo, président de l'UNDD« Il y a une discrimination dans la saisine »
Article publié le: 01 Décembre 2011 - Auteur: Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA - Source: Le Pays
L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, accusé de crime contre l'humanité, a été transféré de sa résidence surveillée à Korhogo en Côte d'Ivoire à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Sur les lignes qui suivent, certains Ouagalais dont des hommes politiques livrent des avis divergents sur ce transfèrement riche d'enseignement pour les dirigeants pouvoiristes.

Me Hermann Yaméogo, président de l'UNDD

« Il y a une discrimination dans la saisine »

« Nous pensons que pour laisser toute la chance à la réconciliation, il aurait fallu opter pour un règlement en interne de cette affaire parce qu'au moment où le président Alassane Dramane Ouattara a, sur la table des retrouvailles nationales, transféré Gbagbo à La Haye, cela peut créer des blocages préjudiciables à cette ouvre d'intérêt national. Cette affaire vient donner encore le sentiment aux Africains que la Cour pénale internationale est une justice aux ordres qui s'occupe beaucoup plus d'affaires devant elle des Africains que des Européens parce qu'eux aussi ont des choses à se reprocher mais jamais, on ne les a vus comparaître devant la CPI. C'est le sentiment que j'éprouve et c'est dommage parce que nous avons toujours été des chauds partisans de l'ordre public international appuyé par une juridiction comme la CPI mais nous constatons que la chose est mal partie dans la mesure où il y a une discrimination dans la saisine qui fait pencher la balance au détriment des Africains ».

Ernest Zongo

« Laurent Gbagbo mérite cela »

« Je suis parfaitement d'accord avec le transfèrement de Laurent Gbagbo parce qu'il mérite cela. Je demande au président Ouattara de faire en sorte que tous ceux qui ont été impliqués dans les exactions répondent de leurs actes devant la CPI et qu'ils soient punis. Car cela va apaiser un tant soit peu le cour des parents des victimes et de tous ceux qui ont subi des violences. Je serai heureux que cela se passe dans la transparence. »

Fernand Hien, gestionnaire

« On aurait dû trouver une autre solution »

« J'ai appris le transfèrement de Gbagbo par le biais des journaux. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées mais on aurait dû trouver une autre solution. On aurait dû d'abord voir au niveau africain pour résoudre cette affaire avant de penser à son transfèrement à La Haye. Je ne suis pas contre la CPI mais j'aurai souhaité qu'on trouve une solution en interne ».

Victorine Yaméogo, spécialiste en genre

« Gbagbo seul à la CPI n'arrange pas les choses »

« Le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI est, d'une part, une bonne chose si on prend en compte un certain nombre d'aspects par rapport à l'impunité, aux populations qui ont subi des exactions. Ce transfèrement montre aux chefs d'Etat africains que rien ne peut rester impuni. Mais d'autre part, il est une mauvaise chose parce que son jugement se fera loin de son pays, de la compréhension du citoyen lambda de la Côte d'Ivoire, voire africain. Ce transfèrement peut également engendrer des réticences au niveau de certains chefs d'Etat africains à quitter le pouvoir parce qu'ils penseront qu'une fois qu'ils ne seront plus aux affaires, on pourrait les envoyer à la CPI. Mais il faudrait que nos dirigeants comprennent que l'intérêt général est plus important que l'intérêt personnel. Il faut qu'ils se comportent comme des chefs de famille qui, dans certaines circonstances, préfèrent la mort que de voir leurs enfants souffrir. Donc, il faudrait que nos dirigeants comprennent qu'ils doivent pouvoir aussi se sacrifier pour les populations, que la guerre du pouvoir n'arrange pas leurs pays mais un groupuscule au détriment de la masse dont ils prétendent en être responsables. Ce transfèrement interpelle plus d'un, il montre à quel point l'orgueil d'un individu l'a poussé à faire massacrer des peuples et à mettre les Ivoiriens en conflit. On peut aussi se demander si ce transfèrement de Gbagbo à la CPI arrange le règlement de la crise en Côte d'Ivoire dans la mesure où il y a des milliers d'Ivoiriens qui sont à l'extérieur. D'aucuns disent que même avec les nouvelles autorités, il y a des gens qui sont encore brimés et cela n'arrange pas la réconciliation. Pour arriver à une véritable réconciliation, il faut aller à la table de discussion africaine, à la table de la discussion cellule ivoirienne afin que les Ivoiriens se donnent la main pour la paix qui était si chère au père de la nation. Gbagbo seul à la CPI n'arrange pas les choses parce qu'on sait que des massacres ont été commis des deux côtés. On parle de Gbagbo, d'Ivoiriens ; et la main étrangère qui a aussi contribué à augmenter le nombre des victimes ? Il faut qu'on situe toutes les responsabilités.

Jean Kiendrebeobo, entrepreneur

« Le transfèrement de Gbagbo à la CPI est normal »

« Je pense que c'est tout à fait normal qu'on transfère Laurent Gbagbo à la CPI ; comme il a commis des crimes, il faut qu'il en réponde ».

Moumouni Gnakini, employé de commerce

"La CPI est là pour juger les criminels"

" Je trouve normal qu'on transfère Gbagbo à la CPI parce qu'il a commis des crimes et il doit en répondre. La CPI est là pour juger les criminels donc, tous ceux qui se rendent coupables de crimes ou autres exactions doivent y être envoyés dès qu'un mandat d'arrêt est émis contre eux. De toute façon, Gbagbo n'est pas le seul à être envoyé à La Haye, l'ancien président libérien y est également détenu ainsi que bien d'autres personnes".

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA
Les réactions
 
Srika Blah  a écrit
02 Décembre 2011 01:17:25
Des soi-disant specialistes ou "prophetes-de-Dieu",en Afrique aiment se faire entendre quand les faits sont deja accomplis.

Nous n'avons pas vu tous ses "PROPHETES" et "CORBAUX" Africains quand Mr-Koudou Gbagbo REFUSAIT de RECONNAITRE les conclusions de l'arbitrage du panel des chefs d'Etats Africains.

Le PR-Ouattara vient de REGLER lui meme le PROBLEME.

SEM Koudou Gbagbo a deja effectue son voyage "SANS-RETOUR".
 
Akobla  a écrit
02 Décembre 2011 12:26:11
Très juste, l'africain ne prend jamais ses responsabilités ou tout au moins veut qu'on l'accompagne dans ce qu'il fait comme ça si c'est bien, il pourra s'en vanter et si c'est mal ce sera la faute à la FRANCE, L'ONU OU LA COMTER ! C'est pratique, efficace sauf que ça tue ....

Qui ? NOUS LES AFRICAINS EN PREMIER LIEU.On aurait pu éviter les pertes en vie humaines telles qu'on les a connu durant la crise, ou tout au moins économiser (pardon pour ce terme mais je l'ai choisi exprès)1000 morts si les panélistes n'avaient pas pris tout leur temps à voyager et palabrer !
 
Danon  a écrit
02 Décembre 2011 06:48:00
Que ceux qui parlent de solution interne ou africaine arrête leur complexe.

Nous ivoiriens, savons que les solutions africaines font trop de tort aux popoulations.

C'est cette solution africaine qui a causé la mort de plus de 3 000 personnes y compris des burkinabé car nos dirigeants africains n'ont pas eu le courage de dégager Gbagbo à temps.
Et puis, où en est-ont avec le Procès de Hisszen Habré en Afrique depuis plus de 20 ans?