C'est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu'il en a reçu(Albert Einstein)
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Le Mali, véritable maillon faible
Article publié le: 28 Novembre 2011 - Auteur: Boulkindi COULDIATI - Source: Le Pays
La moisson aura été bonne pour la nébuleuse terroriste, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), les 24 et 25 novembre derniers. En 48 heures, les adeptes d'Oussama Ben Laden au Sahara ont totalisé cinq otages dans leur filet après avoir froidement abattu un sixième. Les tristes épisodes rarement vus ou entendus se sont produits à Hombori, au nord malien et à Tombouctou. Ce qui s'est passé dans ces deux localités n'a rien de fondamentalement différent d'un film western où on enlève, kidnappe et exécute souvent impunément. Au point que l'on se demande où est passé l'Etat malien pour que les terroristes en arrivent à transformer, à des intervalles très réduits, une partie du territoire en un no man's land. En tout cas, les discours rassurants jusqu'ici tenus par les autorités maliennes se révèlent caducs. Par cette action forte qui tient lieu de gifle au pouvoir de Bamako, AQMI vient de faire tomber le mythe d'un Etat malien qui se montrait rassurant nuit et jour. L'on comprend alors mal l'attitude du Mali qui bat tambours et embouche trompettes au quotidien pour convaincre les touristes de revenir dans un endroit qu'il sait très incertain. On comprend d'autant mal cette attitude que Tombouctou, ville culturelle et attractive, soit déclarée comme zone rouge sans que des dispositifs sécuritaires ne soient mis en place à cet effet. Le mode opératoire même des ravisseurs laisse à réfléchir. Il est difficilement imaginable, en effet, que ces terroristes réussissent avec brio cette opération chirurgicale sans avoir bénéficié auparavant d'une quelconque complicité. Sans aller jusqu'à accréditer péremptoirement la thèse selon laquelle des autorités maliennes « flirtent » avec AQMI, l'on constate cependant que le Mali, contrairement à ce que font les autres « pays du champ », traque rarement les terroristes sur son territoire. Il s'est toujours positionné comme le véritable maillon faible de la chaîne, n'en déplaise au président Amadou Toumani Touré (ATT). Quoique ce dernier nie souvent l'évidence, son pays se présente comme un refuge idéal à partir duquel les « fous de Dieu » et tous ceux qui se présentent comme tels, écument la bande sahélo-saharienne. Les récentes attaques viennent le confirmer. Bref, le vin étant tiré, il ne reste qu'à le boire. Il faut désormais songer à la libération de tous ces otages arrachés à l'affection de leur famille et travailler à éviter d'éventuels enlèvements. Certes, c'est sur le territoire malien que les terroristes ont opéré. Mais cette action qui a lieu moins d'une semaine après la rencontre des chefs du Comité d'état-major opérationnel conjoint (CEMOC) est considérée comme un véritable camouflet pour tous les pays sahéliens de la bande sahélo-saharienne. A la décharge du Mali, on sait que son président ATT a toujours prôné une synergie d'actions qui n'a toujours pas vu le jour. Ce ne sont pas ces rencontres formelles sans action commune concrète qui viendront à bout d'AQMI désormais profondément enraciné à la faveur de la crise libyenne.

Boulkindi COULDIATI