Pauvreté : Un expert de la banque mondiale s'inquiète pour l'Afrique dans 10 ans
lebanco.net - Publié le: 10-10-2019 - Mise-à-jour le: 10-10-2019 - Auteur: Issouf Kamagaté
Pauvreté : Un expert de la banque mondiale s'inquiète pour l'Afrique dans 10 ans
Albert Zeufack - Economiste à la Banque Mondiale
L'Economiste en chef pour la Région Afrique de la Banque mondiale, Albert Zeufack, a présenté mercredi 9 octobre, à Washington, DC , la 20eédition d'Africa's Pulse, le rapport semestriel de la Banque mondiale, consacré à la conjoncture économique africaine.
 
Dans ce rapport, l'accent est mis sur les actions visant à lutter contre la pauvreté. Car, si l'on n'y prend garde, l'extrême pauvreté va devenir un phénomène presque exclusivement africain à l'horizon 2030, par faute d'initiatives d'envergure pour créer des débouchés économiques et atténuer les risques pour les pauvres, explique le rapport. Qui relève par ailleurs qu'en 2015, 4 Africains sur 10, soit plus de 416 millions d'individus, survivaient avec moins de 1,90 dollar par jour.  
Pour Albert Zeufack, « la lutte contre la pauvreté doit donner aux pauvres les moyens d'agir et s'attacher à accélérer la transition démographique et la baisse des taux de fécondité, à mieux tirer parti du système alimentaire en valorisant l'agriculture et en développant les activités rurales non agricoles, à s'atteler aux facteurs de risque et de conflit et, enfin, à augmenter et optimiser l'allocation de fonds publics pour améliorer le quotidien des plus vulnérables »
Pour la réduction de la pauvreté en Afrique, le vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique, Hafez Ghanem préconise également l'inclusion des femmes. Pour lui, c'est un  élément clé pour stimuler la croissance. « Les décideurs africains sont confrontés à un choix crucial : poursuivre les politiques actuelles ou prendre des mesures volontaristes pour favoriser une économie plus inclusive », dit-il.
 
Par ailleurs le rapport note également que  la performance économique de l'Afrique subsaharienne est restée morose, entravée par l'incertitude persistante de l'économie mondiale et la lenteur des réformes visant à renforcer la résilience des pays. « La croissance régionale devrait atteindre 2,6 % en 2019 (0,2 point de moins  que les prévisions d'avril) contre 2,5 % en 2018. Du côté de la demande, le PIB réel s'est affaibli en raison du ralentissement de la formation brute de capital fixe et des exportations nettes, reflétant ainsi la morosité des investisseurs dans un contexte d'incertitude politique mondiale », souligne l'Economiste en Chef de la Banque mondiale pour la région Afrique.
 
Issouf Kamagaté 
 
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 11 Octobre 2019
La croissance ivoirienne est peu inclusive en effet: Pour durer sur le long terme, la croissance économique d'un pays doit être bien redistribuée. Or, même si les dernières données statistiques sur la pauvreté recueillies en 2015 montrent que le revenu national s'est accru de 80 % entre 2012 et 2015 et, que la Côte d'Ivoire enregistre pour la première fois depuis 40 ans une diminution de son taux de pauvreté, cette diminution reste faible, de 51 % à 46,3 %, avec le même nombre d'Ivoiriens pauvres qu'en 2008, soit environ 10,7 millions de personnes. En 2015, près de 46 % des Ivoiriens vivaient encore avec moins de 750 francs CFA par jour (environ 1,3 dollars). Les inégalités ne sont pas seulement économiques mais aussi géographiques. Les pauvres sont plus nombreux en zone rurale (56,8 %) qu'en milieu urbain (35,9 % dont 22,7 % à Abidjan), même si cet écart tend à diminuer au fil du temps avec un taux de pauvreté qui s'est réduit dans les campagnes (-5,7 %) entre 2008 et 2015 et, qui a augmenté dans les centres urbains (+6,4 %). Par ailleurs, le nord et le nord-ouest du pays sont plus pauvres (plus de 60 %) que le littoral et le sud-ouest (moins de 40 %).
Rédigé par: Lago Tape   le: Vendredi 11 Octobre 2019
Le Camerounais Albert Zeufack est le premier "chief economist" d'Afrique subsaharienne pour la région Afrique de la Banque mondiale. Certes, il y avait eu avant lui dans les années 2000 Alan Gelb un britannique (blanc) naturalisé sud-africain (qui théoriquement est le premier "Chief Economist" de la région Afrique originaire d'Afrique subsahariene (mais ses analyses sur l'Afrique étaient "out of touch"). Bref, Albert Zeufack fait la différence (une différence positive par la justesse de ses analyses), car ses analyses économiques sont sans complaisance. Puisse nos États Africains tenir compte de ses recommandations. En effet on en a marre de la forte croissance économique en Afrique sans aucune réduction des inégalités et de la pauvreté. Albert, "keep up the good work"!