Jacques Chirac est mort à l'âge de 86 ans, annonce sa famille
franceinfo - Publié le: 26-09-2019 - Mise-à-jour le: 27-09-2019 - Auteur: franceinfo
Jacques Chirac est mort à l'âge de 86 ans, annonce sa famille
La santé de l'ancien président de la République s'était dégradée depuis son départ de l'Elysée.
Jacques Chirac est mort. Sa famille l'a annoncé, jeudi 26 septembre, à l'AFP. "Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement", a déclaré son gendre Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac. Sa santé s'était dégradée depuis son départ de l'Elysée en 2007, conséquence notamment d'un accident vasculaire cérébral survenu en 2005, durant son second mandat de président de la République. En septembre 2016, il avait dû rentrer en urgence du Maroc, où il était en villégiature avec son épouse Bernadette, afin d'être hospitalisé à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris pour une infection pulmonaire. Il y avait séjourné pendant près d'un mois, avant de pouvoir regagner son domicile parisien.

Une dernière apparition en novembre 2014

Réputé pendant des décennies pour sa santé de fer et son naturel bon vivant, Jacques Chirac avait connu plusieurs alertes, à tel point qu'en janvier 2014, Bernadette Chirac avait estimé que son époux ne parlerait plus en public et évoqué des troubles de "sa mémoire, surtout par moments".
La dernière apparition de l'ancien chef d'Etat à une cérémonie officielle remonte au 21 novembre 2014. Diminué, la main sur l'épaule de son épouse, il était arrivé sous les applaudissements de la salle. L'absence médiatique qui a suivi est d'autant plus marquante que Jacques Chirac a été omniprésent dans la vie politique française pendant près de cinquante ans.

Des débuts marqués à gauche en politique 

Paradoxalement, c'est à gauche que le jeune Jacques Chirac, devenu ensuite une figure emblématique de la droite, fait ses débuts en politique. Une fois son baccalauréat en poche, en 1951, il entame des études à l'Institut politique de Paris et adhère aux Etudiants socialistes, fasciné par Michel Rocard, de deux ans son aîné. Il s'engage ensuite un temps au PCF, et n'hésite pas à vendre L'Humanité rue de Vaugirard. "Epouvanté par le sectarisme de mes camarades, j'ai eu vite fait de m'éloigner d'eux", confie-t-il dans sa biographie, Chaque pas doit être un but (Nil, 2009).
Pendant ses études, il rencontre Bernadette Chodron de Courcel et l'épouse en 1956. Il part ensuite faire son service militaire en Algérie et se bat pour éviter l'indépendance. "J'étais profondément Algérie française", explique-t-il dans ses Mémoires. Il est le seul énarque à refuser de signer la motion de soutien à De Gaulle, avant de plier au bout de 48 heures.
Jacques Chirac et son épouse Bernadette voyagent à bord du train Tokaido, reliant Tokyo à Osaka (Japon), le 2 août 1976.Jacques Chirac et son épouse Bernadette voyagent à bord du train Tokaido, reliant Tokyo à Osaka (Japon), le 2 août 1976. (AFP)
Jacques Chirac se lance finalement dans le grand bain de la politique au côté de Georges Pompidou, dont il devient le bras armé. Celui qui est à l'époque Premier ministre l'appelle son "bulldozer", comme le note L'Obs en 2009, dans un long portrait. En 1967, il est élu député en Corrèze, où sont nés ses parents. C'est un des "Jeunes loups" de Georges Pompidou : une armée de candidats prometteurs envoyés pour ravir les bastions de la gauche.

Démission spectaculaire du poste de Premier ministre

Jacques Chirac crée la surprise en 1974, en refusant de soutenir à la présidentielle le candidat de son parti, l'UDR, Jacques Chaban-Delmas. Il l'estime incapable de battre le candidat de la gauche François Mitterrand. Il s'engage auprès de Valéry Giscard d'Estaing. Redevable, ce dernier en fait son Premier ministre après sa victoire à la présidentielle en 1974. Mais Jacques Chirac finit par claquer la porte deux ans plus tard.
Je ne dispose pas des moyens que j'estime nécessaires pour assumer efficacement les fonctions de Premier ministre et, dans ces conditions, j'ai décidé d'y mettre fin.Jacques Chiracen 1976
C'est la première fois qu'un Premier ministre démissionne. D'habitude, c'est le président qui met fin à ses fonctions. La conclusion de deux années de tensions avec Valéry Giscard d'Estaing, qui le soupçonne de vouloir prendre sa place.

Il a raison. Après avoir fondé le RPR en décembre 1976, Jacques Chirac se présente à la présidence de la République en 1981. Ecarté au premier tour, il affirme qu'il donnera sa voix, à titre personnel, à celui qui était son ancien président. Mais en sous-main, il pousse ceux qui le soutiennent à voter pour François Mitterrand, estime Valéry Giscard d'Estaing. Dans ses Mémoires, citées par Libération, le président sortant affirme avoir appelé, lors de la campagne, la permanence de Jacques Chirac, qui lui avait conseillé de voter pour François Mitterrand.

L'obsession présidentielle

A la tête de la principale force d'opposition face au gouvernement socialiste, il remporte avec le RPR les législatives de 1986 et devient Premier ministre. C'est la première cohabitation de l'histoire de la Ve République. Avec l'aide de son ministre des Finances, Edouard Balladur, Jacques Chirac applique une politique très libérale dans une ambiance délétère avec le président François Mitterrand. Echaudé par cette expérience, il se présente une nouvelle fois à la tête de l'Etat en 1988, mais échoue lourdement au second tour face au chef de l'Etat sortant : il ne récolte que 45,98% des voix. Son ancien camarade de Sciences-Po, Michel Rocard, prend sa place à Matignon.

Jacques Chirac reprend son siège de député corrézien et est réélu triomphalement maire de Paris en 1989. En plein contexte de percée du Front national, il crée une polémique nationale en parlant des difficultés du "travailleur français qui habite à la Goutte d'Or" excédé par "le bruit et l'odeur" de ses voisins africains. Malgré le scandale, Jacques Chirac continue sa route avec un seul objectif en tête : la présidence de la République.
C'est pour cela qu'il refuse d'être Premier ministre en 1993, après la victoire de la droite aux législatives. Il laisse la place à Edouard Balladur, son "ami de trente ans", qu'il souhaite installer à Matignon, en cas de victoire à la présidentielle. Mais ce dernier a d'autres ambitions. 
Jacques. Ne vous y trompez pas. Je ne serai jamais votre Premier ministre.Edouard Balladuren septembre 1993
Les deux hommes se présentent à la présidentielle de 1995 et la droite entre en guerre civile. Mais Jacques Chirac bat Edouard Balladur au premier tour, à 20,84% contre 18,58%. Au second tour, il remporte sa place à l'Elysée face à Lionel Jospin.

Un discours historique sur la déportation des juifs

Doté d'une énergie hors norme quand il se lance à la conquête du pouvoir, Jacques Chirac a pu décevoir quand il s'est agi de l'exercer. S'il y a bien un domaine dans lequel son action ne souffre pas de critique, c'est le travail de mémoire qu'il entreprend en tant que président.
Jacques Chirac salue la foule depuis le balcon de la permanence électorale du RPR, le 7 mai 1995, après son élection. Jacques Chirac salue la foule depuis le balcon de la permanence électorale du RPR, le 7 mai 1995, après son élection.  (PIERRE BOUSSEL / AFP)
Deux mois à peine après sa prise de fonctions, Jacques Chirac réécrit l'histoire de France : il reconnaît la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des juifs pendant l'Occupation. "Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'Etat français". Prononcé à l'occasion de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, le 16 juillet 1995, ce discours marque une rupture avec les années Mitterrand.
Elu sur la promesse de réduire la fracture sociale, Jacques Chirac met en ouvre dès l'automne des réformes à rebours de ce thème de campagne. Alain Juppé, Premier ministre "droit dans ses bottes", veut réformer en profondeur la sécurité sociale et les retraites. Son plan déclenche des grèves massives dans le privé, la fonction publique et surtout la SNCF, paralysant le pays de la mi-octobre à la fin novembre. Le 12 décembre, deux millions de personnes défilent dans les rues. Trois jours plus tard, le gouvernement retire sa réforme des retraites. Premier recul de Jacques Chirac devant la rue. La popularité de son gouvernement ne s'en remettra pas.

Dissolution surprise et succès face à Le Pen

Deux ans plus tard, le président fait un coup que personne, y compris dans son camp, ne comprend : la dissolution de l'Assemblée nationale. Censée relégitimer son pouvoir, elle aboutit, au contraire, à la victoire de la gauche aux législatives. Lionel Jospin fait son entrée à Matignon et Jacques Chirac est coincé pour cinq années de cohabitation.
Le Premier ministre Lionel Jospin, en pleine discussion avec Jacques Chirac, camoufle le microphone, le 8 décembre 2000, lors d\'un sommet européen à Nice.  Le Premier ministre Lionel Jospin, en pleine discussion avec Jacques Chirac, camoufle le microphone, le 8 décembre 2000, lors d'un sommet européen à Nice.   (GEORGES GOBET / AFP)
Il peut quand même mener la réforme du mandat présidentiel, qui passe du septennat au quinquennat. Une réforme si consensuelle qu'elle n'intéresse pas les Francais, sollicités sur cette question lors d'un référendum : 70% ne se déplacent pas pour voter. Il lance aussi la professionnalisation de l'armée, avec son très populaire corollaire : l'abandon du service militaire. 
Malgré ce bilan très mince, Jacques Chirac parvient à se faire réélire en 2002. Mais dans un contexte très particulier. Au soir du premier tour, ce 21 avril, c'est Jean-Marie Le Pen qui se qualifie au second tour face au président sortant. Lionel Jospin est éliminé. Jacques Chirac se pose alors en rempart contre le FN, et remporte l'élection avec plus de 82% des suffrages. Malgré de nombreux appels, Jacques Chirac ne profite pas de ce score pour mettre en place un gouvernement d'union nationale.

Un second mandat marqué par l'immobilisme

Principal marqueur de ce second mandat : le refus d'engager la France dans la guerre en Irak. C'est le célèbre discours prononcé par Dominique de Villepin, à l'ONU le 14 février 2003. L'éloquence du ministre des Affaires étrangères est saluée par des applaudissements, particulièrement rares dans cette enceinte. Avec cette prise de position, Jacques Chirac redonne à la France une certaine visibilité à l'international. Le président va d'ailleurs, tout au long de ce second mandat, endosser un nouveau costume sur la scène mondiale : converti à l'écologie par Nicolas Hulot, tiers-mondiste, promoteur de la taxe Tobin, il devient presque le champion des altermondialistes... 
Mais sur le plan intérieur, c'est une autre histoire. Dans une logique gaullienne, Jacques Chirac organise, en 2005, un référendum sur la Constitution européenne. Des altermondialistes aux souverainistes, en passant par certains socialistes, la coalition du "non" est large. La campagne, qui se cristallise sur le "plombier polonais", aboutit sur un franc rejet, à plus de 54%. Un double échec, sur le plan européen mais aussi personnel pour Jacques Chirac.
Jacques Chirac quitte l\'Elysée, le 16 mai 2007, après deux mandats à la tête du pays. Il laisse la place à Nicolas Sarkozy.Jacques Chirac quitte l'Elysée, le 16 mai 2007, après deux mandats à la tête du pays. Il laisse la place à Nicolas Sarkozy. (PATRICK KOVARIK / AFP)
En janvier 2006, il doit affronter une nouvelle fois la rue, en particulier la jeunesse, vent debout contre le Contrat première embauche (CPE). Le dispositif, imaginé par Dominique de Villepin pour lutter contre le chômage des jeunes, est un contrat de travail réservé aux moins de 26 ans, qui peut être rompu sans motif pendant deux ans. Inacceptable pour les organisations de jeunesse, les syndicats et même une partie du patronat. La loi est votée, promulguée, mais ne sera jamais appliquée, nourrissant les critiques d'immobilisme à l'encontre du président.
Après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, Jacques Chirac s'efface peu à peu du paysage politique en raison, notamment, de ses soucis de santé. Ce qui ne l'empêche pas, toutefois, de faire quelques sorties médiatiques remarquées, comme en 2011, où il apporte son soutien à François Hollande, alors en campagne pour la présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Son dernier coup d'éclat politique.
Rédigé par: Pomme d'Api   le: Vendredi 27 Septembre 2019
Ses deux tuteurs ou initiateurs dans le bois sacré des relations franco-africaines furent Jacques Foccart et Félix Houphouët-Boigny. Deux faces d'une même pièce. Le premier, discret et très influent conseiller Afrique des présidents De Gaulle et Pompidou, que M. Chirac ramena aux affaires à 82 ans, en 1995, jusqu'à sa disparition deux ans plus tard, était l'architecte d'une décolonisation où la France a perdu sa tutelle sur ses anciens administrés, certes, mais préservé son influence politique et ses intérêts économiques. Le second, père de l'indépendance ivoirienne - après avoir été ministre d'Etat en France - et du concept de « Françafrique », était le socle sur lequel Paris pouvait s'appuyer pour déployer sa politique.
Rédigé par: Yvon Koffi   le: Vendredi 27 Septembre 2019
« Rendre aux Africains ce qu'on leur a pris »: L'équation impossible de Chirac: Fidèle en amitié, M. Chirac pouvait aussi endosser le rôle de "parrain" protecteur. Faure Gnassingbé, le fils du dictateur togolais, a hérité en 2005 du pouvoir de son père à la suite d'un coup d'Etat constitutionnel bricolé à la hâte et validé par Paris. L'opposition togolaise n'a pas oublié et, de manière plus générale, l'image de M. Chirac qui devrait rester au sud du Sahara sera certainement celle d'un homme portant un intérêt sincère au continent africain, mais dont la politique ne s'est débarrassée ni de ses vieux oripeaux colonialistes, ni des pratiques affairistes. Demi-aveu, début de repentir ou simple constatation inquiète, M. Chirac déclara en 2008 qu'« une grande de partie de l'argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l'exploitation depuis des siècles de l'Afrique ». Et d'ajouter : « Alors il faut avoir un peu de bon sens, je ne dis pas de générosité, un peu de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains ce qu'on leur a pris. » Nouvelle époque, nouvelle génération : M. Sarkozy fit, après son élection, la promesse de rompre avec les pratiques passées. Promesse bien difficile à tenir. Après avoir reçu à la hâte la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, en tant que première invitée de son quinquennat, M. Sarkozy déroula aussitôt le tapis rouge à Omar Bongo Ondimba, généreux financier de la vie politique française. et gardien de bien des secrets des relations franco-africaines.
Rédigé par: Fleur de Miel   le: Vendredi 27 Septembre 2019
A bien des égards, Jacques Chirac avait raison. Mais il a été insulté et traité de "colon", mais quand on voit comment le multipartisme a détruit le Cameroun et la Côte d'Ivoire ou même la Tunisie. On ne peut qu'être d'accord avec Chirac. C'est à Abidjan que Jacques Chirac prononça en février 1990, alors qu'il était maire de Paris, cette phrase gravée sur les frontons de tous les palais présidentiels occupés par des autocrates : « Le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement, qui doivent concentrer leurs efforts sur leur expansion économique, n'ont pas les moyens de s'offrir. »
Rédigé par: Yako Yako   le: Jeudi 26 Septembre 2019
"Il faut laisser les présidents africains remporter les élections, sinon ils n'en organiseront plus." Jacques Chirac". Bokassa a pleuré en public à chaudes larmes aux obsèques du Général de Gaulle. A la suite des attaques de la maison de presse Charlie Hebdo, une marche républicaine avait été organisée dans les rues de Paris dont le but fondamental était de dénoncer et condamner ces actes terroristes. Certains chefs d'Etats Africains ont effectué le déplacement pour Paris en vue d'exprimer leur vive compassion au peuple français si durement éprouvé.Au Côté de François Hollande, nous avons vu le président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, celui du Sénégal Macky Sall, le Nigérien Mahamadou Issoufou, Ali Bongo Ondimba du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, mais ce qui avait le plus retenu l'attention, c'est cette pluie de larmes versées par Yayi Boni, le Chef de l'Etat du Bénin. Il a été le chef de l'Etat qui a le plus pleuré de tous. Il avait même décrété une journée de deuil national au Bénin.Il est vrai qu'au nom de la solidarité internationale dans la lutte contre le terrorisme, l'Afrique devrait être représentée dans cet évènement. Mais l'attitude de certains présidents Africains notamment celle de Yayi Boni est surprenante. Mais nos chefs d'Etat d'Afrique ne doivent pas laisser croire que ce qui est arrivé à Charlie Hebdo est de loin plus émouvant que les 100 000 personnes assassinées par la secte terroriste Boko Haram. Il faudrait peut être aussi organiser une marche en Afrique au nom de tous ces milliers d'Africains assassinés pour voir combien de chefs d'Etat dans le monde se sentiront concernés. C'est dans ce sens Cheikhou Omar Sy, un député Sénégalais ironisait en disant « peut être il est temps que nous organisions une marche au nom des milliers de personnes massacrées par Boko Haram, à la place de l'indépendance(.) nous verrons les chefs d'Etat qui seront présents ».
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Jeudi 26 Septembre 2019
Sur beaucoup de plans, Chirac semble avoir eu raison. Par exemple, le multipartisme a plutôt divisé l'Afrique et a apporté des guerres civiles en Afrique. Le multipartisme n'a pas développé l'Afrique mais a appauvrit l'Afrique. En 2003, en visite dans la Tunisie de Ben Ali, le président français aura cette phrase : « Le premier des droits de l'homme, c'est d'avoir à manger, d'être soigné et de recevoir une éducation. De ce point de vue, la Tunisie est en avance. » Les Tunisiens qui insultaient Chirac hier sont déçus de la soi-disant "révolution tunisienne" qui les a appauvrit. Le chômage des jeunes tunisiens est endémique, le tourisme est en crise avec l'insécurité et les attentats terroristes ainsi que les viols. La Tunisie est le premier exportateur de combattants jihadistes en Irak et en Syrie et plus honteux encore, la Tunisie aussi le premier pourvoyeur de prostituées en Irak et en Syrie (qui soi-disant sont allées faire le "jihad sexuel").
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Jeudi 26 Septembre 2019
Jacques Chirac a souvent été présenté comme l'avocat de l'Afrique auprès des grandes instances internationales, plaidant par exemple pour l'annulation partielle de la dette, et pour le développement. Au début des années 2000, avec le Britannique Tony Blair, il sera le parrain du Nepad, le nouveau partenariat pour le développement en Afrique, qui vise à coordonner des programmes de développement au niveau continental. De manière générale, l'avocat Chirac plaide pour une plus grande implication des pays riches dans la lutte contre les épidémies comme le paludisme, le sida ou la tuberculose en Afrique. Jacques Chirac fera même venir au G8 d'Évian, en 2003, 19 pays émergents. Les espoirs d'un plan Marshall pour le développement sont alors douchés, victimes du refroidissement des relations entre Paris et Washington en raison de la guerre en Irak. Sous la présidence Chirac, l'aide publique au développement de la France aura augmenté, pour atteindre 0,5% du PIB en 2007. On se souvient aussi de la « taxe Chirac » sur les billets d'avion en 2006, qui ne sera prélevée finalement que sur les passagers au départ de la France. Une action qu'il souhaitera poursuivre via la fondation qu'il met sur pied en quittant l'Élysée, et qui se consacre notamment à la lutte contre les faux médicaments, contre la déforestation, et pour l'accès à l'eau ; des thèmes prépondérants en Afrique. Héritier de la Françafrique: Sur le plan politique, Jacques Chirac, c'est une conception de l'Afrique qualifiée parfois de « paternaliste », héritée de la Françafrique gaulliste. En 1990, l'opposant Chirac estime que le multipartisme est un « luxe » pour les pays d'Afrique. En 1995 dès son élection, il fait venir à l'Élysée Jacques Foccart, le M. Afrique de De Gaulle.
Rédigé par: Fatou Diagne   le: Jeudi 26 Septembre 2019
"De Gaulle, c'était la France ; Chirac, c'était les Français" ! Paix à son âme!
Rédigé par: Salma Ba   le: Jeudi 26 Septembre 2019
En 1991, cette sortie avait provoqué un scandale. Au cours d'un dîner-débat qui se tenait à Orléans, Jacques Chirac avait tenu des propos controversés sur l'immigration face à des sympathisants du RPR, stigmatisant les habitants de la Goutte-d'Or, un quartier populaire de Paris: "Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'Or (...), qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec une père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagnent 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou", avait déclaré celui qui, à l'époque, était maire de Paris. Le groupe Zebda avait sorti en 1995 un album intitulé Le Bruit et l'Odeur, avec une chanson éponyme reprenant: "Qui a construit cette route? Qui a bâti cette ville? Et qui n'y habite pas? À ceux qui se plaignent du bruit, à ceux qui condamnent l'odeur, je me présente".
Rédigé par: Lago Tape   le: Jeudi 26 Septembre 2019
Toute sa vie, Jacques Chirac aura été un séducteur : ceux qui l'ont connu ont tous en mémoire son humour, sa chaleur, sa simplicité. Il en va de même de l'opinion en général : quatre Français sur cinq gardent de lui un bon souvenir. Pourtant, à bien des égards, sa présidence aura été inutile et navrante. Soyons juste : il y a bien sûr l'important discours du Vel d'Hiv et la reconnaissance trop longtemps attendue de la responsabilité de la France dans la déportation des juifs. Il y a aussi le refus (rétrospectivement peu contestable) d'accompagner les Américains en Irak. Il y a enfin l'entrée dans l'euro, choix opéré dès 1995 et que le gouvernement Jospin n'a plus eu qu'à entériner. Dans le fond, par trois fois, ce gaulliste a été à la hauteur lorsque la France avait rendez-vous avec l'Histoire et avec le monde. Le malheur est que, pour le reste, Chirac a persisté dans une inaction obstinée qui, précisément, a réduit à presque rien la capacité de la France à être à la hauteur des défis du futur. En matière de réformes, le bilan de sa présidence est pathétique. Dans la colonne des « plus », une seule ligne : un beau début de remise à plat, en 2003, du système de retraites, en particulier s'agissant des fonctionnaires. Les « moins » sont innombrables, du recul en rase campagne devant les grévistes début 1996 au surréaliste « retrait », dix ans plus tard, de la loi créant le Contrat Première Embauche (pourtant votée par le Parlement !) Rien ou presque n'a été fait entre 1995 et 2007 pour enrayer la dérive du pays sur les critères-clés - compétitivité, pression fiscale, déficits : durant 12 ans, Chirac a regardé la France couler. Chirac, c'est douze ans à la présidence de la France pour rien (ou presque)!