17 ans après le 19 septembre 2002: Soro ménage Gbagbo et Bédié
lebanco.net - Publié le: 22-09-2019 - Mise-à-jour le: 22-09-2019 - Auteur: karine Koré
17 ans après le 19 septembre 2002:  Soro ménage Gbagbo et Bédié
L'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, n'a pas voulu passer sous silence, la commémoration du 19 septembre 2002. Il a, en effet, marqué le coup, en se fendant d'une tribune. A le lire, il semble écartelé entre la nécessité de marquer ce jour commémoratif de cette insurrection armée et le souci de ménager la susceptibilité de ses nouveaux amis. Comme pour montrer la sincérité de son engagement à leurs côtés, il se croit obligé de leur dire ce qu'ils veulent entendre : écorcher subtilement Alassane Ouattara.
Revenant, en effet, sur la rébellion de septembre 2002, Soro se garde bien de dire vertement qu'elle a été lancée pour combattre la discrimination voire la ségrégation dont était l'objet une frange de la population ivoirienne, notamment des ressortissants du Nord. Il y a quelques années encore, il disait clairement avoir pris les armes pour combattre l'ivoirité, cette idéologie ségrégationniste inspirée par l'actuel président du Pdci, Henri Konan Bédié. 
A l'évidence, l'ex-leader de la rébellion évite d'emboucher cette trompette, pour ne pas gêner voire hérisser Bédié, devenu, entre-temps, son nouvel allié politique. Aussi se contente-t-il d'évoquer, avec circonspection, le motif qui a justifié le recours aux armes par lui et ses camarades des ex-Forces nouvelles. Il évoque « les sentiers rocailleux de l'e?galite? des citoyens ». Une formule soft pour faire allusion aux réclamations d'ordre identitaire qui ont motivé  la prise des armes. Fini, le ton cinglant d'hier, Bédié étant désormais le nouvel allié politique.
Tout comme Bédié, l'ex-chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, a été lui aussi ménagé dans ce rappel historique. Soro fait allusion à lui quand il relève que la crise postélectorale est un avatar de la rébellion de 2002. Quand il évoque ce douloureux passé, il avance que ce recours aux armes visait à « redéfinir les règles du jeu démocratique ». Et ce jeu démocratique, poursuit-il, a été vicié en 2010. D'où le recours encore aux armes. La Patrie, écrit-il, «  a encore dû concéder une autre crise fratricide en 2011 pour imposer le verdict des urnes à tous les acteurs de la scène politique ». 
En parlant du verdict des urnes, il rappelle, subtilement, que ce scrutin présidentiel de 2010 a été perdu par Gbagbo, ce qui a conduit à « une autre crise fratricide en 2011 pour imposer le verdict des urnes. ». En soutenant que Gbagbo a bel et bien perdu la présidentielle de 2010, Soro sait qu'il court le risque de se mettre à dos l'ex-chef de l'Etat et ses partisans. Aussi évite-t-il de froisser les pro-Gbagbo en disant les choses crument et en s'interdisant de s'étendre là-dessus sur plusieurs phrases voire un paragraphe.
Evidemment, Gbagbo, comme Bédié, est ménagé par Soro parce que celui-ci envisage de se faire une place dans la plateforme non idéologique de l'opposition, portée par le président du Pdci. Il faut donc éviter d'entrer en collision avec le nouvel ami( Gbagbo) de son protecteur qu'est Bédié. 
En revanche, l'ex-leader de la rébellion charge Alassane Ouattara, l'ami d'hier. Il le clashe en l'accusant pratiquement de faire obstacle à ce qu'il appelle « la transition pacifique du pouvoir d'Etat ». En témoigne ce passage de son texte : « La Côte d'Ivoire s'achemine-t-elle pour autant vers une transition pacifique du pouvoir d'Etat ?Si tel est notre vou le plus cher, il est cependant permis d'en douter, en raison du déficit général de culture démocratique ». Au dire de Soro, sous Ouattara, il y a « un déficit général de culture démocratique ». Ce qui l'incline à en déduire qu'il doute que Ouattara puisse céder le pouvoir à quiconque aura été élu en 2020. 
Par ailleurs, Soro accuse Ouattara de n'avoir pas assez fait pour réconcilier les Ivoiriens. Mieux, d'avoir réduit la soif de réconciliation de ses concitoyens à de vains mots. « La réconciliation nationale ne peut pas et ne doit plus se faire a` petits pas. La réconciliation nationale ne doit pas être un nouveau slogan, une expression de mode accommodée a` tous les discours politiques et a` toutes les sauces idéologiques », fustige-t-il. Des propos sans fard visant à porter un coup à celui qui, hier encore, était un « père » pour Soro. Comme quoi, quelque chose s'est cassé entre l'ex-président de l'Assemblée nationale et le chef de l'Etat, Alassane Ouattara.
Karine Koré
Rédigé par: Awoulaba Cool   le: Mardi 24 Septembre 2019
La sinistre pièce qui s'est déroulée à La Haye doit aussi beaucoup à l'ancien procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo. Humilié par le président soudanais Omar Al-Bachir qui, en multipliant en toute impunité les déplacements à l'étranger, se joue du mandat d'arrêt lancé contre lui en 2009 pour les massacres commis au Darfour, le magistrat argentin voulait absolument accrocher un « gros poisson » à son tableau de chasse avant de quitter son poste. Il fit ainsi des pieds et des mains pour obtenir le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, premier ex-chef d'Etat à être jugé par la CPI. Ce fut chose faite en novembre 2011. Un cadeau empoisonné pour Fatou Bensouda, qui succéda à Luis Moreno Ocampo quelques mois plus tard, avec un dossier d'accusation "bien vide" contre Laurent Gbagbo, inculpé en tant que « coauteur » de crimes contre l'humanité durant la crise post-électorale dans son pays. Se débarrasser d'un prisonnier encombrant: Mais cette soif de reconnaissance du procureur argentin n'aurait pas pu être étanchée si elle n'avait rencontré la volonté du nouveau régime ivoirien, celle de se débarrasser d'un prisonnier très encombrant, Laurent Gbagbo.
Rédigé par: CHRISTIAN   le: Lundi 23 Septembre 2019
SOROPTIMISTE ET PAÏEN . JE VOUS DONNE RENDEZ VOUS DANS 06 MOIS EN ESPÉRANT QUE VOUS REVIENDREZ POUR POURSUIVRE LE DÉBAT.
Rédigé par: SOROPTIMISTE   le: Lundi 23 Septembre 2019
Christian: Si SORO s'entend bien avec BEDIE et GBAGBO, il est donc INEXACT, voire même ABSURDE d'écrire qu'il a des rapports difficiles avec tout le monde, tout juste parce qu'il refuse d'appartenir au RHDP dit "unifié", ce qui est parfaitement son droit!
Rédigé par: Paien   le: Lundi 23 Septembre 2019
CHRISTIAN: C'est faux de dire que SORO a des rapports difficiles avec tout le monde tout juste parce qu'il refuse d'appartenir au RHDP. C'est inexact comme observation et léger comme raisonnement!
Rédigé par: CHRISTIAN   le: Lundi 23 Septembre 2019
PAÏEN , TU AURAIS PÛ FAIRE L'ÉCONOMIE DE TES RÉFLEXIONS . SORO A LE DROIT DE S'ALLIER AVEC QUI IL VEUT. LÀ NE SE TROUVE PAS MON SOUCI. JE M'ÉTONNE QUE ÇE SOIT TOUJOURS LUI QUI A DES RAPPORTS DIFFICILES AVEC TOUT LE MONDE .
Rédigé par: Paien   le: Lundi 23 Septembre 2019
Christian: Tous les politiciens que tu cites ont été alliés et ensuite ennemis. (Gbagbo et ADO contre Bédié, puis Bédié et Gbagbo contre ADO et ainsi de suite. Bref, aucune raison donc de blâmer SORO s'il refuse d'aller au RHDP. C'est son choix personnel et SORO a le droit d'avoir son opinion personnelle. SORO est libre de préférer Bédié à ADO.
Rédigé par: CHRISTIAN   le: Lundi 23 Septembre 2019
ON AURA TOUT VU AVEC CE GUILLAUME SORO.POUR DES INTÉRÊTS EGOITES , IL PRENDS UN VIRAGE AUSSI DANGEREX SANS PRECAUTIONS. QUI ENCORE DANS CE PAYS LUI FAIT ENCORE CONFIANCE ? IL AURA TOUT EU DANS CE PAYS . LEADER DE LA REBELLION , MINISTRE DE LA COMMUNICATION , 1ER MINISTRE , MINISTRE DE LA DÉFENSE , PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE , CHEF DU GANG DU CASSE DE LA BCEAO. , ET QUE SAIS JE ENCORE ? D' ABORD EN CONFLIT AVEC BEDIÉ , ENSUITE AVE. GBAGBO ET AUJOURD'HUI AVEC ALASSANE OUATTARA . TOUT LE MONDE NE PEUT PAS ÊTRE MAUVAIS. JE PENSE QUE LE PROBLEME C'EST SORO .
Rédigé par: Diarrasse Napie   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Faire porter le chapeau de la rébellion à Soro est un non-sens historique, car derrière Soro se cachaient bel et bien (dans l'ombre) des commanditaires. En 2002 Soro n'avait que 29 ans et il n'avait ni relations, ni argent pour dire que c'est lui qui a sponsorisé et armé la rébellion. Soro était un étudiant médiocre incapable même de réussir sa Licence d'anglais après plus de 10 ans passées à la FAC d'Anglais de l'Université de Cocody (FHB) et en plus Soro n'avait jamais encore travaillé de sa vie! C'est faux de dire que c'est Soro qui a fomenté la rébellion!
Rédigé par: Dora Fofana   le: Dimanche 22 Septembre 2019
Excellent article ! Le leader GKS peut se permettre un tel ménagement, puisqu'il n'a pu voir son idéal s'accomplir avec le régime du PresPrési Alassane Ouattara pour qui il s'est prealpréalabl battu.