Economie Ivoirienne : La croissance, pas profitable au plus grand nombre, selon le patronat et l'Uemoa
lebanco.net - Publié le: 08-10-2019 - Mise-à-jour le: 08-10-2019 - Auteur: Karine Koré
Economie Ivoirienne : La croissance, pas profitable au plus grand nombre, selon le patronat et l'Uemoa
Le patronat ivoirien  a déploré que l'embellie économique observée en Côte d'Ivoire ne soit pas encore profitable au plus grand nombre. C'est du moins ce qu'il a laissé entendre à l'ouverture de la journée du partenariat public-privé, qui a eu lieu le lundi 7 octobre 2019 au Sofitel Hôtel Ivoire d'Abidjan-Cocody.
De fait, a fait remarquer, le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire( Cgeci), Jean-Marie Ackah, « des efforts restent encore à faire pour que notre croissance puisse s'exprimer en terme d'accès aux services sociaux comme la santé et l'éducation ou d'accès des jeunes à un emploi décent ». A titre d'illustration, il a relevé que la Côte d'Ivoire s'est située en 2018, au 170erang dans le rapport des Nations Unies sur le développement humain. 
Le disant, Jean-Marie Ackah laissait sous-entendre qu'en dépit des indicateurs économiques dont la Côte d'Ivoire peut s'enorgueillir, des inégalités sociales demeurent. Et cela, bien que le secteur privé ait créé en 2018, 89 0411 emplois et plus de 83% d'emplois entre 2013 et 2018.
Avant lui, c'est le représentant de la Commission de l'Union économique ouest-africaine( Uemoa) qui avait le premier relevé que les bons chiffres affichés en terme de croissance dans bien des pays de la sous-région, n'avaient pas encore d'incidence sur le vécu des masses. « Malgré les chiffres sur l'économie, les populations n'ont pas encore connu d'amélioration significative de leur quotidien », a-t-il déploré. Il a ajouté que la « jeunesse reste confrontée à un chômage endémique ». Il a finalement appelé à une « croissance inclusive », dont «  les fruits impactent durablement toutes les couches sociales ».
En réponse à ces préoccupations, le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a assuré que des efforts continueront d'être faits par le gouvernement pour garantir un « développement inclusif et durable ». D'où le relèvement du budget consacré à la mise en oeuvre du Programme social du gouvernement ( Ps-Gouv), qui passera à 1000 milliards en 2020. De fait, dans son message délivré par le ministre de l'Economie et des Finances, Adama Coulibaly, qui le représentait, Amadou Gon a indiqué que « l'inclusivité de la croissance a toujours été une préoccupation du gouvernement ». Pour y parvenir, il a égrené un chapelet de mesures incitatives prises en faveur du secteur privé.
Karine Koré
 
 
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Jeudi 10 Octobre 2019
Bi-Michel: Si tous les grands contrats de l'Etat finances par l'endettement massif du pays vont aux multinatinales de France, de Chine et aux Marocains, la croissance me peut pas etre inclusive, puisque Les pme ivoiriennes n' en profitent pas. Les profits sont rappatries ailleurs et non pas reinvestis ici sur place. En bref, la CI exporte sa croissance.
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 9 Octobre 2019
"BI MICHEL" je n'ai jamais défendu la candidature de Bédié. Je pense que c'est un has been. Les porteurs de "Solutions", on voit ce que ça donne, et Bédié n'en est même pas un. Pour le moment, je ne vois personne émerger qui soit capable de nous sortir de ce bourbier. Quant à la climatisation, je pense que c'est une très mauvaise idée.
Rédigé par: BI MICHEL   le: Mercredi 9 Octobre 2019
Forestier de Lahou vivement que Bédié qui n'a jamais gouverné arrive au pouvoir et tout sera clean même le plus petit paysan aura au moins 100.000 CFA par mois et même les routes de nos villages seront bitumées. Sachant que celui qui est là prend crédit et que les vrais ivoiriens ne prennent pas crédit on verra bien avec quel argent toutes les rues de RCI seront climatisées
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Mercredi 9 Octobre 2019
Oui FORESTIER, tu as bien raison. La forte croissance de la Cote d'Ivoire n'est pas une fin en soi, surtout quand cette croissance n'est pas inclusive. Le principe de la "croissance inclusive" est fondé sur l'idée selon laquelle la croissance économique est importante, mais pas suffisante pour générer une augmentation durable du bien-être, qui suppose un partage équitable des fruits de la croissance entre individus et groupes sociaux. En effet, la croissance ne vaut que si ses fruits sont doux et sucrés pour tout le monde (individus et groupes sociaux),- quels que soient leur sexe, leur origine ethnique, leur âge ou leur statut social - . Il y a problème lorsque les fruits de la croissance sont seulement doux pour une infime minorité, mais sont très amers pour l'immense majorité. C'est cela le paradoxe de la croissance ivoirienne.
Rédigé par: Lago Tape   le: Mercredi 9 Octobre 2019
La croissance ivoirienne est peu inclusive en effet: Pour durer sur le long terme, la croissance économique d'un pays doit être bien redistribuée. Or, même si les dernières données statistiques sur la pauvreté recueillies en 2015 montrent que le revenu national s'est accru de 80 % entre 2012 et 2015 et, que la Côte d'Ivoire enregistre pour la première fois depuis 40 ans une diminution de son taux de pauvreté, cette diminution reste faible, de 51 % à 46,3 %, avec le même nombre d'Ivoiriens pauvres qu'en 2008, soit environ 10,7 millions de personnes. En 2015, près de 46 % des Ivoiriens vivaient encore avec moins de 750 francs CFA par jour (environ 1,3 dollars). Les inégalités ne sont pas seulement économiques mais aussi géographiques. Les pauvres sont plus nombreux en zone rurale (56,8 %) qu'en milieu urbain (35,9 % dont 22,7 % à Abidjan), même si cet écart tend à diminuer au fil du temps avec un taux de pauvreté qui s'est réduit dans les campagnes (-5,7 %) entre 2008 et 2015 et, qui a augmenté dans les centres urbains (+6,4 %). Par ailleurs, le nord et le nord-ouest du pays sont plus pauvres (plus de 60 %) que le littoral et le sud-ouest (moins de 40 %).
Rédigé par: Forestier de Lahou   le: Mercredi 9 Octobre 2019
En fait il y a deux Côte d'Ivoire : celle qui fait des affaires, proche du pouvoir (de gré u de force), et qui bénéficie presque exclusivement de la croissance annoncée (on pourrait aussi discuter de la validité des indicateurs de la croissance...), et l'autre, celle des gens "ordinaires" qui vivent au quotidien une vie d'expédients et de précarité, et pour qui rien ne change, hormis les prix et taxes qui n'arrêtent pas d'augmenter dans un marché largement faussé par la soudaine "richesse" de la première catégorie. Conclusion : loin de réduire les inégalités, la croissance alléguée, au contraire, ne fait que les accroître et les exacerber. Idem pour les inégalités entre Abidjan et l'intérieur du pays, la première bénéficiant d'aménagements parfois luxueux, voire superfétatoires (larges artères bitumées, échangeurs, palaces, etc.), le reste du pays devant se contenter de ces pistes bourbeuses et chaotiques tenant lieu de voirie, voire de grands axes (comme la Côtière...). Il n'y a pas de quoi être fier de ce pays dont 80% de la surface n'est qu'une "seconde zone" et 99% de la population n'est qu'un sous-prolétariat de sous-hommes dont le seul intérêt pour le politicien est le bulletin de vote.
Rédigé par: BI MICHEL   le: Mardi 8 Octobre 2019
stéphane Blankson merci
Rédigé par: stéphane Blankson   le: Mardi 8 Octobre 2019
Tentative d'explication. Le principe de la croissance peut se résumer comme suit; Une entreprise ou une personne physique qui voit ses revenus ou activités croître d'une période à une autre, devrait avoir la tendance soit de réinvestir une partie de cette nouvelle richesse dans son outil de production avec à la clé la création de nouveaux postes de travail, etc.(Entreprise) ou en distribuer une partie à ses actionnaires. Ces derniers, tout comme le citoyen lambda qui des revenus supplémentaires devra avoir la tendance de consommer davantage qu'à l'accoutumée avec la conséquence de tirer vers le haut la production de biens et services donc de l'activité économique du pays dont profitent les entreprises. C'est en quelque sorte, un cercle vertueux qui est basé sur certains leviers dont la consommation (en France) et l'exportation (en Allemagne). Par effet d'entrainement, la part des prélèvements pour le compte de l'Etat s'accroissent aussi puisque, l'assiette des impôts et autres taxes est en partie basée sur les revenues des entreprises et autres agents économiques. Cependant, l'Etat et à cause de son rôle régalien, doit utiliser ce revenu supplémentaire perçu grâce à la croissance économique; dont il a lui même participer de manière active à créer les conditions, pour le financement et le renforcement de son rôle régalien. Il s'agit des investissements dans le domaine social (école, hôpital, routes, sécurité, etc...) Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a que de cette manière que l'Etat redistribue les retombés de la croissance.
Rédigé par: stéphane Blankson   le: Mardi 8 Octobre 2019
Tentative d'explication. Le principe de la croissance peut se résumer comme suit; Une entreprise ou une personne physique qui voit ses revenus ou activités croître d'une période à une autre, devrait avoir la tendance soit de réinvestir une partie de cette nouvelle richesse dans son outil de production avec à la clé la création de nouveaux postes de travail, etc.(Entreprise) ou en distribuer une partie à ses actionnaires. Ces derniers, tout comme le citoyen lambda qui des revenus supplémentaires devra avoir la tendance de consommer davantage qu'à l'accoutumée avec la conséquence de tirer vers le haut la production de biens et services donc de l'activité économique du pays dont profitent les entreprises. C'est en quelque sorte, un cercle vertueux qui est basé sur certains leviers dont la consommation (en France) et l'exportation (en Allemagne). Par effet d'entrainement, la part des prélèvements pour le compte de l'Etat s'accroissent aussi puisque, l'assiette des impôts et autres taxes est en partie basée sur les revenues des entreprises et autres agents économiques. Cependant, l'Etat et à cause de son rôle régalien, doit utiliser ce revenu supplémentaire perçu grâce à la croissance économique; dont il a lui même participer de manière active à créer les conditions, pour le financement et le renforcement de son rôle régalien. Il s'agit des investissements dans le domaine social (école, hôpital, routes, sécurité, etc...) Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a que de cette manière que l'Etat redistribue les retombés de la croissance.
Rédigé par: BI MICHEL   le: Mardi 8 Octobre 2019
La croissance étant ce que chaque entreprise ou citoyen a gagné en plus d'une année à l'autre j'aimerais qu'on m'explique comment distribuer ce qui est rentré dans la caisse d'une entreprise ou dans la poche d'un citoyen aux autres ?